Aujourd’hui on laisse la parole à deux enfants qui nous racontent des épisodes joyeux comme dramatiques de leur (jeune) vie dans deux superbes albums : Ma planète d’Emmanuelle Houdart et Tout autour d’Ilya Green.
C’est l’histoire d’un drôle de petit bonhomme. Un drôle de petit bonhomme qui venait d’une galaxie lointaine, très lointaine… À la suite d’une guerre, notre jeune héros se retrouve contraint de fuir vers la planète Terre… Là, une nouvelle vie l’attend : parents, amis, école, animaux de compagnie… Mais qui a dit que cette vie était moins passionnante que l’ancienne ?
Ma planète est un formidable album qui explore l’imagination enfantine. Car, vous l’aurez compris, notre petit narrateur est bel et bien un terrien, fait de chair et de sang, qui se plaît à imaginer son arrivée sur terre et sa vie quotidienne d’une drôle de manière ! Emmanuelle Houdart laisse la parole à ce charmant héros et nous plonge dans un univers riche et foisonnant de détails. On reste scotché devant la poésie et l’onirisme qui se dégage des illustrations. On pense à des collages surréalistes, à Boris Vian ou à Alice au pays des merveilles. La chambre à coucher du jeune garçon en séduira plus d’un.e tandis que sa géniale machine à explorer la galaxie donnera des idées aux plus inventifs (et inventives !) Le format met en valeur les grandes planches colorées d’Emmanuelle Houdart. Le texte, bref et incisif, accompagne ces dessins qui nous dépeignent un monde dans lequel on aurait bien envie de vivre…
Un magnifique album, somptueux et envoûtant, véritable apologie de l’imagination !
Il était une fois une petite fille qui vivait dans un monde joyeux et protégé. Elle jouait dans les champs, avec les moutons. Elle construisait des bateaux, préparait des mixtures faites de terre et d’eau. Et surtout, elle rêvassait auprès de sa maman. Jusqu’au jour où de curieuses tâches apparaissent sur le corps de sa mère. Des tâches qui n’en finissent pas de grossir, grossir, grossir…
Dans Tout autour, Ilya Green nous livre une histoire très touchante et très personnelle : la mort de sa mère. Difficile de parler de deuil aux plus petits. Pourtant Ilya Green y arrive formidablement bien. En décidant d’écrire son ouvrage à la première personne l’auteure nous plonge au cœur des pensées les plus intimes de la jeune héroïne, qui ne comprend pas vraiment ce qui lui arrive. Avec tendresse et poésie, Ilya Green décrit la détresse et la douleur de la petite fille. Les superbes illustrations illuminent ce texte délicat. Chaque planche dépeint une étape de la vie de l’enfant, du deuil jusqu’à l’acceptation de la mort. Ilya Green joue avec les couleurs – les illustrations correspondant à la mort de la mère sont plus sombres – les formes et les motifs. Ses illustrations poétiques et fantasmagoriques sont de véritables tableaux que l’on prend plaisir à décortiquer. Si Tout autour traite d’un sujet complexe, il n’en reste pas moins un ouvrage qui donne de l’espoir et rend hommage à la puissance de l’imagination et de la vie. Car c’est grâce à l’art et à son imaginaire foisonnant que la petite fille va pouvoir s’en sortir…
Un formidable album, – coup de cœur – qui traite d’une thématique difficile tout en donnant confiance en l’avenir et en la vie !
Ma planète![]() ![]() d’Emmanuelle Houdart Les fourmis rouges 17,90 €, 248×340 mm, 40 pages, imprimé en France, 2016. |
Tout autour![]() ![]() d’Ilya Green Didier Jeunesse 20 €, 325×245 mm, 32 pages, imprimé en France, 2016. |

Née au début des années 90s, tour à tour professeure, amoureuse de la vie, de la littérature, de la musique, des paysages (bourguignons de son enfance, mais pas que…), des films d’Agnès Varda, des vers de Cécile Coulon et des bulles de Brétecher. Elle a fait siens ces mots de Victor Hugo “Ceux qui vivent ce sont ceux qui luttent”.


