Je vous présente aujourd’hui deux mangas de science-fiction aux partis pris affirmés.
Deux jeunes femmes à moto sillonnent un monde en ruine. Des années sont passées depuis le désastre planétaire qui a détruit l’humanité, et les humain·es, devenu·es rares, se terrent pour la plupart dans des bunkers surprotégés. Au cours de leur voyage, Airi et Yôko font des rencontres étonnantes et découvrent des villes dévastées et submergées par les océans.
Les promeneuses de l’apocalypse est un récit de voyage un peu particulier, puisqu’on y suit une humaine et une androïde dans un univers post-apocalyptique. Contemplatif sans être lent, ce manga nous entraîne dans le road trip émouvant de deux meilleures amies. Construit comme une quête sur les traces de la sœur de Yôko, il provoque autant d’émerveillement face aux dessins et à l’esprit de découverte que de crainte par rapport à un avenir possible. J’ai apprécié la relation de Yôko et Airi, douce et chaleureuse comme le ton du récit. C’est parfois joyeux, parfois mélancolique mais toujours touchant. Un manga qui détonne !
Les êtres humains, délaissant la Terre — qui a été déclarée « zone protégée » —, se sont établis sur les anneaux de Saturne. Là, ils habitent dans d’immenses cités extrêmement stratifiées où les plus pauvres voient rarement, sinon jamais, l’extérieur. Mitsu est un jeune garçon solitaire. À peine sorti de l’école, il suit les traces de son père disparu et devient laveur de carreaux. Pour lui, ce métier est une vocation. Il lui permet de garder un lien avec son père mais aussi d’entrevoir l’extérieur ainsi que les vies des autres habitant·es.
Le premier tome de La cité Saturne ne m’a pas tout de suite plu. Le rythme du récit est particulièrement lent et on n’a pas de fil conducteur évident auquel s’accrocher. Mais j’ai quand même continué ma lecture et ai fini par l’apprécier. Si la construction de ce manga peut être déstabilisante au premier abord, elle sert finalement une histoire et un propos très intéressant·es et poétiques. À rebours des livres de science-fiction « traditionnels », La cité Saturne propose un voyage tout en douceur et petits gestes. Mitsu et les personnes qui l’entourent sont complexes et attachant·es. Chaque scène nous transporte dans l’univers intime d’un·e habitant·e de la cité, que ce soit à travers le nettoyage de leurs vitres ou leur relation avec Mitsu. On est invité·e à se poser et à rêver.
Les promeneuses de l’apocalypse — T1![]() de Sakae Saito (traduit du japonais par Marylou Leclerc) Bamboo, dans la collection Doki Doki 7,50 €, 130×183 mm, 200 pages, imprimé en Italie, 2022. Achetez ce livre* via LesLibraires.fr, LaLibrairie.com ou Place des libraires. |
La cité Saturne — T1 de Hisae Iwaoka (traduit du japonais par Pascale Simon)Kana, dans la collection Big Kana 7,90 €, 132×181 mm, 184 pages, imprimé en Italie, 2009. Achetez ce livre* via LesLibraires.fr, LaLibrairie.com ou Place des libraires. |

Jeune homme aimant la littérature jeunesse, les cartes Pokémon et les animés. Pour résumer son attachement à la lecture, il aime citer Stéphane Servant : « Les livres sont des terriers / Les livres sont des phares. Il y brûle de petits feux / Qui me tiennent le cœur au chaud / Quand il pleut sous mon toit. »


