Aujourd’hui je vous propose deux albums frais et doux, comme un air de vacances. Deux albums qui sentent bon la glace aux coquelicots, les souvenirs de plages et de moments légers en famille comme entre ami·es… Deux albums généreux et forts !
C’est une petite fille qui marche sur une plage accompagnée de son chien. Une petite fille qui pense, la tête dans les nuages, assise sur la dune. Elle pense à son amie Cassandre. Cassandre a tout pour elle, des jouets, des patins, une belle robe à fleurs jaunes. Mais notre héroïne possède Martin. Un petit « doudou » qui la suit partout et avec lequel elle entretient de grandes et riches conversations. Un jour, elle prête Martin à Cassandre. Et son amie est prête à tout pour le garder… Même lui donner sa robe à fleurs jaune. Mais l’enfant refuse…
Cassandre est une ode à l’amitié. On suit les pérégrinations d’une petite fille sur une plage. Seule, elle rêvasse et nous conte son amitié avec Cassandre. Le texte, écrit à la première personne nous plonge dans les pensées d’une enfant, dans ses réjouissances à pouvoir avoir une « amie ». Il est parfois difficile de parler de ce qui nous lie à l’autre, de nos sentiments. Ici, c’est merveilleusement bien réalisé, avec finesse et pudeur. Tout est suggéré, tout est généreux. À l’image du cadeau final de l’héroïne à Cassandre. Cassandre est une petite bulle hors du temps et hors du monde. Ici, sur cette plage, se tissent les fils invisibles et pourtant solides d’une amitié inaltérable entre deux enfants. Les illustrations nous maintiennent dans ce cocon de douceur. L’ambiance est ouatée, pastel (réalisée aux crayons et à l’aquarelle) et moelleuse à l’image de ces gros nuages bleutés qui s’enfoncent dans la mer. Bel hommage à l’affection pour l’autre et au don de soi, Cassandre est un petit bijou !
Il y a comme un parfum de vacances dans l’air. Une petite famille décide de partir dans un road trip d’une journée. La narratrice, ses parents et grands-parents embarquent donc en voiture, s’arrêtant plage après plage et revisitant leurs souvenirs de vacances… Mais difficile de mettre tout le monde d’accord !
La glace aux coquelicots est un album de vacances. Léger et sensoriel, il met en valeur la mémoire. On embarque donc dans une voiture, accompagnant une famille dans une journée de balade au cœur des souvenirs de chacun·e. À chaque plage, la famille s’arrête. Le père s’exclame « c’est là qu’on venait manger des glaces aux coquelicots ! ». Malheureusement, ses parents ne s’en souviennent pas. Tel un eldorado perdu, chacun·e s’entête pour retrouver « le lieu », en en (re)découvrant d’autres au passage. L’album de Gérard Goldman et Geneviève Casterman est une invitation au voyage, mais pas n’importe lequel, un voyage au cœur de nos souvenirs. Et ces souvenirs mettent en valeur des petites joies du quotidien, des couleurs, des odeurs, des goûts particuliers… C’est une histoire résolument poétique et sensible que nous propose l’auteur. Les illustrations élégantes nous plongent dans un monde délicat, un monde de fête, d’été et de plage, dans des paysages qui paraissent à la fois intemporels et singuliers. Car c’est peut-être cela, la beauté de La glace aux coquelicots. Sur ces littoraux universels, composés d’un phare, de mouettes, de parasols colorés, chacun·e y fait son expérience particulière et se construit une mémoire réelle et fantasmée… Un parfum de glace aux coquelicots comme une chasse aux papillons phosphorescents…
Cassandre ![]() ![]() Texte de Claude K. Dubois, illustré par Rascal D’eux 13 €, 166×224 mm, 36 pages, imprimé en France, 2021. Achetez ce livre* via LesLibraires.fr, LaLibrairie.com ou Place des libraires. |
La glace aux coquelicots![]() ![]() Texte de Gérard Goldman, illustré par Geneviève Casterman L’école des loisirs, dans la collection Pastel 12,50 €, 196×277 mm, 40 pages, imprimé en France, 2021. Achetez ce livre* via LesLibraires.fr, LaLibrairie.com ou Place des libraires. |

Née au début des années 90s, tour à tour professeure, amoureuse de la vie, de la littérature, de la musique, des paysages (bourguignons de son enfance, mais pas que…), des films d’Agnès Varda, des vers de Cécile Coulon et des bulles de Brétecher. Elle a fait siens ces mots de Victor Hugo “Ceux qui vivent ce sont ceux qui luttent”.





