« C’est le seul oiseau du village, Et c’est le seul chat du village, Qui l’a à moitié dévoré… » Comme dans le poème de Prévert, en général, il ne fait pas bon se faire rencontrer ces deux-là. Laissons-leur, malgré tout, une chance pour cette chronique.
Pour ceux, qui ne connaîtraient pas encore Milton, faisons les présentations. L’animal est un chat noir et blanc facétieux, aimant les aventures de tout poil. Il habite un univers foisonnant, qu’il ne manque pas d’explorer dans les moindres recoins. Il déambule ici et là, en permanence à l’affût. Serait-il à la recherche de quelque chose ? D’un nouveau jeu ou d’une souris, peut-être ? Lui, cherche les souris ; et vous, vous allez chercher tout ce qui constitue son petit monde, car ce livre fait partie de ceux que l’on pourrait qualifier de « Cherche et trouve ».
Sur la quatrième de couverture, les lecteur·rices découvriront une série de douze jouets et, à retrouver dans chacun des sept tableaux de ce tout cartonné grand format. L’exercice peut paraître simple, mais ne l’est pas tant que cela. En effet, le livre est uniquement réalisé en noir et blanc et fourmille de détails, incitant à une observation minutieuse. D’une fois à l’autre, le regard s’attarde sur tel ou tel élément, qui n’avait pas encore attiré l’attention. Et si cette exploration n’était finalement qu’un prétexte pour nous raconter une histoire, sans paroles ? De page en page, ce sont des dizaines de petites aventures félines qui nous sont proposées, le tout avec beaucoup d’humour.
Voici donc un livre à regarder encore et encore. Petit·es et grand·es trouveront là, une source d’inépuisables moments de complicité et de jeu.
Quelques pas dans le jardin suffisent, parfois, pour partir à la découverte de la nature. Que diriez-vous que le moineau, la mésange, la tourterelle, la pie, et l’hirondelle livrent leurs petits secrets ?
Au printemps, les promenades se font plus longues et nous prenons davantage le temps d’observer la nature qui nous entoure. Les oiseaux, par leurs mouvements continus, sont souvent les premiers à attirer l’œil des petits curieux. Dans Les oiseaux de mon jardin, une double page est consacrée à chacun des oiseaux précédemment cités : à gauche, on trouve son nom ainsi que trois ou quatre caractéristiques physiques, d’alimentation ou de vie ; à droite, l’animal apparaît dans son environnement, puis en gros plan sous un rabat. Ce livre permettra, en retour de balade ou pour les jours pluvieux, d’en découvrir un peu plus sur ces habitant.es des jardins. Les illustrations réalistes sur fond blanc permettent au regard de l’enfant de se poser sur les éléments essentiels. D’ailleurs, le dessin et les couleurs délicieusement vintage rappelleront sûrement aux parents les premières parutions de la collection Père Castor. Le texte peu dense au vocabulaire simple, mais riche, est adapté au public visé. Le tout-carton et les bords ronds sont idéals pour les petites mains. De toute part, on sent la volonté de s’adapter aux plus jeunes. C’est réussi !
Un deuxième titre paraît également dans cette collection : « Les insectes de mon jardin ». Une vraie bonne idée, et une belle occasion de proposer des documentaires aux tout-petits.
L’univers de Milton![]() ![]() de Haydé La joie de lire 17,50 €, 255×339 mm, 16 pages, imprimé en Espagne, 2020. |
Les oiseaux de mon jardin![]() d’Adeline Ruel Flammarion jeunesse, dans la collection Documentaires Père Castor 9,50 €, 160×160 mm, 12 pages, imprimé en Chine, 2020. |

Fille des années 80, amoureuse des livres depuis toujours. La légende raconte que ses parents chérirent le jour où elle sut lire, arrêtant ainsi de les réveiller à l’aube. Sa passion des livres, et plus particulièrement des livres jeunesse, est dévorante, et son envie de partage, débordante. Elle est sensible aux mots comme aux images, et adore barboter dans les librairies et les bibliothèques. Elle aime : les albums au petit goût vintage et les romans saisissants, les talentueux Rebecca Dautremer et Quentin Gréban, les jeunes pousses Fleur Oury et Florian Pigé, l’humour d’Edouard Manceau et de Mathieu Maudet, les mots de Malika Ferdjoukh et de Marie Desplechin.




