Aujourd’hui, je vous propose de rencontrer un loup pas si méchant et une princesse pas nunuche.
Un loup de peu d’appétit (une souris ou un rat lui suffisait largement) était utilisé par un éleveur comme épouvantail auprès des chèvres qui lui appartenaient, en attendant l’abattoir. En effet, Maître Seguin, car tel était son nom, faisait croire aux biquettes que si elles sortaient elles seraient dévorées par ce loup affamé, allant même jusqu’à lire des histoires horribles à ces pauvres animaux épouvantés. Pourtant quand l’une d’elles prenait la clef des champs, si elle croisait le loup celui-ci lui indiquait la frontière afin qu’elle passe du côté du pays voisin, où ne vivaient que des végétarien·ne·s (pendant que celles qui restaient finissaient en côtelettes…).
Les loups ne sont pas toujours ceux que l’on croit… Ici, l’éleveur fait peur à ses chèvres en faisant croire que le loup qui rôde à l’extérieur est atroce, alors que c’est lui le pire prédateur pour ces pauvres animaux. Je ne vous dévoilerai pas la fin, mais il est raconté ici l’absurdité des hommes. Le livre plaira bien sûr aux végétarien·ne·s, mais clairement aux autres également.
On pourra voir aussi ici une critique de la justice (qui est, ici, pleine d’hypocrisie et de contradiction, se fie au qu’en-dira-t-on et profite concrètement de la condamnation du pauvre loup). Bref, c’est une histoire bien plus profonde qu’elle en a l’air. Si j’ai beaucoup aimé la musicalité du texte, j’avoue avoir été dérangé par le fait que le texte soit en quasi-permanence en rime… mais pas tout le temps. Les illustrations, signées Marjolaine Leray, sont comme toujours aussi drôles que graphiques, belles et élégantes (cette illustratrice-là est décidément bourrée de talent).
Un très bon album, bourré d’humour noir, qui dit bien des choses en fond.
Au pays des grenouilles vivait une petite princesse qui, alors que ses parents ne pensaient qu’à la marier, rêvait de devenir pirate et de partir à l’aventure. Puisque son père et sa mère continuaient à lui présenter des prétendants, notre princesse décida de s’enfuir en pleine nuit et de monter à bord d’un bateau de pirates qui était amarré là. Le navire restait à quai, car le capitaine en était parti, en attendant l’équipage s’ennuyait… c’est ainsi que notre princesse devint capitaine d’un bateau de pirates !
Princesse Rebelle est, vous l’aurez compris, un album qui tord le cou aux clichés sexistes. Et, contrairement à bien des albums de ce type, ici notre princesse ne changera pas d’avis et ne décidera pas, finalement, de prendre un mari (et si l’on regrette que ses parents lui offrent un bateau rose, on pourra se dire qu’en fait ces deux-là n’ont juste rien
compris !). C’est drôle et rythmé, et ça va cartonner auprès des enfants ! Au-delà de la thématique du sexisme, on peut voir ici une histoire qui rappelle qu’il ne faut pas empêcher nos enfants d’être qui ils veulent être et ne pas leur imposer nos rêves.
Un super album qui met en scène une princesse pirate !
L’affaire méchant loup![]() ![]() Texte de Marie-Sabine Roger, illustré par Marjolaine Leray Seuil Jeunesse 12,90 €, 250×175 mm, 40 pages, imprimé en Italie, 2019. |
Princesse Rebelle![]() ![]() Texte de Hollie Hugues (traduit par Intexte), illustré par Deborah Allwright Kimane 12,95 €, 275×275 mm, 32 pages, imprimé en Chine, 2018. |

Aimait la littérature jeunesse bien avant d’avoir des enfants mais a attendu d’en avoir pour créer La mare aux mots. Goût particulier pour les livres pas gnangnan à l’humour qui pique !



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