Dans les deux livres que je vous présente aujourd’hui, nous suivons des héros et héroïnes qui sont obligé·es de se cacher dans la nature et les villages reculés.
Hannah est une Oreille. Cela signifie qu’elle entend la nature, dans ses bruissements, ses chants d’oiseaux et ses cours d’eau. C’est un don rare, qui l’isole du reste de son village. Heureusement, son père adoptif est là pour elle. Mais quand Sixte, le dictateur qui a pris le contrôle des Cinq Vallées, le fait assassiner avec d’autres résistant·es, Hannah doit prendre la fuite. Commence alors une quête difficile où la jeune fille, pour aider son peuple, devra percer le mystère de ses origines.
Halanga : Les mangeurs de pierre est le premier tome d’une duologie écologique où la nature occupe une place à part entière. Je l’ai trouvé passionnant. L’univers est riche, varié, et les personnages qui l’habitent ont tous une particularité qui les rend uniques et attachants (ou détestables). On découvre au fur et à mesure des chapitres une histoire complexe, ne laissant jamais les lecteur·rices sur le côté, au contraire, on se sent impliqué·e. La plume est fluide, claire et immersive. Les descriptions de la nature, en particulier, permettent de se sentir véritablement transporté·e. Un beau roman d’aventures !
Van, prisonnier de ses ennemi·es qui ont gagné la guerre, travaille pour elleux dans une mine de sel aux confins du pays. Quand la mine est attaquée par une meute de loups porteurs d’une terrible maladie, il parvient à s’enfuir. Mais il s’est fait mordre par l’un·e des canidé·es lors de l’attaque. Défiant tous les pronostics, Van survit à sa blessure et développe même, grâce à elle, une sorte de pouvoir surnaturel. Ce pouvoir lui permet de sauver Yuna, une petite fille qu’il va vite prendre sous son aile. Cependant, les deux fuyard·es, et Van en particulier — on apprend rapidement qu’il n’est pas n’importe qui dans le paysage géopolitique de leur monde —, sont pris en chasse.
J’ai été happé par Le Roi Cerf, premier tome (sur deux) d’une histoire de fantasy magnifiquement dessinée. Deux points m’ont particulièrement touché. Tout d’abord, la relation que Van et Yuna développent est très belle et attendrissante. La candeur tout enfantine dont fait parfois preuve Yuna permet de relâcher la pression d’un manga qui serait autrement très sombre. Les deux personnages sont très seuls, et leur rencontre leur permet de recréer une forme de famille.
Ensuite, j’ai beaucoup apprécié le lien que Van entretient avec la nature et en particulier les « pyuika », de majestueux·ses cervidé·es que seul son clan sait approcher. De nature insaisissable, loin de toute forme de domestication, les pyuika sont pourtant d’excellentes montures, auxquelles on peut faire confiance. La beauté des relations, que ce soit entre humain·es ou avec les animaux, est ce qui m’a vraiment plu dans cette lecture — je dois reconnaître que les intrigues politiques, sur fond de guerres de pouvoir, m’ont paru compliquées et pas forcément accessibles. C’est donc plus pour ses personnages et pour son superbe trait que je vous recommande le premier tome du Roi Cerf. À noter que cette histoire existe aussi sous forme de film d’animation.
Halanga — T1 — Les mangeurs de pierre![]() de Katrina Kalda Syros 17,95 €, 155×226 mm, 416 pages, imprimé en France, 2023. Achetez ce livre* via LesLibraires.fr, LaLibrairie.com ou Place des libraires. |
Le Roi Cerf — T1![]() de Taro Sekiguchi et Nahoko Uehashi (traduit du japonais par Jean-Philippe Dubrulle) Casterman, dans la collection Sakka Seinen 9,45 €, 133×181 mm, 300 pages, imprimé en France, 2022. Achetez ce livre* via LesLibraires.fr, LaLibrairie.com ou Place des libraires. |

Jeune homme aimant la littérature jeunesse, les cartes Pokémon et les animés. Pour résumer son attachement à la lecture, il aime citer Stéphane Servant : « Les livres sont des terriers / Les livres sont des phares. Il y brûle de petits feux / Qui me tiennent le cœur au chaud / Quand il pleut sous mon toit. »

