Souvent synonyme de peur chez les enfants, la nuit revêt parfois une aura magique comme le prouvent les deux albums du jour.
Assise à la fenêtre d’un train de nuit, Zélie ne parvient pas à s’endormir et s’ennuie. Si elle allait du côté de la voiture-bar de laquelle s’échappe une mélodie ? Elle lui réserve une bien belle découverte pleine de magie et haute en couleur ?
Tout est permis lorsque le train, synonyme de voyage, de départ et de vacances est associé à la nuit, symbole de rêverie ! Par conséquent, l’imagination va bon train, c’est le cas de le dire. Ainsi, l’une avec sa plume rythmée et mélodieuse, et l’autre avec ses illustrations chatoyantes nous immergent dans une atmosphère féérique. Tout est sensation dans cet album. Sensations visuelles, auditives et même olfactives sont en effet magnifiquement rendues par les illustrations de Clémence Monnet réalisées à l’aquarelle, aux crayons de couleur, aux collages et à l’encre de Chine à la plume. Dès lors, le travail sur les ombres et les lumières est tout bonnement superbe et plonge les lecteurs et lectrices dans un récit onirique et magique duquel la petite Zélie sort tout étonnée. Était-ce un rêve ? Les lecteurs·trices s’interrogent également et une nouvelle lecture, qui se transforme en un véritable cherche et trouve, les invite à réaliser des va-et-vient entre les pages de l’album pour obtenir des réponses. Envoûtant.
À la nuit tombée, trois frères et sœurs sortent précipitamment de chez leurs grands-parents pour retrouver leur chien qui s’est éloigné de la demeure. La nature, entre obscurité et lumière, va leur réserver bien des surprises.
Loin de la nuit, symbole de peurs et de cauchemars, le texte et les illustrations dans Sombre est la nuit prouvent que la nuit peut également être source d’émerveillement. En effet, nulle ombre menaçante, nulle créature effrayante, la nature est ici accueillante et chaleureuse. Elle reçoit les enfants, entre obscurité et clarté, à travers des prairies de lavande baignées de lune, entre autres, révélant ainsi sa beauté nocturne. La répétition de « noirceur sur lumière » qui clôt nombre de distiques sonne alors comme une ritournelle et ajoute un aspect réconfortant et mélodieux à la lecture. Chaque album illustré par Felicita Sala est, pour moi, un enchantement. La chaleur et la générosité qui se dégagent de ses illustrations sont sans pareilles. Ici, le mélange de l’aquarelle, de la gouache et des crayons de couleur magnifie chaque tableau, dans lequel l’obscurité et la lumière se font écho. Par ailleurs, on notera le travail remarquable de traduction qui respecte la poésie et les distiques présents dans la version originale.
Train de nuit![]() ![]() Texte de Karine Guiton, illustré par Clémence Monnet L’étagère du bas 15 €, 217×258, 32 pages, imprimé en Union Européenne, 2024. Achetez ce livre* via LesLibraires.fr, LaLibrairie.com ou Place des libraires. |
Sombre est la nuit![]() ![]() Texte de Dianne White (traduit de l’anglais par Lubz Markovskaia), illustré par Felicita Sala La Pastèque 16 €, 223×286 mm, 40 pages, imprimé en Asie, 2024. Achetez ce livre* via LesLibraires.fr, LaLibrairie.com ou Place des libraires. |

Les pieds sur terre et la tête dans les nuages, Laetitia est une éternelle rêveuse qui partage sa vie entre la terre et la mer. Bien que tombée dans la marmite aux mots dès l’enfance, ce n’est que sur le tard qu’elle se découvre une passion pour la Littérature jeunesse avec un L majuscule et collectionne depuis lors les albums qui font la part belle à l’imagination et font l’éloge des mots.





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