Aujourd’hui, je vous propose une sélection de films qui sortent en salle et de DVD.
Alors qu’il est en train de dormir au soleil, en maillot de bain, sur sa chaise longue, un lutin voit d’un coup un nuage obscurcir le ciel. Ni une, ni deux, le voilà qui commence à tout clouer chez lui et autour.
Mais qui bondit comme ça dans la mare ? Surement la responsable des œufs que l’on voit au fond de l’eau… oh, mais d’ailleurs il se passe quelque chose avec ses œufs, voici qu’en sortent des têtards… et bientôt des pattes apparaissent. Mais l’un d’eux semble ne pas évoluer comme les autres.
C’est l’histoire d’une escargote qui rêvait de voyager. De son rocher, elle regardait les bateaux et rêvait d’embarquer. Mais ce n’était pas si facile et là fois où elle avait tenté elle avait failli y passer… Les autres escargot·es tentaient de la décourager, mais l’escargote n’était pas du genre à abandonner si facilement ! Elle eut une idée, grâce à la trace qu’elle laissait en avançant, elle inscrivit une petite annonce sur son rocher, afin de trouver quelqu’un qui l’aiderait à accomplir son rêve… Une baleine à bosse arriva bientôt.
Tout commence par un court-métrage extrêmement drôle, dont la chute (et même l’esprit tout au long de l’histoire) fera rire toute la famille. Puis une histoire sur la différence (sujet ô combien traité en littérature jeunesse et au cinéma pour enfant, mais ici il est traité d’une façon vraiment originale tant sur la forme que sur le fond) filmée en décors réels et bourrée d’humour. Enfin, on retrouve donc La Baleine et l’escargote, qui donne le titre au programme. Adapté de l’album éponyme de Julia Donaldson et Axel Scheffler, il fait suite aux courts-métrages adaptés du Gruffalo ou de La sorcière dans les airs. Dans ce court-métrage de 27 minutes, qui nous raconte une belle histoire d’amitié, il sera question d’oser. Oser partir à l’aventure, oser faire quelque chose que les autres nous disent impossible. On nous rappellera aussi que même les plus petit·es peuvent faire de grandes choses. Les décors sont somptueux, grâce à cette grande aventure, on va nager avec les poissons, échapper aux requins, affronter les orages, découvrir les fonds marins, rencontrer des dauphins ou encore découvrir des lieux paradisiaques. De l’aventure, du suspense, de l’humour, de la poésie, de la défense animale, des décors somptueux… Voilà un film à aller voir au cinéma (il sort demain).
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Leipzig en RDA, 1989. Dans une cabane perchée dans les arbres, Sophie et Fritzi s’amusent. Elles prennent du bon temps, car elles savent qu’elles vont être séparées pendant deux semaines, et ça leur semble long. Sophie part dès le lendemain matin en Hongrie. Sauf que le séjour durera plus longtemps que prévu…
Dans Fritzi, qui sort au cinéma le 4 novembre, il est question du mur de Berlin. Ce long métrage adapté pour les enfants à partir de 7-8 ans (un peu plus pour bien tout comprendre) met en scène deux enfants séparées par le mur. Même si le film commence par un « halte où je tire ! » suivi d’un coup de feu, le film n’est jamais dur, tout en racontant avec réalisme (à hauteur d’enfant) cette période de l’histoire et l’absurdité de ce mur.
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Un bec, un œil, des pattes… un étrange animal s’avance. Le voilà qui tente bientôt d’attraper une petite bête rampante… ce qui le conduit à rencontrer certains de ses congénères…
Enfermé dans sa cage qui flotte au beau milieu de la mer, un oiseau regarde un bateau qui est en train de sombrer. Sous lui, un baleineau nage et s’émerveille des objets qui tombent devant ses yeux. Bientôt, ces deux-là se rencontrent…
La tempête arrive, un marin sonne l’alarme et tout le monde rentre chez soi. Même les animaux se mettent à l’abri. Un écureuil, qui n’a pas trouvé mieux, se retrouve dans un nid où il y a des œufs. Bientôt, un oisillon sort de l’un des œufs.
Mais quelle beauté ! Ce troisième court-métrage, L’odyssée de Choum (qui donne son nom au programme) est extrêmement beau, on croirait voir les dessins de Sébastien Pelon s’animer ! C’est lumineux, coloré. Les aventures de cet oiseau sont toutes mignonnes (sans tomber dans la mièvrerie). C’est plein de suspense, bourré de rebondissements et ça permet de faire connaissance avec des tas d’animaux (Choum va croiser un crocodile, une loutre, des lucioles et même des humain·es). Ici, il sera rappelé que la place des animaux est dans la nature. Ce petit bijou est donc précédé de deux très jolis courts. Le premier, graphiquement très original, nous raconte l’histoire d’un oiseau, le second est un très beau dessin animé qui parle de l’amitié, mais aussi de la mort, de façon extrêmement poétique.
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Jacob doit partir à Maskatchka chez son oncle et sa cousine parce que son père doit effectuer un déplacement pour son travail. Mais en arrivant dans l’appartement qu’il va devoir occuper toute la semaine, il découvre un oncle qui le reçoit en caleçon et dit être pirate sans travail et une cousine menteuse et arrogante. Pas facile de se faire à ce quartier qu’il trouve sale et puant et à cette famille bizarre où la fille passe l’aspirateur sur son père. Pour s’évader, il dessine… mais ce que Jacob dessine se réalise, alors il n’aurait peut-être pas dû dessiner un immense gratte-ciel dans Maskatchka, car voilà bientôt les ouvriers qui débarquent afin de détruire le parc qu’aimait tant Mimi, la cousine de Jacob…
On avait déjà parlé de Jacob et les chiens qui parlent lors de sa sortie en salle, il sort en DVD donc je me permets de remettre ici cette chronique sur ce film graphiquement très réussi (le dessin fait plus penser à des albums jeunesse qu’on aime qu’à des dessins animés habituels) qui parle aussi d’entraide, de combattre pour ses idées, de se battre contre les grosses compagnies (et ici, ce sont les enfants qui veulent ouvrir les yeux des adultes quant aux questions environnementales, on pensera forcément à l’actualité !). Si l’histoire est décalée (à travers cet étrange tandem père-fille, mais aussi les dessins qui se réalisent ou les chiens qui parlent, comme l’annonce le titre), elle n’en reste pas moins très réaliste. C’est extrêmement rythmé (de nombreuses intrigues rythment le récit), il y a un vrai suspense et adultes comme enfants passent un bon moment. Et l’on n’a pas trop l’occasion de voir des films lettons !
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Le toréro s’avance dans l’arène et bientôt voici le taureau qui le rejoint… mais les choses ne vont pas se passer comme il pensait ! Heureusement pour lui, l’équipe de secours est prête à intervenir.
Des rats vivent sur le célèbre bateau du Vasa Museet, à Stockholm. Comment les attraper puisque le piège ne fonctionne pas et que le chat en a peur ? Et si la solution c’était l’équipe de secours ?
Un ballon de foot qui heurte la tour de Pise et la voilà qui penche plus que d’habitude… et risque de s’effondrer. Mais, ouf, l’équipe de secours est là !
À cause d’oiseaux farceurs, il n’y a plus de lumière dans le bureau du gardien de la tour Eiffel, mais celui-ci sait tout de suite qui appeler. Qui ? Mais l’équipe de secours bien sûr !
Alors qu’elle sort de chez elle, la reine d’Angleterre, accompagnée de ses célèbres corgis, voit les aiguilles de l’horloge de Big Ben s’arrêter. Vite, elle file dans une cabine téléphonique appeler la fameuse équipe de secours !
Je dois admettre que je suis assez partagé sur L’équipe de secours, en route pour l’aventure ! qui vient de sortir chez Arte éditions. Si les histoires sont loufoques et bourrées d’humour et nous permettent de découvrir cinq pays d’Europe (bon avec tout de même une sacrée accumulation de clichés), et si c’est très réussi esthétiquement parlant avec ces personnages en pâte à modeler, j’ai été très gêné (et c’est peu de le dire) par le fil rouge à savoir des touristes japonais. Ils prennent des photos tout le temps, forcément ils visitent toutes les capitales à toute vitesse, l’un d’eux porte un « chapeau chinois » (vous avez déjà vu des touristes asiatiques avec ce chapeau ?) et crie « banzai ! », ils portent des sacs Suzuki, etc., etc., comment peut-on mettre autant de clichés dans des personnages ? Ajoutez à ça la corrida dans le premier court, j’avouerai que ça m’a un peu gâché mon plaisir de regarder ces (pourtant sympas) courts-métrages venus de Lettonie.
Un couple de girafes et leur petit girafon sont en vacances en forêt et si les parents aimeraient un peu de quiétude, l’enfant, lui, vit des aventures remuantes !
C’est le dernier jour de l’automne, tous les animaux sont sur la ligne de départ sur leurs deux roues, la course va commencer et tout le monde est prêt à s’élancer ! Le départ est donné, tout le monde démarre… à son rythme !
Sur la route vers sa nouvelle maison, Zibilla voit un lion… A-t-elle rêvé ? Très vite, elle rencontre son nouveau voisin qui est bien étonné de voir ce cheval à rayures. Zibilla lui explique qu’elle est un zèbre et qu’elle a été adoptée.
Là encore, deux petits courts-métrages (12 et 7 minutes) et un plus long (26 minutes) pour un très joli programme adapté aux enfants dès 4 ans. Les trois courts-métrages parlent d’entraide, mais dans certains il sera aussi question d’adoption, du harcèlement scolaire, de la liberté des animaux (dans Zibilla, on parle de cirque sans animaux, un lion enfermé sera libéré), mais surtout de racisme. Dans le premier, Tout là-haut, le girafon est accusé de manger la nourriture de ceux qui vivent là et de prendre leur travail, on lui dit qu’il doit rentrer dans son pays… Dans Zibilla, la petite zèbre est rejetée parce qu’elle n’est pas un cheval, qu’elle a été adoptée. Mais ces thèmes sont abordés avec intelligence et finesse. Un très joli programme.
« La cabane à histoires, c’est un joli perchoir, on n’y conte la vie de tous nos ami·es » comme le dit le générique de cette super série qui met les livres jeunesse à l’honneur. Des enfants se retrouvent dans une cabane et les situations sont prétextes à lire des albums (Lucien a fait un cauchemar ? Lisons Le cauchemar de Gaëtan Quichon ! Deux personnages pressent un troisième de sortir ? Les voilà qui lisent Vite, Vite, Vite !…). Les enfants se reconnaissent dans ces personnages et auront, eux aussi, envie de lire des histoires qui leur ressemblent. Au-delà de donner envie de découvrir ces albums, c’est une super série pour donner le goût de la lecture, l’envie de lire. Seul bémol, le manque de diversité éditoriale (sur 14 histoires, 5 sont des adaptations de L’école des loisirs !), mais ne boudons pas notre plaisir et regardons en famille cette super série où les illustrations des livres s’animent (et c’est extrêmement réussi, ça garde bien les traits, l’univers des illustrateur·rices), en espérant juste que les créateur·rices fassent aussi bientôt découvrir des petites maisons d’édition qui regorgent de trésors et l’on bien besoin, elles aussi, de mise en lumière.
Ariol et Ramono sont en train de vendre des tartelettes à la foire de Saint Ampoire où ils passent leurs vacances quand on annonce un bal… Ariol a hâte d’y être !
Aujourd’hui, Ariol fait la connaissance de l’oncle de Ramono, un tonton qui « fait du bio ». Avec lui, Ariol et Ramono partent livrer les clientes qui attendent leurs courses… Leur journée va être rythmée par des rencontres en tout genre.
Si vous connaissez Ariol, vous savez qu’il est amoureux de Pétula. Imaginez quand la mère de Pétula l’invite chez elle… Il ne cache pas sa hâte, mais heureusement que le Chevalier Cheval est là pour l’aider à combattre son stress. Mais les choses se passeront-elles comme prévu ?
Dans le dernier DVD d’Ariol, ce sont de grandes aventures qui sont proposées (3 épisodes de 24 minutes), et quel bonheur de retrouver l’âne, que les enfants adorent, dans un format plus long que d’habitude. Comme toujours, c’est hyper rythmé (notamment grâce aux supers chansons) et bourré d’humour. Les enfants aiment les aventures d’Ariol, car il leur ressemble (et les parents rient, car ça leur rappelle leurs enfants). Ça sonne vraiment juste, on rit des situations, des répliques d’Ariol et Ramono et leurs bêtises. En bonus sur le DVD, cinq clips pour retrouver des chansons que les enfants aiment tant.
C’est l’hiver. La neige recouvre les maisons de Pat et Mat, deux amis qui vivent côte à côte. C’est le moment de décorer la maison et de préparer un gâteau… Mais ce n’est pas si facile !
L’un déblaye la neige pendant que l’autre regarde le hockey. Mais le premier frappe à la porte du second… qui met un peu trop de temps à ouvrir et retrouve son camarade congelé.
C’est jour de ménage chez Pat et Mat et quand l’un de nos compères tombe sur une boîte de photos (ou plutôt l’inverse) il décide d’en faire une nouvelle ! Mais avec Pat et Mat les choses ne sont jamais simples.
Garder le papier cadeau d’une année sur l’autre pour le réutiliser c’est une bonne idée… mais pas toujours facile à mettre en place !
Pat et Mat pensaient que le printemps était là… mais c’est encore un peu tôt ! Un manteau de neige recouvre bientôt le sol… et si c’était le moment de construire un igloo ?
On avait découvert Pat et Mat avec le DVD Pat et Mat déménage (chroniqué ici), quel bonheur de les retrouver dans cinq nouvelles aventures ! C’est extrêmement drôle, on rit de leurs bêtises, de leur maladresse et surtout de leurs fausses bonnes idées ! Ces petits courts en pâte à modeler sont muets et décalés… on adore ! En bonus, deux autres courts inédits, où l’on retrouvera nos deux amis faire de la patinoire… en sortant leurs poubelles où construire un bonhomme de neige après avoir inventé une machine pour déblayer la neige.
Rita et Crocodile vont au zoo, mais Rita a peur que Crocodile se fasse enfermer par le gardien, il faut donc qu’il passe inaperçu au maximum ! Mais quand Crocodile voit ses congénères, difficile de ne pas plonger dans le bassin…
Ce soir, Rita et Crocodile vont dormir à la belle étoile. Mais difficile quand vient la nuit de ne pas avoir peur sous la tente…
Rita et crocodile vont à la cueillette aux myrtilles. Pas facile pour crocodile de les mettre dans le panier et pas dans sa bouche…
Puis il sera question de pêche (et de rivaliser à celui ou celle qui pêche le plus), d’un hérisson qui ne sort que la nuit alors qu’on aimerait bien le voir (attention à le pas s’endormir en l’attendant), de jeux dans la neige (attention à ne pas congeler !), de cours de ski (Rita arrivera-t-elle à apprendre à Crocodile à skier ?) et d’une nuit chez la mamie de Rita (l’occasion de regarder les étoiles… et de partir dans l’espace !)
Mais que c’est mignon que ces aventures de Rita et Crocodile ! La voix de Rita, réellement doublée par une enfant, est craquante, les dessins sont extrêmement charmants, c’est frais, c’est adorable, on adore cette petite série venue du Danemark ! De nombreux thèmes sont abordés comme la peur, le fait de ne pas vouloir partager, la jalousie, les mondes imaginaires que l’on se crée… Un très beau programme de courts métrages.
Saviez-vous que le système digestif n’a pas besoin du cerveau pour fonctionner ? Que Macron est passif agressif (et que ce terme a été inventé en 1945 pour parler de certains soldats) ? Qu’on a découvert la forme du clitoris seulement dans les années 2000 ? Que Carl von Linné, le scientifique suédois qui a créé le système de classification des espèces, était totalement obsédé sexuel (d’où le nom de certaines espèces) ? Qu’Anaxagoras pensait que c’était le testicule droit qui faisait les garçons et le gauche les filles ? Et bien grâce à ce DVD vous saurez tout ça et plus encore, ce qui fait que vous mourrez moins bêtes… mais vous mourrez quand même !
La saison 3 de Tu mourras moins bête est sortie en DVD et l’on retrouve ces capsules de Marion Montaigne avec un plaisir toujours renouvelé ! On rit (beaucoup) en apprenant plein de choses, et la façon de raconter de François Morel n’y est pas pour rien ! Attention, comme toujours ce n’est pas pour les jeunes enfants, plutôt pour les ados (et clairement les adultes). Suite au visionnage de ces 30 nouveaux épisodes, on pourra regarder un entretien avec les créateur·rices de la série.
| La baleine et l’escargote de Filip Diviak, Zuzana Čupová, Nils Hedinger, Max Lang et Daniel Snaddon Les films du préau 40 min., au cinéma le 21 octobre 2020. |
| Fritzi de Ralf Kukula et Matthias Bruhn Septième Factory 86 min., au cinéma le 4 novembre 2020. |
| L’odyssée de Choum de Sonja Rohleder, Carol Freeman et Julien Bisaro Les films du préau 37 min., sorti en DVD en 2020. |
| Jacob et les chiens qui parlent d’Edmunds Jansons Les films du préau 70 min., sorti en DVD en 2020. |
| L’équipe de secours, en route pour l’aventure ! de Janis Cimermanis ARTE éditions 40 min., sorti en DVD en 2020. |
| Zibilla ou la vie zêbrée de Martina Svojíková, Marjolaine Perreten et Isabelle Favez Folimage 46 min., sorti en DVD en 2020. |
| La cabane à histoires, volume 6 de Célia Rivière ARTE éditions 112 min., sorti en DVD en 2020. |
| Ariol, feu d’artifice ! de Hélène Friren, Amandine Fredon et Mathias Varin Folimage 86 min., sorti en DVD en 2020. |
| Pat et Mat en hiver de Marek Benes ARTE éditions 56 min., sorti en DVD en 2020. |
| Rita et crocodile, une amitié entre aventuriers ! de Siri Melchior Folimage 38 min., sorti en DVD en 2020. |
| Tu mourras moins bête, saison 3 de Hélène Friren et Pierre Volto Folimage 90 min., sorti en DVD en 2020. |

Aimait la littérature jeunesse bien avant d’avoir des enfants mais a attendu d’en avoir pour créer La mare aux mots. Goût particulier pour les livres pas gnangnan à l’humour qui pique !
