Emmitouflez-vous dans un plaid bien chaud et lisez ces trois livres hivernaux à vos enfants. Le premier livre vous entraînera à la découverte de la première neige, le deuxième livre vous fera jouer en compagnie de renards et le dernier vous plongera dans la magie d’un Noël enneigé.
Par un matin d’hiver, au réveil, Peter découvre que la neige a recouvert la ville. À peine son petit-déjeuner pris, il s’habille chaudement et part à la découverte de ce monde immaculé. Laisser des traces dans la neige, la faire tomber des arbres avec un bâton, glisser… Que d’aventures pour Peter, aujourd’hui ! De retour à la maison, il n’y a plus que la neige qui occupe son esprit.
Les éditions des Éléphants rééditent ici un classique de la littérature américaine. Bien que paru pour la première fois, il y a presque soixante ans, on pourrait le croire tout juste édité, tant le sujet évoqué est universel. Qu’on soit un·e petit·e Américain·e dans les années 1960 ou un·e petit·e Européen·ne dans les années 2020, le plaisir de la première neige reste le même. Mettre ses pieds dans la neige, c’est solliciter ses cinq sens, comme les tout-petits savent très bien le faire. Voir le blanc envahir l’espace, entendre sa chaussure crisser sous la neige, sentir le froid sur ses mains… Autant de petits bonheurs simples offerts par la nature que le récit met à l’honneur. Pour le travail d’illustration, l’artiste mélange gouache, papiers découpés et collages, donnant ainsi dynamisme et relief à l’ouvrage. Ces caractéristiques sont aussi apportées par l’utilisation de la couleur : le blanc de la neige s’oppose aux couleurs vives de la ville. D’ailleurs, le petit garçon dans son vêtement rouge nous apparaît tel un lutin. On pourrait même dire un lutin solitaire, car comme dans beaucoup de livres sur cette thématique, les adultes sont très peu présents, laissant toute la place aux joies enfantines.
Un livre tout carton accessible à tous et à toutes, dès le plus jeune âge.
Cinq petits renards s’amusent dans la neige. Un à un, ils roulent jusqu’à disparaître totalement du paysage. Mais où sont-ils passés ?
Ce livre est une adaptation de la célèbre comptine « Ils étaient cinq dans le nid », souvent chantée dans les écoles maternelles. Le livre comme la comptine permettent de comprendre de manière ludique et implicite la décomposition du nombre 5. Si les petits renards étaient 5 au départ et que l’un d’eux disparaît, ils ne sont plus que 4. 4 renards qui sont dans la neige plus 1 qui a disparu, cela fait bien 5. Un jeu d’enfant, me direz-vous ! Tout à fait, puisque dans ce livre, les renards s’esquivent, un à un au fur et à mesure que la comptine s’égrène, à l’aide d’un système de tirettes. Le livre est tout carton, ce qui le rend très solide et permet par conséquent aux enfants de le manipuler à volonté. Les illustrations sont très épurées : seuls les renards orangés apparaissent sur différents plans dans un univers immaculé, donnant ainsi toute la place au jeu de comptage. Au-delà de l’aspect mathématique, ce sont des thématiques caractéristiques de la petite enfance qui sont évoquées ici : le jeu, la séparation, les retrouvailles. Caché, trouvé ! Enfin, le recours aux renards comme personnages principaux rend l’ouvrage complètement irrésistible (d’ailleurs, pourquoi nous attendrissons-nous autant sur ces animaux ?!)
Cet ouvrage s’inscrit dans la continuité de Cinq dans le lit paru en 2018 qui reprenait déjà cette comptine, ainsi que le procédé de tirettes.
Demain, c’est Noël. Lucie et son frère Ulysse, le nez collé à la fenêtre, espèrent qu’il va neiger, mais pour le moment, rien ne semble tomber du ciel. Les seuls flocons qui volettent sont ceux de la boule à neige que Lucie vient de recevoir dans un colis envoyé par sa marraine d’Islande. La fillette, complètement émerveillée par l’objet qui a l’air de représenter sa maison, a du mal à trouver le sommeil. Elle s’amuse donc à secouer la boule. C’est alors que, comme dans un rêve éveillé, la neige se met à tomber dans l’habitation, la transformant en un véritable terrain de jeu. Mais neigera-t-il vraiment pour Noël ?
Retourner une boule à neige, c’est comme ouvrir un livre de Sybille Delacroix : l’imaginaire s’envole. Dans Rêve de neige, la frontière entre rêve et réalité devient floue. Le temps d’un songe, Lucie et Ulysse semblent habiter l’objet. Tout est alors permis : réaliser un bonhomme de neige dans sa chambre ou même faire de la luge dans l’escalier enneigé. Les deux enfants paraissent liés par un fort amour fraternel. Leur connivence et leur espièglerie se lisent dans les dessins de l’artiste. D’ailleurs, j’avoue un vrai coup de cœur pour les illustrations de Sybille Delacroix, où le noir et blanc d’un monde onirique et enneigé se trouve rehaussé de touches rouges symbolisant Noël. Si vous appréciez le coup de crayon, amusez-vous à ouvrir la couverture en grand et vous verrez apparaître une belle illustration grand format.
Un livre pour plonger petit·es rêveur·euses et grand·es nostalgiques dans la magie de Noël.
Jour de neige ![]() d’Erza Jack Keats (traduit de l’anglais par Ilona Meyer et Caroline Drouault) Les éditions des Éléphants 12 €, 170×161 mm, 32 pages, imprimé en Espagne, 2021. Achetez ce livre* via LesLibraires.fr, LaLibrairie.com ou Place des libraires. |
Roule Renard![]() de l’Atelier Saje Didier jeunesse 12,90 €, 164×282 mm, 16 pages, imprimé en Malaisie, 2021. Achetez ce livre* via LesLibraires.fr, LaLibrairie.com ou Place des libraires. |
Rêve de neige![]() de Sybille Delacroix Bayard jeunesse 11,90 €, 237×265 mm, 28 pages, imprimé en France, 2021. Achetez ce livre* via LesLibraires.fr, LaLibrairie.com ou Place des libraires. |

Fille des années 80, amoureuse des livres depuis toujours. La légende raconte que ses parents chérirent le jour où elle sut lire, arrêtant ainsi de les réveiller à l’aube. Sa passion des livres, et plus particulièrement des livres jeunesse, est dévorante, et son envie de partage, débordante. Elle est sensible aux mots comme aux images, et adore barboter dans les librairies et les bibliothèques. Elle aime : les albums au petit goût vintage et les romans saisissants, les talentueux Rebecca Dautremer et Quentin Gréban, les jeunes pousses Fleur Oury et Florian Pigé, l’humour d’Edouard Manceau et de Mathieu Maudet, les mots de Malika Ferdjoukh et de Marie Desplechin.




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