Aujourd’hui, je vous propose deux livres qui nous plongent dans des événements se déroulant entre 1939 et 1945, pendant la Seconde Guerre mondiale.
Comme chaque été, en ce mois d’août 2021, Sam et son frère Maxime passent leurs vacances sur l’île de Groix. Partis à l’aventure dans un petit bois, ils se perdent. Alors qu’ils sont à bout de forces, las de ne pas retrouver leur chemin, ils tombent sur un tas de pierres taillées, formant un muret, enfouies sous le lierre et les ronces. Les deux garçons ont l’intime conviction qu’il y avait autrefois des habitations à cet endroit. Avec l’aide de leur mère, Sam et Maxime vont tenter d’en découvrir davantage, bien que les résident·es des environs ne leur soient pas d’un grand soutien. Rapidement, une question se pose : pourquoi ce village a-t-il disparu de la mémoire collective ?
Au mois de septembre 1944, Rosa et sa famille se voient dans l’obligation de quitter leur maison, la dernière du village encore habitée, chassé·es par les Allemands. Iels trouvent alors refuge chez sa tante plus loin sur l’île. Un matin, Rosa est réveillée par un énorme bruit sourd. Cela vient de l’ouest où se trouve leur foyer. Pour en avoir le cœur net, elle y court à toutes jambes. Il semblerait que les Allemands aient décidé de raser leur village. Mais pourquoi ?
Dans Les pierres brûlées, deux récits s’entrecroisent, celui de Sam et celui de Rosa, à plus de soixante-dix ans d’intervalle, pour au final, ne (re)constituer qu’une seule et même histoire, celle du village de Moustéro. Chez chacun·e de ses deux protagonistes, on retrouve un entêtement identique pour maintenir le village « en vie » dans les esprits. Bien que Sarah Turoche-Dromery ait pris quelques libertés avec ses personnages et leurs vécus, les faits relatés dans ce roman sont inspirés de l’histoire vraie de l’île de Groix et de l’une de ses habitantes, Louise Beven. L’autrice s’est richement documentée, s’appuyant sur les souvenirs de cette dame et des archives de l’écomusée de l’île pour façonner cette fiction avec la volonté d’entretenir le devoir de mémoire. Outre le côté historique, les lecteur·rices apprécieront la construction du récit comme une enquête. À l’instar de Sam et de son frère, iels essaieront page après page de découvrir la vérité enfouie depuis des décennies. Les pierres brûlées est un roman court, mais captivant, à recommander aux amateur·rices de récits historiques et d’aventures.
« C’était un petit garçon qui ne savait pas qu’il était une étoile. » Au début, il éprouva de la fierté à porter cette étoile sur son vêtement, mais peu à peu celle-ci devint très envahissante. Il découvrit même qu’il y avait des chasseurs d’étoiles qui réservaient un sort bien sombre aux personnes comme lui. Par conséquent, il dut se cacher, le temps que le ciel s’éclaircisse. Il se rendit compte alors qu’il était finalement bien seul. Certaines étoiles étaient devenues des étoiles filantes ; il lui fallait réapprendre à vivre…
Peut-être connaissez-vous déjà le petit garçon étoile ? En effet, cet ouvrage est d’abord paru dans un format différent en 2001 et en 2014. Pour ma part, je viens tout juste de faire sa connaissance et ce livre m’a complètement bouleversée. Je me devais donc de le partager avec vous afin que cet album continu d’être lu par de nombreux enfants. En effet, à sa manière, et je dirais même plus, de la plus belle des manières, il participe au devoir de mémoire quant au sort réservé aux enfants juif·ves durant la Seconde Guerre mondiale.
Par un jeu de métaphores multiples, il arrive à dire l’indicible, à hauteur d’enfant. Chacun·e y (com)prendra ce qu’iel peut selon ses connaissances sur le sujet et relira à chaque fois l’histoire avec un regard différent à mesure qu’iel grandira. En tant qu’adulte, on se trouve totalement ébranlé·e : par le récit, par le talent de l’autrice et celui de l’illustrateur pour nous transmettre ce message. Subtilement, Olivier Latyk met en image les métaphores de Rachel Hausfater. Le petit garçon étoile prend alors des allures de Petit Prince traversant une planète aux couleurs contrastées, passant des ténèbres à la lumière. Voici un livre sensible et fort, à avoir absolument dans sa bibliothèque.
Les pierres brûlées ![]() de Sarah Turoche-Dromery Thierry Magnier 13,90 €, 141×220 mm, 122 pages, imprimé en France, 2022. Achetez ce livre* via LesLibraires.fr, LaLibrairie.com ou Place des libraires. |
Le petit garçon étoile![]() Texte de Rachel Hausfater, illustré par Olivier Latyk Casterman, dans la collection Les albums Casterman 12,90 €, 202×251 mm, 32 pages, imprimé en France chez un éditeur éco-responsable, 2023. Achetez ce livre* via LesLibraires.fr, LaLibrairie.com ou Place des libraires. |

Fille des années 80, amoureuse des livres depuis toujours. La légende raconte que ses parents chérirent le jour où elle sut lire, arrêtant ainsi de les réveiller à l’aube. Sa passion des livres, et plus particulièrement des livres jeunesse, est dévorante, et son envie de partage, débordante. Elle est sensible aux mots comme aux images, et adore barboter dans les librairies et les bibliothèques. Elle aime : les albums au petit goût vintage et les romans saisissants, les talentueux Rebecca Dautremer et Quentin Gréban, les jeunes pousses Fleur Oury et Florian Pigé, l’humour d’Edouard Manceau et de Mathieu Maudet, les mots de Malika Ferdjoukh et de Marie Desplechin.


