Aujourd’hui je vous propose deux albums lunaires qui vous plongeront dans deux failles spatio-temporelles… Alors préparez-vous à voyager avec deux héroïnes hautes en couleur : une musicienne stellaire dans Colombine, la violoniste spatiale de Carlos Videla et Ange Potier et une maman formidable dans La nuit tombe, maman rêve de Cécile Dumoutier, Luna Granada et Ève Gentilhomme !
Si l’on ne choisit pas sa famille, on ne choisit pas non plus ses voisin·es… Et ça, les habitant·es du village de Colombine se le répètent tous les matins, quand ils et elles entendent le violon de la jeune fille grincer ! Certain·es en viennent même à la maudire, à l’instar de M.Bombo l’astronome qui n’a qu’une idée en tête : l’envoyer jouer sur la lune… Oui mais voilà, cette idée plaît beaucoup à Colombine qui aimerait bien découvrir l’univers. Aidée de M.Bombo, la musicienne entreprend son grand projet…
Colombine, la violoniste spatiale est un album formidable qui nous plonge dans un univers léger et féérique. Carlos Videla nous conte avec sensibilité l’histoire d’une jeune fille rêveuse qui passe ses journées à jouer du violon et à boire du jus de citron avant de décider de devenir la première violoniste spatiale. Grâce à M. Bombo, Colombine va réaliser son rêve et conquérir un nouveau public. C’est un album qui nous parle de rêve, d’émancipation mais également d’amitié. Une amitié forte et intense entre deux personnages qu’au premier abord tout oppose. Mais M. Bombo comme Colombine ont tous·tes les deux la tête dans les étoiles et sont d’insatiables rêveur·euses, aventureux·euses et poètes… Les illustrations d’Ange Potier donnent vie et mouvement à cette belle histoire. Lumineuses et colorées, elles offrent à voir un univers sensible où le moindre détail est important : un verre de jus de citron pressé comme une comète. L’univers et l’espace apparaissent alors comme des eldorados à conquérir, des « nouveaux mondes » merveilleux où les jeunes filles musiciennes ont toute leur place. Colombine, la violoniste spatiale n’en demeure pas moins un album burlesque et drôle, une ode à la musique et à la fantaisie… Qui sait s’il ne fera pas naître des vocations de violoniste spatiale ?!
Tous les soirs, un petit garçon se couche, rassuré par les bras de sa maman. Mais il ne s’endort pas pour autant… Il écoute et imagine sa Super Maman en train de braver des dangers, de danser, de prendre un bain, de se faire belle, d’inviter des gens… Mais Maman est toujours là, même lorsqu’un cauchemar pointe le bout de son nez… Et ensemble, les voilà qui partent danser sur les toits de Paris, sous le regard complice du croissant de lune…
La nuit tombe, Maman rêve est un très joli hommage aux mères célibataires. Résolument optimiste, l’album de Cécile Dumoutier, Luna Granada et Ève Gentilhomme n’en demeure pas moins extrêmement juste et dépeint des situations plus ou moins complexes. Tout est vu du point de vue de l’enfant. En effet, celui-ci allongé au fond de son lit — en sécurité — imagine sa maman en action. Ainsi, l’on suit le quotidien — sublimé par le regard de l’enfant — de cette Super maman, obligé de tout gérer : les machines comme la cuisine, les cauchemars de son enfant lorsqu’elle reçoit des invité·es. L’album est poétique et magique : le bain de cette jeune mère overbooké se transforme en une mare fourmillant de poissons colorés, d’arc-en-ciel et de fleurs. Les autrices redonnent une identité à toutes ces jeunes femmes seules contraintes de tout concilier : vie de femme mais aussi de mère. Les illustrations nous plongent dans un univers coloré. Elles dépeignent un appartement de banlieue parisienne chaleureux et rassurant, qui, aux yeux du petit garçon, et grâce à sa maman, se transforme en un foyer bariolé et fourmillant de détails. Ici, des fleurs en forme de cœur poussent dans un pot, là des rideaux à pois rouge et blanc permettent de faire une frontière entre le monde extérieur, parfois violent et l’intérieur rassurant… Et là, un garçonnet s’endort dans une chambre douillette, tranquillisé par la présence de sa super maman !
Colombine, la violoniste spatiale![]() ![]() Texte de Carlos Videla (traduit de l’espagnol par Anne-Sophie Vignolles), illustré par Ange Potier L’étagère du bas 15 €, 288×196 mm, 44 pages, imprimé en France, 2020. Achetez ce livre* via LesLibraires.fr, LaLibrairie.com ou Place des libraires. |
La nuit tombe, Maman rêve![]() ![]() de Cécile Dumoutier, Luna Granada et Ève Gentilhomme La tête ailleurs 15 €, 205×261 mm, 52 pages, imprimé en France, 2020. Achetez ce livre* via LesLibraires.fr, LaLibrairie.com ou Place des libraires. |

Née au début des années 90s, tour à tour professeure, amoureuse de la vie, de la littérature, de la musique, des paysages (bourguignons de son enfance, mais pas que…), des films d’Agnès Varda, des vers de Cécile Coulon et des bulles de Brétecher. Elle a fait siens ces mots de Victor Hugo “Ceux qui vivent ce sont ceux qui luttent”.




