Aujourd’hui, on part à la rencontre de deux gros grincheux ! Si le premier râle sur tout et n’importe quoi, le second, lui, a bien des raisons d’être un poil énervé… Préparez vos plus beaux grognements et vos plus longs soupirs, c’est parti pour la soupe à la grimace !
Allongé sur la banquise, un manchot récite une longue litanie de tout ce qui l’indispose : d’abord, il est beaucoup trop tôt pour se lever, et puis son bec est complètement gelé, et puis ses congénères sont bien trop bruyants ! Une fois levé, les choses ne s’arrangent pas vraiment, car ce manchot-là n’aime pas grand-chose : la neige ne lui plait pas, et puis le blanc lui fait mal aux yeux, et puis l’eau est trop froide, et pourquoi donc ne peut-il pas voler ? Sans compter que ses congénères se ressemblent tous comme deux gouttes d’eau… Vraiment trop nulle la vie de manchot ! Jusqu’à ce qu’arrive un morse un poil bavard et plutôt philosophe qui va lui faire voir les choses un peu différemment…
Simple, efficace et sacrément marrant ! Ce nouvel album de Lane Smith est une réussite. On se prend immédiatement d’affection pour cet oiseau éternellement insatisfait et ses innombrables récriminations (après tout qui ne s’est jamais dit que ça n’avait pas l’air très rigolo d’être un manchot ?). L’arrivée du morse, particulièrement bien amenée, vient remettre en question toutes ses certitudes et incite à la réflexion sans tomber dans la moralisation, en invitant simplement à regarder autour de soi avec un œil nouveau et à profiter de la vie. Une histoire pleine d’humour, un joli message, sans oublier les irrésistibles illustrations de Lane Smith : et voilà un album à lire de toute urgence et à partager sans modération !
Un album bourré de charme pour tout·e·s les petit·e·s et grand·e·s râleur·euse·s !
On avait rencontré Michel l’ours en 2016 dans Maman Ours, alors qu’il découvrait les joies de la parentalité avec une bande d’oies qui auraient initialement dû lui servir d’omelette… Assumant désormais pleinement (mais toujours malgré lui) son rôle de parent, le voici comme chaque année obligé de tirer un trait sur son hibernation pour emmener sa progéniture en migration vers le sud. Le printemps venu, quand Michel rentre chez lui, il se retrouve nez à nez avec une bande de souris qui a élu domicile dans sa maison et transformé cette dernière en hôtel ! Voilà Michel obligé de gérer les angoisses nocturnes du porc-épic, les bagarres d’oreillers des opossums, sans oublier l’énorme crapaud qui squatte la cuvette des toilettes… Mais quand débarque un bus de touristes rempli d’éléphants en chemise hawaïenne, Michel finit par perdre son sang-froid : trop c’est trop, et il est bien décidé à ne pas se laisser faire !
On prend les mêmes et on recommence ! Si j’ai retrouvé avec plaisir Michel l’ours grincheux et ses étonnants enfants, je dois dire que je n’ai pas été autant séduite par cette suite, dont j’attendais peut-être un peu trop après avoir découvert (et adoré) Maman Ours. L’histoire, bien qu’intéressante, a une structure assez complexe dans laquelle on se perd un peu, et l’ensemble paraît un peu moins évident, un peu moins efficace. Pour autant on retrouve tout de même dans Bienvenue chez Maman Ours bien des qualités de son prédécesseur : un texte bourré d’humour, une intrigue délicieusement absurde, et des illustrations vraiment superbes ! De quoi passer un très chouette moment de lecture, en découvrant (car s’il est préférable de les lire dans l’ordre, les deux albums peuvent se lire séparément) ou redécouvrant cette famille pas tout à fait comme les autres.
Une suite un peu déroutante mais néanmoins savoureuse !
Banquise blues![]() ![]() Texte de Jory John (traduit par Emmanuel Gros), illustré par Lane Smith Gallimard Jeunesse 14€, 217×269 pages, imprimé en France, 2017. |
Bienvenue chez Maman Ours![]() ![]() de Ryan T. Higgins (traduit par Françoise de Guibert) Albin Michel Jeunesse 12€, 297×230 mm, 44 pages, imprimé en France, 2017. |
Aime les crêpes et les animaux rigolos.


