Aujourd’hui, je vous fais découvrir deux albums. On s’envole d’abord pour l’Afrique avec un petit pique-bœuf teigneux qui terrifie toute la savane et après ça, on file dans un poulailler pour rencontrer Catherine, la poule la plus dépensière que vous pourriez imaginer (imaginez d’abord une poule dépensière peut-être, pour commencer).
Au bord d’un point d’eau, dans la savane, les animaux boivent tranquillement l’eau claire et se reposent à l’ombre des quelques arbres environnants. Tout est paisible, chacun·e vit en bonne intelligence avec les autres, mais tout à coup… Pic-pic arrive et tout le monde détale illico presto sans demander son reste. Mais pourquoi cet oiseau ridiculement chétif réussit à terrifier jusqu’au roi des animaux ?
Si vous cherchez un album avec une chute mémorable, Pic-pic est une terreur est pour vous ! J’ai littéralement hurlé de rire pendant bien vingt minutes une fois que j’ai eu terminé de le lire. J’ai adoré les illustrations qui contribuent largement au ton humoristique de ce livre. J’ai trouvé les couleurs vraiment parfaites et alors les expressions des animaux terrifiés par le
petit Pic-pic, c’est vraiment quelque chose. Il y a aussi un vrai travail sur la langue, Frédéric Laurent s’amuse avec les mots et leur consonance pour un résultat franchement bon (« le suricate se carapate », « est-ce ton long bec en forme de faux qui fait flancher les pattes du phacochère et scie celles de la cigogne ? »). Et, petit bonus, vous retrouverez tous les animaux rencontrés dans l’album à la fin, dans un chouette glossaire.
Bref, un livre absolument génial qui fait toujours rire, même au bout de la dixième relecture (oui, vraiment).
Rencontrer une poule qui s’est baptisée « Catherine » d’elle-même, c’est plutôt rare. Alors, rencontrer une poule qui s’appelle Catherine et qui, en plus, est une sacrée dépensière, vous pouvez imaginer comme c’est encore plus rare. Impossible pour elle de se retenir d’acheter tout et n’importe quoi. Des pneus hiver, des gants, des repas au restaurant, des courses en taxi… cette poule est un véritable panier percé. Ce qui n’est pas franchement au goût du responsable de poulailler qui le lui reproche. Mais pourquoi s’en ferait-elle ? De toute façon, dans quelques semaines elle part pour l’abattoir.
La notion d’hyper consommation est merveilleusement bien traduite dans cet album. Ce petit gallinacé est comme drogué par l’envie de dépenser toujours plus dans absolument n’importe quoi. Et, effectivement, une poule qui achète des pneus d’hiver, ça n’a pas trop de sens.
J’ai trouvé cette fable sur l’endettement bien ficelée et je pense qu’elle amène aussi à réfléchir à notre manière de consommer de manière raisonnable, avec le souci de générations qui viendront après nous. Ici, Catherine s’en moque totalement. Pour elle, il n’y a aucun problème à faire des dettes partout puisque de toute façon, elle va forcément mourir. Aucun risque d’être poursuivie par les créanciers !
Une lecture extrêmement pertinente en cette période de frénésie encore plus poussée que sont les soldes.
Pic-pic est une terreur![]() ![]() de Frédéric Laurent L’Atelier du poisson soluble 15 €, 180 x 245 mm, 40 pages, imprimé en République tchèque, 2017. |
Le Livre où la poule meurt à la fin![]() ![]() Texte de François Blais, illustré par Valérie Boivin Les 400 coups 13,50 €, 215 x 280 mm, 32 pages, imprimé au Canada, 2017. |
Aime le papier bulles et les dinosaures.


