Rien de plus facile à dire
Ni de plus difficile à faire
Que de lâcher prise.
— Taneda Santoka
Le haïku est une forme poétique calligraphiée et très codifiée d’origine japonaise. Il s’agit d’un petit poème, extrêmement bref, visant à traduire l’évanescence des choses. Nombre de poètes et de poétesses, nommé·es haijins, s’y sont essayé·es. Je vous invite à découvrir quelques un·es d’entre elleux à travers deux recueils particulièrement beaux, riches et inspirants.
À la lumière des maîtres du genre et d’œuvres d’enfants récoltées ces vingt dernières années, ce recueil propose de s’initier à l’art du haïku, ce bref poème venu du Japon.
Dans cet ouvrage, à la fois récit d’initiation, livre-atelier, anthologie, et bien plus encore, les lecteurs et les lectrices découvrent ou redécouvrent avec plaisir la plume vive, légère, sincère, sensible et poétique de Thierry Cazals, agrémentée de quelques illustrations — combinaison originale de peinture acrylique et de fils soigneusement cousus ou brodés — qui ajoutent à la poésie du recueil. Sont alors décrites, avec minutie et amour aussi, toutes les facettes du haïku, cette fameuse forme très concise, venue du Japon, composée de trois vers. Dès lors, ce livre devient en soi une invitation au voyage, à la méditation, à la contemplation, à la réflexion, aux beaux mots pour qui saura arrêter le temps, quelques instants, pour le savourer, et à l’écriture. En effet, dans cet ouvrage, le lecteur et la lectrice deviennent actif·ves : « Un haïku est une invitation à sortir de notre bulle et reprendre contact avec la vie en direct ».
Iels sont invité·es à : « Écrire des haïkus [car] c’est repartir à zéro. Redécouvrir le monde avec un œil tout neuf », à retrouver leur densité d’existence dans chaque chose, même la plus futile, que de remplir la page. Iels sont également — quelle originalité ! — invité·es à écrire au sein de l’ouvrage afin de découvrir l’essence même du haïku plutôt que d’en respecter scrupuleusement les codes. D’ailleurs, de même que le vide est présent dans toutes choses (dans le cosmos comme dans la coquille d’escargot), il y a une grande place au vide dans ce recueil. Ainsi, on se plaira à découvrir des pages entièrement « blanches » ou quelques lignes vierges sur lesquelles les lecteurs et lectrices auront loisir à décrire, écrire sur la fulgurance de l’instant, de l’émotion, sur ce qui les entoure. Un livre, vous l’aurez donc compris, qui invite à lire, certes, mais aussi à ressentir, observer, admirer, s’aventurer dans l’inconnu, écrire, gommer et ré-écrire. Un ouvrage, à mon sens essentiel, à partager avec les plus petit·es comme les plus grand·es car « La beauté du haïku ricoche à travers les âges et les frontières ». Alors, n’oubliez pas, un poète ou une poétesse sommeille, assurément, en chacun·e de vous. À vous de savoir savourer l’instant présent, de ressentir le monde profondément, d’en saisir l’évanescence ou la permanence et de laisser courir le crayon sur la feuille de papier… À vos carnets petit·es et grand·es haïjins, car « Tout peut devenir poème. Vraiment tout. » !
À noter que cet ouvrage existe en deux versions papier : brochée « Petit Scarabée » et cartonnée « Sensei »
Cet ouvrage compile 40 haïkus, soigneusement sélectionnés, issus du patrimoine poétique japonais. On retrouve ainsi les grands noms d’haijins les plus célèbres, Issa, Buson ou encore Basho. Au fil des saisons, les lecteurs et lectrices découvrent ce genre à la portée des enfants, idéal pour appréhender ce qu’est la poésie dès le plus jeune âge. Ils sont, en effet, une excellente initiation à l’observation du monde et les sensibilisent à la sonorité des mots. Il les convie à savourer la beauté de l’instant en toutes saisons. Faune et flore, émotions, tout est retranscrit dans ces 3 vers qui contiennent toute la poésie du monde. Les illustrations aux tons pastel de Mickaël Jourdan, entre contemplation et souci du détail, accompagnent ces brefs poèmes de manière subtile et tout aussi poétique. « Il suffit de les nommer pour que les choses se mettent à exister, à danser, à chanter, à rire. » rappelle Guy Goffette qui dirige la collection « Enfance en poésie » dans laquelle s’inscrit ce recueil, en guise d’exergue. Un petit recueil dans un petit format souple et au petit prix qui saura ravir petit·es et grand·es poètes et poétesses en herbe.
Des haïkus plein les poches![]() ![]() Texte de Thierry Cazals, illustré par Julie Van Wezemel CotCotCot éditions, dans la collection Écrire et lire deux fois 14,50 €, 152×210 mm, 255 pages, imprimé en Belgique, 2019. Achetez ce livre* via LesLibraires.fr, LaLibrairie.com ou Place des libraires. |
Haïkus, petits poèmes pour tous les jours![]() ![]() Texte de collectif (traduit du japonais par Corinne Atlan et Zéno Bianu), illustré par Mickaël Jourdan Gallimard jeunesse, dans la collection Enfance en poésie 7,50 €, 165×186 mm, 28 pages, imprimé en France, 2022. Achetez ce livre* via LesLibraires.fr, LaLibrairie.com ou Place des libraires. |

Les pieds sur terre et la tête dans les nuages, Laetitia est une éternelle rêveuse qui partage sa vie entre la terre et la mer. Bien que tombée dans la marmite aux mots dès l’enfance, ce n’est que sur le tard qu’elle se découvre une passion pour la Littérature jeunesse avec un L majuscule et collectionne depuis lors les albums qui font la part belle à l’imagination et font l’éloge des mots.


