Aujourd’hui, je vais vous présenter des filles et des femmes qui tiennent le premier rôle dans des bandes dessinées. BD de filles ? Certainement pas ! BD AVEC des filles !
Pour Molly, c’est le grand jour, aujourd’hui c’est la cérémonie de présentation. En effet, elle a maintenant l’âge d’être une apprentie bergère guerrière et ça la met en joie… et l’angoisse quand même un peu. Depuis que les hommes sont partis pour une guerre dont personne ne sait rien, il y a dix ans, ce sont les femmes qui défendent le village. Molly, comme ses camarades va donc apprendre à manier l’arc ou encore à se battre… mais Liam, lui, étant un garçon, ne peut rejoindre les rangs de l’Ordre…
Après Momo (voir ci-dessous), Jonathan Garnier (lire interview ici) signe une seconde série totalement enthousiasmante et confirme son talent d’auteur. Bergères guerrières c’est une BD pleine d’humour, mais avec du suspense et
de l’angoisse (l’album débute avec des rats et un œil mystérieux qui s’ouvre dans l’eau et se termine par un climax tel, qu’on a hâte d’avoir en main le second tome !). Mais ce qui fait aussi la force de Bergères guerrières ce sont les magnifiques illustrations d’Amélie Fléchais qui peuvent à la fois séduire le jeune public et les adultes.
Une super BD qui annonce une très bonne série.
Un drame a touché la petite Momo, elle a du mal à retrouver sa joie de vivre, d’autant que son père est toujours en mer. Heureusement, elle peut compter sur le poissonnier (qui paraissait pourtant si bourru), Françoise et Tristan pour être présent·e·s auprès d’elle dans cette épreuve.
Ce second tome de la série Momo clôt donc le premier récit… et l’on espère qu’il y en aura beaucoup d’autres ! Cette série de Jonathan Garnier (toujours lui) et Rony Hotin est un petit bijou de tendresse (sans jamais tomber dans la mièvrerie). On lit ce second tome l’œil humide et les poils des bras dressés.
Difficile d’expliquer tout ce qui se dégage de cette série, mais on parle ici de la dureté du monde vue par les enfants, de leur regard sur les adultes qui paraissent si intrigants et les ados qui leur semblent si étranges. Quelque part entre Heidi, Sans Famille et Miyazaki, Momo c’est une héroïne comme on les aime et que l’on a envie de retrouver vite !
Un second tome qui confirme à quel point on aime Momo.
Un chien ? Certainement pas ! Julie a beau en vouloir un, pour son père c’est hors de question ! Imaginez donc sa tête quand la petite fille en reçoit un pour son anniversaire de la part de ses ami·e·s ! Sa première envie est de le rapporter, mais une fois qu’il est là, difficile… Pourtant, il y a quelqu’un qui aimerait bien se séparer de l’animal, c’est Nours, l’ours-robot de Julie dont le caractère n’est pas si doux qu’il y parait et qui, surtout, commence à être jaloux de l’attention que porte l’enfant à son chien…
Coup de cœur, là aussi, pour cette BD vraiment très drôle. Les situations et les dialogues sont pleins d’humour, mais surtou
t le personnage de Nours (qui rappelle un peu Hector de la série éponyme) nous fait vraiment beaucoup rire. L’ours-robot n’est jamais à court de coups bas pour se débarrasser de l’animal qui a pris sa place, selon lui, dans le cœur de la petite fille. On trouve même en fin d’ouvrage des conseils pour éduquer son chien et une recette de friandise au potiron ! À noter aussi, car ce n’est pas si courant, Julie vit dans une famille monoparentale.
Une BD pleine d’humour parfois grinçant… comme on aime !
Esther a maintenant 11 ans, elle rêve toujours d’avoir un portable, est toujours amoureuse de son père et a toujours un frère caillera. Par contre, maintenant Esther a un petit frère et va donc devoir aller dans une école publique pour cause de restriction de budget, a parfois le droit de sortir seule avec sa copine dans la rue et Raiponce n’est plus son film préféré. Une chose assez surprenante lui arrive aussi, elle lit une BD où un dessinateur re-raconte les histoires qu’elle lui raconte.
Esther existe vraiment, elle raconte à Riad Sattouf sa vie, qui nous la raconte… et c’est très drôle. Esther c’est une petite Parisienne de 11 ans, comme il en existe plein, qui
dit des gros mots, imagine sa vie d’adulte, voit ses parents pleurer devant leurs téléphones un 13 novembre (soirée super cool, car elle a eu le droit de regarder un Disney le soir) et aime Chica Vampiro. Riad Sattouf nous dresse vraiment le portrait d’une enfant de 2017, avec ses joies, ses peines, ses interrogations, sa naïveté parfois… C’est vraiment bien vu.
Le second tome du portrait d’une fille de 11 ans d’aujourd’hui.
Le père de Rose est mort, il a été assassiné. Depuis la jeune fille essaye de comprendre ce qu’il s’est passé. Sa faculté de sortir de son corps et d’aller écouter et voir sans qu’on sache qu’elle est là va l’aider à mener son enquête. Mais elle va découvrir des choses sur son père qui vont la dérouter. Ce père n’est pas l’homme qu’elle croyait et son passé à elle n’est pas celui qu’on lui avait raconté.
Le second tome de Rose est aussi passionnant et intrigant que le premier. Plus on avance dans cette histoire, plus la brume se dissipe et l’on comprend petit à petit les choses… Qui sont les curieux fantômes qui vivent à l’étage de la maison de son père, et pourquoi sont-ils prisonniers, comment cela se fait-il que la jeune
fille puisse se dédoubler, quel est le rapport entre la mort de son père (et d’autres) et un mystérieux tableau… on aura certainement toutes les clefs à la fin du prochain tome puisque c’est celui qui clôt la série… on a hâte !
De magnifiques planches, une intrigue palpitante, un scénario très original… Rose est vraiment une très bonne série pour les pré-ados, les ados et les adultes.
Varsovie, 1942. Des enfants meurent dans le ghetto. Une femme décide de les aider, elle s’appelle Irena Sendlerowa. Elle et ceux et celles qui l’aident risquent gros, mais pour eux·elles sauver des enfants est la seule chose qui compte.
C’est le second tome de cette série qui raconte la vie d’Irena Sendlerowa qui a vraiment existé (lire notre chronique du premier tome, ici). Si dans le premier album on nous parlait du déclic, ici c’est de l’organisation et de tous ceux et toutes celles qui ont aidé Irena (juriste, concierge au tribunal, docteur, conducteur de tram, maçon…) dont il est question. Le sujet n’est pas des plus légers, mais il est ici traité de façon à ce que ce ne soit pas trop violent pour les enfants (même si l’on voit des interrogatoires musclés ou des bébés qui vont sortir du ghetto cachés dans un camion rempli de cadavres), on conseillera tout de même de ne pas le faire lire à des enfants de moins de 10-11 ans. C’est un témoignage magnifique sur ces personnes qui ont risqué leur vie pour sauver celles des autres pendant la Seconde Guerre mondiale, et surtout une mise en lumière d’une personne peu connue, et qui pourtant mérite de l’être : Irena Sendlerowa.
La suite, toujours aussi réussie, de l’histoire d’une femme qui sauva des enfants du ghetto de Varsovie.
Marzi, une jeune polonaise, part en colonie pendant deux semaines à la mer. Pour elle, c’est une première. Ce petit séjour loin de ses parents sera l’occasion pour la jeune fille de se faire de nouveaux·elles ami·e·s. Marzi devra aussi supporter les conversations des autres filles qui l’agacent, les séances de spiritisme un peu flippantes et la perte des coordonnées d’un joli garçon qu’elle avait rencontré.
C’est après l’avoir lu que je me suis rendu compte que Marzi était une série et que je venais de lire le septième tome, c’est dire s’il n’est pas important d’avoir lu les précédents pour comprendre et apprécier cette très bonne
BD sur l’adolescence. Marzi est une ado comme beaucoup d’autres, avec des résultats moyens à l’école, des agacements, des espoirs, des rêves et même si la BD se déroule en Pologne, les petit·e·s français·e·s peuvent très bien se reconnaître. On y parle un peu politique, filles qui portent déjà des soutiens-gorges et garçons qui rapportent comme souvenir un stylo avec une fille qui se déshabille quand on le retourne.
Une BD qui croque avec beaucoup de justesse l’adolescence.
Cléopâtre est une jeune fille qui, un jour, règnera sur l’Égypte (en attendant, elle doit apprendre les mathématiques… et ça ne l’enchante pas trop !). C’est surtout une jeune fille un peu casse-cou et turbulente. Lors d’une escapade avec un copain, elle découvre un mystérieux endroit (après avoir fait une grosse bêtise), et la voilà propulsée dans le futur, où elle était attendue.
De l’humour (beaucoup), de l’action (beaucoup) et un personnage impertinent (très), tout ce qu’on aime ! Ce premier tome de Cléopâtre est totalement enthousiasmant (ce que ne laissait pas présager sa couverture, mais c’est mon point de vue !).
On suit donc les aventures de la future reine d’Égypte, propulsée dans un monde futuriste qu’elle devra sauver… mais où elle devra quand même aller à l’école ! Ici, les chats parlent (et donnent même des cours), on dissèque des sortes de poulpes en biologie et certain·e·s élèves ont des apparences un peu étranges…
Cléopâtre gagnera-t-elle la guerre contre les Xerx et sauvera-t-elle la galaxie ? Suspense…
Zhou Zhou a une imagination débordante. Il le faut bien quand on reste toute la journée chez soi, car sa mère refuse qu’elle aille à l’école de la zone. Zhou Zhou est amie avec Benz Benz qui pleure tout le temps (faut dire qu’il n’a pas une vie très joyeuse : sa mère est partie et depuis son père est alcoolique et le frappe). Mais la vie de Zhou Zhou change le jour où sa mère décide qu’elle ira vivre chez sa grand-mère pour aller à l’école dans ce quartier moins populaire. Là-bas, Zhou Zhou devra partager sa chambre avec ses cousines qui ne l’apprécient pas énormément.
Si j’ai été totalement séduit par les illustrations, j’avoue que j’ai eu
énormément de mal à rentrer dans ce premier tome de Le monde de Zhou Zhou… On a du mal à savoir, par moment, si l’on est dans un rêve ou dans la réalité, le fil narratif n’est pas toujours clair et l’on se perd régulièrement. Malgré tout, on ne peut pas s’empêcher de trouver du charme à cette BD qui nous raconte la vie d’une petite Chinoise pas toujours gâtée par la vie.
Une BD un peu confuse, mais très belle, sur une jeune Chinoise très imaginative.
Quand Zandra rencontre un garçon, celui-ci n’a pas une vie de tout repos, car des zorgbots débarquent du ciel en le prévenant qu’il ne doit pas toucher la jeune fille. Pourtant Zandra aimerait une vie normale, pas facile quand on est la fille du Z, « une caricature de méchant d’un film de James Bond » (comme elle le décrit)…
Zandra est la fille du Zorglub, le personnage créé par Franquin et Greg. Un père qui protège sa fille de 16 ans des garçons, comme beaucoup de pères… sauf que peu de pères ont les pouvoirs de Zorglub !
Ici aussi, beaucoup d’humour, des clins d’œil, mais aussi du suspense, de l’action et surtout de sacrées surprises au niveau du scénario ! Zandra va découvrir un secret sur elle-même… qui va nous laisser sans voix !
C’est pêchu, c’est drôle, ça va à 200 à l’heure, on adore !
C’est décidé elle commence un régime ! Enfin… pas tout de suite quand même ! Tamara n’en peut plus d’être grosse, alors la voilà qui se met à suivre le régime draconien (uniquement des radis) d’un charlatan à la mode… mais elle se rend bientôt compte qu’on peut être grosse et célèbre sur Instagramme… et forcément ça change la donne !
Une nouvelle fois, Tamara met à l’honneur la différence et se moque du culte de l’apparence (le surpoids, bien sûr, mais aussi le fait de vieillir avec la mère de Tamara qui panique devant ses cheveux blancs).
Ici on critique aussi la société de consommation qui promeut des charlatans qui inventent des régimes idiots et des boîtes de nuit avec une clientèle ciblée (Fat Fat Fat, une boîte réservée au gros). On parle aussi de coming out, de couples mixtes, des réseaux sociaux… et bien sûr d’amitié et d’amour !
Une nouvelle aventure de Tamara pleine d’humour.
Il y a Marie qui n’ose pas frapper fort dans le ballon, car on lui a toujours appris à ne pas se salir, il y a la poupée Cindy Starla faite uniquement pour les filles, il y a cette adolescente qui n’ose plus mettre de jupes à cause des réflexions des garçons, il y a cette femme à qui l’on refuse encore une fois une augmentation, alors que ses collègues masculins, eux ont, été augmentés, il y a Nadia, victime des humiliations de son mari… et bien d’autres encore.
En chemin elle rencontre… n’est pas une BD jeunesse (ou alors pour les ados), mais j’avais envie de profiter de cette chronique spéciale héroïnes de BD pour la mettre en avant. Ici, les héroïnes sont ces filles et ces femmes que l’on croise chaque jour. Des femmes battues, humiliées, violées, discriminées… Une vingtaine d’auteur·trice·s leurs rendent hommage et nous rappellent des faits, des chiffres. BD et textes alternent, nous rappelant toujours à quel point le combat pour l’égalité femme-homme est important. En chemin elle rencontre… c’est une série, plusieurs tomes sont sortis.
Une BD engagée pour rappeler le quotidien de certaines femmes.
Bergères Guerrières – T1![]() ![]() Scénario de Jonathan Garnier, dessins d’Amélie Fléchais Glénat dans la collection Tchô ! L’aventure… 14,95 €, 240×320 mm, 72 pages, imprimé en France chez un imprimeur éco-responsable, 2017. |
Momo – T2![]() ![]() Scénario de Jonathan Garnier, dessins de Rony Hotin Casterman 16 €, 226×305 mm, 83 pages, imprimé en France, 2017. |
Hey Jude !![]() ![]() de Sandrine Revel Casterman 14 €, 300×226 mm, 64 pages, imprimé en Espagne, 2017. |
Les cahiers d’Esther – Histoire de mes 11 ans![]() ![]() de Riad Sattouf Allary Éditions 16,90 €, 248×309 mm, 54 pages, imprimé en France, 2017. |
Rose 2/3![]() ![]() Scénario de Valérie Vernay, dessins d’Émilie Alibert et Denis Lapière Dupuis 12 €, 212×292 mm, 48 pages, imprimé en Belgique chez un imprimeur éco-responsable, 2017. |
Irena – 2/3 – Les Justes![]() ![]() Scénario de Jean-David Morvan et Séverine Tréfouël, dessins de David Evrard Glénat dans la collection Tchô ! Przygoda 14,95 €, 240×320 mm, 72 pages, imprimé en Belgique chez un imprimeur éco-responsable, 2017. |
Marzi – T7 – Nouvelle vague![]() ![]() Scénario de Marzena Sowa, dessins de Sylvain Savoia Dupuis 12 €, 219×301 mm, 56 pages, imprimé en Belgique chez un imprimeur éco-responsable, 2017. |
Cléopâtre princesse de l’espace – 1. La prophétie des étoiles![]() ![]() de Mike Maihack (traduit par Marion Roman) Grafiteen 14,90 €, 185×255 mm, 173 pages, imprimé en Italie, 2017. |
Le monde de Zhou Zhou – Tome 1![]() ![]() Scénario de Bayue Chang’an (traduit par Julien Nénault), dessins de Golo Zhao Casterman 17 €, 224×303 mm, 104 pages, lieu d’impression non indiqué, 2017. |
Zorglub – Tome 1 – La fille du Z![]() ![]() de Jose Luis Munuera Dupuis 10,95 €, 212×292 mm, 64 pages, imprimé en Belgique chez un imprimeur éco-responsable, 2017. |
Tamara – T15 – #Grosse![]() ![]() Scénario de Zidrou et Lou, dessins de Darasse Dupuis 10,95 €, 212×292 mm, 48 pages, imprimé en Belgique chez un imprimeur éco-responsable, 2017. |
En chemin elle rencontre… – T3 – Les artistes se mobilisent pour l’égalité femme-homme![]() Collectif Des ronds dans l’O 18,80 €, 228×297 mm, 84 pages, imprimé en France, 2013. |

Aimait la littérature jeunesse bien avant d’avoir des enfants mais a attendu d’en avoir pour créer La mare aux mots. Goût particulier pour les livres pas gnangnan à l’humour qui pique !



Waouh, une belle liste ! J’attends avec impatience de lire la suite de Momo, Rose, Irena et Marzi.
Bonne journée La Mare !
Sixtine ❤️ !