Aujourd’hui, je vous propose de voir passer le temps, sur une montagne tout d’abord puis sur un manoir.
Au départ, elle était recouverte de glace et voyait passer des mammouths, puis les premiers êtres humains sont arrivés. Elle s’est parée de verdure et a continué à voir les années, les siècles défiler. Pour elle, tout s’est passé en quelques secondes, un arbre qui commençait à pousser était vieux l’instant d’après. Petit à petit, la montagne aussi a vieilli, elle est devenue colline…
C’est un beau duo qui est rassemblé ici. Mickaël El Fathi dont les textes sont souvent très délicats comme ici, et Pierre Prat illustrateur québécois (qui avait notamment illustré le superbe Gustave aux éditions de La pastèque). On parle donc ici du temps qui passe et qui n’est pas le même suivant qu’on soit une montagne, un vieil homme ou une limace. On parle aussi forcément de la nature et de comment l’espèce humaine la transforme (on voit ici la ville se développer jusqu’à envahir tous les coins de nature). Le texte se termine d’une façon très poétique, rappelant que rien ne meurt et que tout se transforme.
Un album plein de poésie sur le temps qui passe qui nous rappelle que nous ne sommes pas grand-chose par rapport aux éléments qui nous entourent.
Il fut un beau manoir, habité par riches aristocrates, abritant des fêtes somptueuses. Il se sentait beau, faut dire qu’il croulait sous les compliments. Quand ses propriétaires moururent, il ne trouva pas acquéreur alors il dépérit un peu jusqu’à ce qu’il fût racheté pour s’y voir établir un hôtel de luxe. Puis ce fut un restaurant, un centre commercial… Il se sentait important, essentiel à la population. Mais un jour, il fut victime d’un incendie, était-ce la fin pour le beau manoir ?
Comme dans le précédent on parle donc ici du temps qui passe, de la ville qui s’étend, du fait que tout se transforme… Mais ici, c’est à travers un bâtiment que l’histoire nous est racontée. Les illustrations sont riches de détails et l’on observera ce qu’il se passe dans chaque pièce, à chaque période. Le manoir si fier d’être majestueux aura une fin où il sera finalement plus utile et se rendra compte que c’est en fait plus important que l’apparence. L’auteur/illustrateur de Mémoires d’un beau manoir est architecte, et ça se sent !
La vie d’un manoir qui voit les années défiler et nous raconte son évolution.
Quelques battements d’ailes![]() ![]() Texte de Mickaël El Fathi, illustré par Pierre Pratt Møtus 13 €, 225×315 mm, 40 pages, imprimé en République tchèque, 2017. |
Mémoires d’un beau manoir![]() ![]() de Kunihiko Aoyama (traduit par Fédoua Lamodière) Nobi Nobi ! dans la collection 1,2,3 soleil 13,50 €, 215×305 mm, 40 pages, imprimé en Roumanie, 2017. |

Aimait la littérature jeunesse bien avant d’avoir des enfants mais a attendu d’en avoir pour créer La mare aux mots. Goût particulier pour les livres pas gnangnan à l’humour qui pique !




