Qu’il s’agisse d’un vœu à exaucer ou bien d’un dilemme à résoudre, les deux albums du jour abordent la question du choix à hauteur d’enfant.
Issu d’une famille très modeste, Robin ne rêve que d’une chose : avoir un vélo comme celui de son camarade Sergio. Son anniversaire approche, mais Robin sait pertinemment que ses parents n’auront pas les moyens de lui en offrir un. Quelle n’est donc pas sa joie lorsqu’il découvre un billet tombé du sac à main d’une vieille dame ! Et de cent dollars qui plus est ! S’offrira-t-il le vélo de ses rêves ?
Indépendamment du dilemme moral auquel le jeune Robin sera confronté — et sur lequel je reviendrai plus loin —, cet album aborde avec pudeur la question de la pauvreté au sein des foyers. Il sensibilise les jeunes (et moins jeunes !) lecteurs·trices à la question de l’argent, à la modestie et aux privations dont certaines familles doivent faire preuve. Dans notre société de consommation, voilà un rappel qui ne fait pas de mal ! Mais en plus des considérations pécuniaires, cet album offre un condensé de réflexions toutes plus intelligentes les unes que les autres. En effet, le petit héros se torture les méninges pour savoir ce qu’il adviendra de ce fameux billet de cent dollars. L’utiliser pour s’offrir le vélo tant désiré ou bien le rendre à sa propriétaire ? Les lecteur·trices assistent alors au cheminement de la pensée de Robin dont l’honnêteté, rassurez-vous, primera. De même, en rendant son billet à la vieille dame, sa culpabilité sera dès lors lavée. Les illustrations au fusain, dans des tons sépia avec des touches de rouge, retranscrivent avec subtilité les émotions ressenties par le jeune narrateur et renforcent l’empathie pour ce dernier. Ainsi, le dilemme moral auquel Robin doit faire face fera assurément réfléchir petit·es et grand·es lecteur·trices, en évitant l’écueil du moralisme bien souvent insupportable et mièvre en littérature jeunesse.
Quelle est cette chose qui brille intensément au pied de l’arbre qu’une petite fille observe depuis la fenêtre de sa chambre ? C’est une pièce dorée, avec comme consigne gravée dessus : « Ne faire qu’un seul et unique vœu. » La petite fille se creuse alors les méninges pour trouver le souhait parfait. Un premier prix au concours d’équitation ? Un voyage au Japon ? Des pointes de ballerine ? Tant d’envies pour un seul vœu, c’est trop ! Si elle se renseignait auprès de celles et ceux qui l’entourent pour faire son choix ?
Les illustrations, tantôt noir et blanc, tantôt colorées, contribuent à mettre en valeur la pièce dorée, objet de toutes les attentions, ainsi que les rêves auxquels aspire chaque personne interrogée par la fillette. Cette dernière comprend alors, à force de questions, qu’elle possède tout ce qu’elle souhaite ou qu’il lui faudra patienter et grandir pour obtenir ce qui lui manque. Tandis que son camarade Benjamin désire que son père, soldat, rentre sain et sauf à la maison, ou que sa maîtresse Mme Joliette fait le vœu d’avoir une petite maison pour elle et sa famille, etc., la petite fille admet que trouver le vœu parfait est bien difficile. Et si finalement, son vœu le plus cher était que le vœu de chacun·e soit exaucé ? Un album tout en simplicité qui invite à la réflexion quant à nos désirs profonds et où l’empathie et la générosité règnent en maîtres.
Le vélo de Sergio![]() ![]() Texte de Maribeth Boelts (traduit par Christiane Duchesne), illustré par Enzo D’eux 17 €, 217×285, 44 pages, imprimé en Chine, 2023. Achetez ce livre* via LesLibraires.fr, LaLibrairie.com ou Place des libraires. |
Mon vœu le plus cher![]() ![]() Texte de Lisa Mantchev (adaptation par InTexte), illustré par Jessica Courtney-Tickle Kimane 14,95 €, 248×286, 32 pages, imprimé en Chine, 2023. Achetez ce livre* via LesLibraires.fr, LaLibrairie.com ou Place des libraires. |

Les pieds sur terre et la tête dans les nuages, Laetitia est une éternelle rêveuse qui partage sa vie entre la terre et la mer. Bien que tombée dans la marmite aux mots dès l’enfance, ce n’est que sur le tard qu’elle se découvre une passion pour la Littérature jeunesse avec un L majuscule et collectionne depuis lors les albums qui font la part belle à l’imagination et font l’éloge des mots.




