Aujourd’hui je vous parle de deux albums poignants autour de la relation parent-enfant. Je t’aimerais toujours : grand classique revisité avec de nouvelles illustrations et En apnée, le journal intime d’une pré-ado qui se questionne sur sa sexualité.
Maxime, onze ans, adore lire, apprendre de nouvelles choses et tient un journal intime dans lequel elle déverse ses pensées. C’est celui-ci que l’on lit, écrit sous la forme de vers libres, où Maxime raconte sa vie aux côtés de sa mère qui l’élève seule, ses journées à l’école avec Adam son meilleur ami, et surtout Chloé pour qui elle éprouve des sentiments très forts, qui la troublent beaucoup.
C’est quoi, cette vague qui lui brouille le cœur, lui trouble l’esprit ? Et pourquoi la réponse n’est-elle pas dans les livres, ces livres où, habituellement, Maxime trouve tout ? De plus, elle n’arrive pas à en parler librement avec sa mère, avec qui le dialogue est pourtant toujours facile, de peur de l’inquiéter ou pire… de la blesser.
En apnée aborde avec beaucoup de délicatesse l’homosexualité à travers un personnage hypersensible et d’une incroyable maturité. L’intensité de ses sentiments, la foule de questions qui se bousculent dans sa tête, le manque de confiance en elle et la peur d’être anormale et de décevoir : tout cela est retranscrit de manière vraiment poignante, à travers un style narratif immersif. L’autrice appuie l’impression de perte de repère qu’éprouve Maxime à travers les crises d’angoisse qui la submergent, la privent de son souffle et l’emportent très loin dans des abysses inconnus et immenses.
Une lecture qui sonne juste, sur la découverte et l’acceptation de soi.
Son tout petit bébé au creux de ses bras, une mère lui chantonne une berceuse :
« Aussi longtemps que je vivrai,
Toujours je t’aimerai.
Jusqu’à la fin des temps,
Tu seras mon enfant. »
Au fil des pages, le nourrisson devient un enfant, puis un adolescent, un adulte et enfin un parent à son tour. Que ce soit lorsqu’il est sage ou turbulent, un peu distant ou désordonné, dans ses jupes ou sur le départ, sa maman lui chante sans relâche son amour intemporel.
Jusqu’au jour où c’est au tour de ce fils devenu grand de fredonner cette comptine à son propre enfant, mais aussi à sa mère devenue vieille.
Je t’aimerais toujours est un classique de la littérature jeunesse très touchant, sublimé dans cette nouvelle édition par les tendres illustrations de Camille Jourdy. Ses images aux couleurs pastels, à l’ambiance rassurante remplie de petits détails, apportent beaucoup d’intensité à cette ode à l’amour. Le texte de Robert Munsch est très simple mais tout aussi émouvant, même si la maternité nous est inconnue.
Un bel album, accessible assez tôt, qui parle du lien indéfectible et réciproque entre un parent et son enfant, mais aussi des changements naturels qui interviennent au cours d’une vie.
En apnée![]() de Meg Graham (traduit de l’anglais par Aylin Manço) Éditions Talents hauts 14 €, 140 x 210 mm, 160 pages, imprimé en République tchèque, 2020. |
Je t’aimerais toujours![]() Texte de Robert Munsch (traduit de l’anglais par Ilona Meyer), illustré par Camille JourdyÉditions des éléphants 13,50 €, 205 x 205 mm, 40 pages, imprimé au Portugal, 2020. |

Approche de la trentaine, et en a profité pour perfectionner ces petites choses si importantes qui font un tout. Vivre les livres, dessiner et créer des trucs, pour relier le dehors au dedans. Aime la nature, les histoires qui donnent espoir, celles aux allures de vieux grimoires, les BD hypersensibles et les images colorées.
Se retrouve dans le travail de Tarmasz, de Tayou Matsumoto, de Bretch Evens.



Texte de