Aujourd’hui, on va s’évader par le pouvoir de l’imagination.
Au loin, une île. Une fumée s’en échappe, qu’a-t-il bien pu s’y passer ? En s’approchant, on s’aperçoit qu’un avion s’y est écrasé. Trois enfants semblent être les seules rescapées. Elles décident de partir explorer l’île. Elles découvrent des fleurs géantes, dont une qui parle et… attendez, une fleur qui parle ? Cette île, sur laquelle elles découvrent un panneau « Seule la réalité peut tuer un dragon » est vraiment étrange…
Au risque de vous divulgâcher l’album (mais on devine assez vite les choses), l’avion qui s’est écrasé n’est qu’un jouet et les trois filles n’ont en fait pas quitté le jardin de leur maison, si ce n’est grâce à leur imagination.
On comprend dans les dernières planches que ce qu’elles voient et ceux qu’elles croisent (un gorille et un dragon) ont une existence « physique », mais que leur imagination les a développés. Tout comme dans le superbe Un ballon sous la pluie, un autre album de cet extraordinaire auteur-illustrateur (lisez les Macanudo !), l’ouvrage se termine par une photo qui nous laisse penser que les trois filles de l’histoire existent… J’aime énormément l’univers de Liniers (vous l’aurez compris, je pense) et cet album m’a séduit autant que les précédents.
Allongé sur son lit, il écoute. Il écoute le son de grelot de la tringle à rideaux, le robinet qui s’écoule telle une rivière, une radio qui grésille non loin. Le frigo, lui, n’émet plus de son, il y a une coupure de courant, mais pour les oiseaux de la volière, pas besoin d’électricité. Dehors il fait chaud, alors il reste là, à penser à ses copains, à jouer aux petites voitures sur des routes créées par la mosaïque de carrelage. Pas de télé à regarder, alors il regarde l’aquarium. Il s’ennuie, et que c’est bon de s’ennuyer !
De la magnifique chanson du talentueux Gaël Faye, Hippolyte a fait un album. Un grand album magnifiquement illustré où il est question de l’ennui et de tout ce que ça apporte. En sous-texte, on parle aussi de l’absence d’une mère et de la solitude, mais ici il est surtout question des mondes qu’on s’invente quand on s’ennuie, de ces contrées dans lesquelles on s’enfuit. C’est toujours un drôle de pari de faire d’une chanson un album, mais ce texte-là est si poétique que c’est un régal de le lire et les illustrations sont somptueuses (et la grande taille de l’album leur rend justice). Après le texte de la chanson, une jolie postface de l’auteur vient donner quelques explications. Si l’album était déjà sorti avec un CD, dans cette belle réédition (enrichie de photos d’enfance de Gaël Faye sur le bandeau), un QR code nous permet d’écouter la chanson sur les plateformes habituelles.
Trois fleurs sauvages![]() ![]() de Liniers (traducteur·rice non crédité·e) La joie de Lire, dans la collection Somnambule 12,90 €, 195×287 mm, 36 pages, imprimé en Lettonie chez un imprimeur éco-responsable, 2023. Achetez ce livre* via LesLibraires.fr, LaLibrairie.com ou Place des libraires. |
L’ennui des après-midi sans fin![]() ![]() Texte de Gaël Faye, illustré par Hippolyte Les arènes 14,90 €, 277×280 mm, 32 pages, imprimé en Italie, 2022. Achetez ce livre* via LesLibraires.fr, LaLibrairie.com ou Place des libraires. |

Aimait la littérature jeunesse bien avant d’avoir des enfants mais a attendu d’en avoir pour créer La mare aux mots. Goût particulier pour les livres pas gnangnan à l’humour qui pique !



