Aujourd’hui, on vous présente deux livres qui vont chercher un peu de poésie dans la grisaille du quotidien !
La vie de Jean-Jean est faite d’habitudes et de routine. Chaque jour, il se rend à son travail dans une usine de capsules, puis rentre manger ses coquillettes au fromage râpé devant le journal télévisé. Mais ces derniers temps, Jean-Jean trouve que le monde qu’il découvre à l’écran ne tourne plus vraiment rond. Toutes ces mauvaises nouvelles commencent à lui donner des idées noires… Alors Jean-Jean, après une nuit de réflexion, prend une grande décision : puisque le monde va de travers, il va se mettre à tout faire… à l’envers ! Braguette sur le derrière et chemise boutonnée dans le dos, Jean-Jean prend son bain tout habillé, arrive en retard au travail, et commande le dessert avant l’entrée. Au fil des rencontres, la folie douce de Jean-Jean devient vite contagieuse : son patron, un serveur… tout le monde est touché par son originalité. Tous, jusqu’à sa petite voisine, elle aussi adepte d’assiettes de pâtes et du JT de 20 heures, qui l’observe de l’autre côté de la rue et commence à être très intéressée par ce monsieur un peu étrange…
Voilà un album qui fait du bien ! On rit beaucoup devant les aventures loufoques de Jean-Jean, et l’on s’attendrit aussi, face à l’histoire d’amour naissante entre ces deux grands solitaires. Jean-Jean à l’envers nous offre ainsi un joli conte moderne complètement décalé (ce n’est pas tous les jours qu’on voit apparaître le nom de Jean-Pierre Pernault dans un album jeunesse !), bourré d’humour et de tendresse. L’univers un peu rétro et très coloré d’Aurélie Guillerey déborde de vie, et illustre parfaitement le joli texte d’Émilie Chazerand. Finalement, on se laisserait bien tenter, en refermant le livre, par cette vie à l’envers remplie de petits bonheurs !
Un bel album plein de fantaisie, qui donne envie de se laisser aller à ses envies !
Sous une pluie battante, un homme au visage fermé avance droit devant lui, les mains crispées sur le manche de son parapluie. La foule, puis bientôt le vent le ralentissent, et l’homme a très vite l’esprit aussi maussade que le temps. À quelques mètres de là, sous l’auvent d’une pâtisserie, un petit garçon attend. Il contemple, les yeux brillants, le contenu de la vitrine. Soudain, une grosse bourrasque envoie valser le parapluie du monsieur tout gris. Le petit garçon, d’un geste, le ramasse. Et c’est le début, sous ce parapluie, d’un vrai moment de grâce…
La lecture de ce livre est un véritable instant de poésie ! Le texte, réduit à l’essentiel et plein de rimes, sonne comme un poème délivré de page en page. Il prend tout son sens à travers les superbes illustrations de Marion Arbona. Pleines de lumière, ces dernières jouent constamment sur le contraste entre la grisaille de l’homme et les couleurs éclatantes qui entourent le petit garçon. On est tout aussi émerveillé que l’enfant devant la vitrine de la pâtisserie : c’est beau, ça déborde de couleurs et de vie ! En peu de mots, en peu de pages, avec un évènement presque anodin, Sous le parapluie réussit à nous emporter avec lui dans un petit moment de magie.
Un album lumineux, qui appelle à ouvrir les yeux pour savourer l’instant présent.
Jean-Jean à l’envers![]() ![]() Texte d’Émilie Chazerand, illustré par Aurélie Guillerey Sarbacane 14,90 €, 218×290 mm, 34 pages, imprimé en France, 2016. |
Sous le parapluie![]() ![]() Texte de Catherine Buquet, illustré par Marion Arbona Les 400 coups 13 €, 218×283 mm, 30 pages, imprimé en Chine, 2016. |
Aime les crêpes et les animaux rigolos.



Très jolie chronique qui donne envie de lire ces deux albums ! Et jadooooore Aurélie Guillerey. Son style, reconnaissable au premier regard, est une petite sucrerie ! Bravo et merci !
Merci à vous Aurélie ! 🙂