Aujourd’hui, à travers le triste destin d’une lycéenne, souvenons-nous des 11 400 enfants juifs déportés de France dans les camps nazis, pendant la Seconde Guerre mondiale. Et à travers l’énergie déployée par Max, un ado de 13 ans, pour aider un jeune Syrien, souvenons-nous de ces millions d’enfants réfugiés à travers le monde d’aujourd’hui.
Louise est une élève brillante, studieuse et généreuse. Durant l’été 1942, la lycéenne a écrit à sa professeure de lettres, Mme Malingrey. Louise porte l’étoile jaune, obligatoire pour les juifs en France depuis juin 1942. Elle vit dans la peur, mais refuse d’être hébergée par son enseignante pour rester avec sa famille. Son dernier mot date du 22 janvier 1944. Elle lui laisse aussi des livres et quelques lettres qu’elle aimerait retrouver : «si je reviens un jour». Ce jour-là, Louise est arrêtée avec ses parents, ses sœurs Annette et Lucie, et son frère Jean. Interné.es à Drancy, le père, la mère et les quatre enfants sont ensuite déporté.es à Auschwitz le 6 février 1944, et gazé.es. Des années plus tard, en 2010, les lettres et des photos sont retrouvées dans une vieille armoire au lycée Jean-de-La-Fontaine, à Paris. Celles de Louise Pikovsky.
Il y a trois ans, en 2017, la journaliste Stéphanie Trouillard réalisait un webdoc intitulé Si je reviens un jour – Les lettres retrouvées de Louise Pikovsky et racontant la correspondance entre une lycéenne parisienne et l’une de ses profs pendant la
Seconde Guerre mondiale. Ce travail documentaire vient d’être adapté en BD.
L’album permet, à travers l’histoire de Louise, d’aborder la déportation des enfants juifs pendant la Seconde Guerre mondiale. Les dessins de Thibaut Lambert donnent toute sa beauté à la personnalité généreuse de la jeune fille. Ses traits, simples, doux, contrastent encore plus avec l’horreur de son destin.
Un dossier, composé des lettres et photos personnelles que Louise a laissées à Mme Malingrey, complète la bande dessinée et fait découvrir le sourire et les yeux clairs de Louise, ainsi que les visages de sa famille, de ses camarades. Ces documents sont conservés au Mémorial de la Shoah.
CMax, un ado américain expatrié, n’est pas vraiment heureux dans sa nouvelle vie en Belgique : ni dans sa famille, ni à l’école. Un jour, dans le sous-sol de sa maison, il découvre un Syrien de son âge. La mère et les sœurs d’Ahmed sont mortes sous les bombes ; son père a disparu lors de la traversée de la Méditerranée. La vie de Max bascule alors et sa décision est prise : il va aider Ahmed, qui risque d’être arrêté par la police. Dans un Bruxelles sous la menace d’attentats, l’amitié entre les deux garçons se nourrit de courage, de confiance, de petites victoires sur les peurs et les haines irraisonnées de certains adultes. Le danger n’abîme pas leur détermination et leur solidarité.
Dans Le garçon du sous-sol, Katherine Marsh évoque l’histoire de Ralph Mayer, un ado juif, ayant fui l’Allemagne nazie. En 1942, un avocat belge, Albert Jonnart, et sa famille l’ont caché dans leur maison de Bruxelles, jusqu’à ce qu’un voisin les dénonce en 1943. En 2015, l’autrice a vécu dans la capitale belge, avenue Albert Jonnart, avec son mari et ses enfants. Expérience et décor dont elle s’est inspirée pour écrie ce roman passionnant, documenté, bourré d’humanité et d’espoir.
Si je reviens un jour![]() Scénario de Stéphanie Trouillard, dessins de Thibaut Lambert Des ronds dans l’O 20 €, 195×265 mm, 112 pages, imprimé en Italie, 2020. |
Le garçon du sous-sol![]() deKatherine Marsh (traduit de l’anglais par Blandine Longre) Laffont «R Jeunesse 14,90 €, 135×210 mm, 438 pages, imprimé en France, 2020. |

Je râle souvent, jamais quand je lis. Petite, à la campagne, je croquais des pommes en dévorant des BD et des romans.
Aujourd’hui, à Paris, je suis journaliste dans des quotidiens pour enfants et ados. Ma curiosité reste plus forte que mes préférences… dans la vie comme dans les livres. « Je pourrai passer le reste de ma vie à lire, juste pour satisfaire ma curiosité », Malcom X.

