Après la carte de vœux, cinq beaux albums pour vous souhaiter des petits détails qui enrichissent l’instant qui passe, de la beauté qui nous aide à affronter le monde, de ne pas être des moutons, des idées folles et de belles amitiés.
Un camion roule sur une petite route de campagne. Il s’arrête auprès d’une falaise, un homme en sort, contourne le véhicule et vient ouvrir l’arrière. Des oiseaux de toutes les couleurs s’en échappent… mais un tout petit oiseau n’ose pas sortir, il n’ose pas s’envoler. Un petit grain de sable, un détail, qui fait que tout ne se déroule pas comme prévu. D’ailleurs, vraiment rien ne se passera comme prévu.
Sorti en 2010, je viens de découvrir cet album de Germano Zullo et Albertine et d’en tomber amoureux. Mais quelle beauté ! Quel bijou ! C’est un ouvrage difficile à raconter, à décrire. Il vaut mieux le lire, je dirai même qu’il FAUT le lire. On y parle de liberté, de partage, d’amour, de différence, de ces petites choses qui remplissent nos vies, ces petits grains de sable qui nous font prendre un autre chemin, qui changent nos destins. Et de tant d’autres choses encore ! L’album a d’ailleurs eu le prix sorcière en 2011.
Un des plus beaux albums que j’ai lu ces dernières années, un petit bijou signé par deux grands noms de la littérature jeunesse, Albertine et Germano Zullo.
Au centre de la ville s’élevait un arbre bleu. Un arbre si beau qu’il inspirait les habitants, ils vivaient avec lui, il faisait partie de leurs vies. L’arbre s’infiltrait partout, passant par les fenêtres, et rendait le monde heureux. Seulement un jour, le roi dû se baisser pour passer sous une branche, cela le mit en colère et lorsqu’il vit qu’en plus cela faisait rire les gens il décida de faire abattre l’arbre.
L’arbre bleu est un album magnifique, tant dans le texte que dans les illustrations. On parle ici de ces bonheurs qui embellissent nos vies, ceux qui ne coûtent rien, mais dérangent les puissants. On peut voir ici la censure (et voir à travers l’arbre bleu la littérature ou la musique, par exemple), on peut y voir la dictature (d’autant que l’auteur est né en Iran). On y voit surtout l’importance de la beauté dans nos vies, de l’art et le fait de résister pour défendre tout ça.
Un album très fort, avec peu de mots, pour rappeler l’importance de ces arbres bleus qui embellissent nos vies.
On n’est pas des moutons qui suivent les autres sans réfléchir. On n’est pas des fourmis qui travaillent pour la reine, jamais pour nous. On n’est pas des cochons qu’on engraisse. On n’est pas des carpes qui restent muettes. On est nous, et c’est très bien comme ça !
On n’est pas des moutons ! Voilà ce que revendiquent Yann Fastier et Claire Cantais. Après On n’est pas des poupées, On n’est pas des super héros (deux livres antisexistes regroupés en un seul ouvrage depuis) et On n’est pas si différents (sur les préjugés liés au handicap), La ville brûle propose donc un ouvrage pour nous rappeler l’importance d’être nous-mêmes, de ne pas subir sans rien dire, de ne pas nous engraisser de malbouffe, de ne pas obéir sans réfléchir… C’est plein d’humour et ça amène à la réflexion, au débat, typiquement le genre de livre qui peut être un support pour discuter en classe (mais il se lit aussi parfaitement en famille !).
Un album pour se rappeler qu’être nous c’est le plus important.
Il y a les idées simples, les idées compliquées, mais aussi les idées brisées, les rouges, les tristes, celles qui bousculent… Il y a les idées qui se tiennent sur le rebord de l’évier ou celles, perdues, qui sont sur la dernière marche de l’escalier. Les idées folles, les folles idées.
La poésie des mots de Ramona Bădescu et celle des dessins de Walid Taher, voilà un beau mariage ! Et comme Mes idées folles est sorti dans la belle maison Le port a jauni, ça veut dire beau papier, texte bilingue français arabe (d’ailleurs, l’ouvrage se lit dans le sens de lecture inverse au notre). On parle donc ici des idées qui se bousculent, des idées qui ne nous laissent pas tranquilles, Mais aussi celles qui nous font avancer.
Encore un magnifique ouvrage dans une maison d’édition dont on aime décidément beaucoup les choix éditoriaux.
Un Indien et un ours étaient amis. Ensemble, ils pêchaient. Ils répartissaient équitablement le résultat de leur pêche, chacun la moitié. Pourtant, d’après ce qu’avait dit le renard à l’ours, ce n’était pas équitable, puisqu’il avait besoin de bien plus de poisson pour être repu. Pourtant un vieil homme avait dit à l’indien que ce n’était pas équitable, car la pêche de l’indien servait à tout le village. Qui avait raison ?
Hyacinthe Reisch, qu’on avait découvert avec Debout sur l’eau, nous parle ici d’amitié et de la façon dont nous sommes perméables aux avis extérieurs. L’ours et l’homme s’entendent à merveille, mais parce que leur entourage leur dit qu’ils se font avoir par leur ami, ils vont se poser des questions, remettre en cause leur amitié. Si l’histoire est très belle, et pleine de sens, c’est surtout les illustrations qui frappent. Hyacinthe Reisch a une façon d’illustrer (au pinceau et à l’encre de Chine) des plus originales, délicates et esthétiques (quelques extraits ici).
Un bel album sur l’amitié, le partage et le fait qu’il faut parfois plus écouter son cœur que son entourage.
Les Oiseaux![]() ![]() Texte de Germano Zullo, illustré par Albertine La joie de lire 14,20 €, 210×210 mm, 68 pages, imprimé en Chine, 2010. |
L’arbre bleu![]() ![]() d’Amin Hassanzadeh Sharif (traduit par Florence Camporesi) Passepartout 16 €, 216×297 mm, 32 pages, imprimé en Italie chez un imprimeur éco-responsable, 2016. |
On n’est pas des moutons !![]() ![]() Texte de Yann Fastier, illustré par Claire Cantais La ville brûle dans la collection Jamais trop tôt 13 €, 170×240 mm,44 pages, lieu d’impression non indiqué, 2016. |
Mes idées folles![]() ![]() Texte de Ramona Bădescu (traduit par Georges Daaboul), illustré par Walid Taher Le port a jauni 15 €, 220×220 mm, 52 pages, imprimé en France, 2016. |
Un Peu Plus Loin Ensemble![]() ![]() de Hyacinthe Reisch Le Chineur 13,50 €, 230×160 mm, 36 pages, imprimé en Pologne chez un imprimeur éco-responsable, 2016. |

Aimait la littérature jeunesse bien avant d’avoir des enfants mais a attendu d’en avoir pour créer La mare aux mots. Goût particulier pour les livres pas gnangnan à l’humour qui pique !


