Le mois de septembre ne fait que commencer, et pourtant vous êtes déjà nostalgiques de cet été qui s’achève lentement ? Alors, ces deux albums sont pour vous !
Chaque année, dès le premier jour des vacances, le petit garçon, narrateur de l’histoire, part par le train rejoindre son oncle Angelo. Et chaque année, cette journée lui semble être le plus beau jour de sa vie : prendre le train seul, se faire appeler « jeune homme » par le contrôleur, avoir pour perspective les vacances, retrouver lieux et habitudes qu’il chérit tant… Cependant, son grand plaisir estival reste de parcourir la campagne à bicyclette. En grandissant, le vélo de l’oncle Angelo est devenu plus adapté à sa taille et les balades de plus en plus longues. Un jour, après s’être volontairement perdu, le narrateur fait une découverte fabuleuse : la mer. C’était là et je ne l’avais su. L’émotion est immense. Mais la voilà encore décuplée, par l’arrivée sur la plage d’une jeune personne, nommée Esther Andersen.
Ce livre ne laissera personne indifférent. À mi-chemin entre l’album et le roman graphique, il séduira les enfants comme les adultes. Il déversera sa poésie dans les oreilles des uns, fera infuser sa nostalgie dans la tête des autres. C’est sûr, vous aimerez vivre les aventures de ce garçon par procuration. L’adulte pensera à l’enfant qu’il ou elle a été, l’enfant se projettera, s’identifiera au narrateur. Cette histoire, c’est un hymne à l’enfance, célébrant les petits bonheurs estivaux, et les grands émois de la vie. Les dessins d’Irène Bonacina enrichissent les mots de Timothée de Fombelle, créant sens et émotion chez le lecteur ou la lectrice. Le grand format à l’italienne fait une belle place aux illustrations, et permet de savourer et d’étirer le temps de la lecture (du reste, le texte se prête bien à la lecture à voix haute, même si vous êtes seul·e). Le temps sous toutes ses formes est d’ailleurs un élément clé de cet album : le temps des vacances qui semblent s’étirer inlassablement, celui qui se répète chaque année en faisant revenir l’été, celui universel de l’enfance, ou bien encore celui qui ne sera jamais plus comme avant chamboulé par un premier amour. Pour revenir aux illustrations, j’avoue un vrai coup de cœur pour le travail d’Irène Bonacina. Plusieurs détails me font penser aux dessins de Quentin Blake. Retrouver un peu de charme anglais dans un livre qui porte un nom à l’accent british, c’est parfait. Ce ne pouvait être que Timothée de Fombelle, ce ne pouvait être qu’Irène Bonacina : le duo fonctionne à merveille. Quelques traits à l’encre, de l’aquarelle, et l’illustratrice nous embarque. Elle joue avec tous les éléments mis à sa disposition pour mettre en scène l’histoire. Suivant l’effet souhaité, se succèdent pages surchargées, décors « vides » ou panoramiques qui nous en mettent plein les yeux. Le bleu et le jaune, couleurs estivales et maritimes, dominent ; le rouge apparaît parfois en petite touche pour attirer notre regard sur un objet (le vélo ou la robe d’Esther). Les illustrations sont comme l’histoire : douces, tendres et poétiques.
Dans l’obscurité de la nuit, un petit garçon et sa mère prennent la route pour rejoindre la maison de vacances familiale, qui les attend depuis un an. Il faut peu de temps à l’enfant pour retrouver de petits trésors, reprendre des habitudes oubliées, (re)découvrir la beauté de la nature. Il n’y a pas de petits bonheurs, qui ne soient finalement immenses : fourrer une collection de bouchons dans sa poche, observer des fourmis, faire de nouveau un feu de camp. La mère, quant à elle, prend plaisir à regarder son garçon grandir et à lui transmettre histoires familiales et joies personnelles. Son fils arrivera-t-il à trouver une paire de bottes à sa taille, cette année ? Reconnaîtra-t-il son grand-père bébé sur la photo en noir et blanc ? Appréciera-t-il autant qu’elle la beauté de ce paysage ? Mais le bonheur, c’est fait pour être partagé. Alors, qu’il est bon pour le garçonnet de retrouver ses cousin·es pour s’inventer des histoires et se créer de nouveaux souvenirs ! Nul besoin de plus, voici le secret du plus bel été du monde.
Dans cet album, il y a beaucoup de Delphine Perret et un peu de chacun·e d’entre nous, grand·es et petit·es. L’histoire est un dialogue entre une mère et son fils ; elle parle de partage et de transmission. Et c’est exactement, ce que pourront vivre, ensemble, l’enfant qui écoutera, et l’adulte qui lira cette histoire. Cet album sera un prétexte à l’échange de souvenirs communs ou non, et d’anecdotes en tout genre. Là encore, le livre est une ode à l’enfance et à ses plaisirs simples. Pour ma part, j’y vois un peu de moi enfant, ramassant des mûres, un peu de mon fils lisant de vieux Mickey,
de ma fille montant des spectacles, ou de mon neveu jouant sans cesse avec des bâtons… Deux objets servent de fils rouges à l’histoire : une casquette et une paire de chaussures à lacets. La casquette, toujours perdue et souvent retrouvée, sera finalement donnée au cousin (symbole de partage et de transmission). Les chaussures seront finalement adoptées ; l’enfant réussissant à les lacer seul à la fin de l’été. On pourra y voir le symbole de l’enfant qui grandit, prêt à laisser l’été derrière lui et à rentrer à l’école. Les illustrations à l’aquarelle et les dessins au crayon habillent le récit de Delphine Perret. L’alternance des deux rythme l’histoire, et se prête particulièrement bien à l’évocation de souvenirs d’enfance. Là encore, c’est doux, tendre et poétique.
Esther Andersen![]() Texte de Timothée de Fombelle, illustré par Irène Bonacina Gallimard jeunesse 24,90 €, 346×247 mm, 72 pages, imprimé en Italie, 2021. Achetez ce livre* via LesLibraires.fr, LaLibrairie.com ou Place des libraires. |
Le plus bel été du monde![]() de Delphine Perret Les Fourmis Rouges 18,50 €, 195×257 mm,128 pages, imprimé au Portugal, 2021. Achetez ce livre* via LesLibraires.fr, LaLibrairie.com ou Place des libraires. |

Fille des années 80, amoureuse des livres depuis toujours. La légende raconte que ses parents chérirent le jour où elle sut lire, arrêtant ainsi de les réveiller à l’aube. Sa passion des livres, et plus particulièrement des livres jeunesse, est dévorante, et son envie de partage, débordante. Elle est sensible aux mots comme aux images, et adore barboter dans les librairies et les bibliothèques. Elle aime : les albums au petit goût vintage et les romans saisissants, les talentueux Rebecca Dautremer et Quentin Gréban, les jeunes pousses Fleur Oury et Florian Pigé, l’humour d’Edouard Manceau et de Mathieu Maudet, les mots de Malika Ferdjoukh et de Marie Desplechin.



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