Aujourd’hui on mélange les genres avec un roman et une bande dessinée ! On commence par un ogre gourmet pas vraiment comme les autres, et l’on finit avec un écureuil qui vit sur les toits de Paris !
Ventrerond n’est pas un ogre ordinaire. Né d’un mariage mixte entre une ogresse cannibale et un chasseur humain, il peine à trouver sa place auprès de ses congénères. Voilà pourquoi il a quitté ses Carpates natales et habite désormais dans un petit appartement parisien, dans lequel il peut se livrer tranquillement à sa passion : la gastronomie. Mais jour après jour, l’argent vient à manquer, et même sa créativité débordante ne peut plus lui permettre de manger à sa faim. C’est alors que lui parvient une lettre qui arrive à point nommé : l’invitation à participer à un concours de cuisine ogresque, dont le vainqueur remportera la coquette somme de 20 000 galons d’or. Mais pour gagner, Ventrerond va avoir besoin d’une recette surpassant tout ce qu’il a fait jusque là : les fameux filets de princesse. En réponse à la petite annonce que l’ogre a passée dans le journal, l’ingrédient principal de sa recette finit par sonner à sa porte. Une magnifique princesse, répondant au doux nom de Finefleur. Mais celle-ci n’est pas vraiment une princesse comme les autres, et Ventrerond, de jour en jour, commence à succomber aux charmes de son futur plat…
Voilà un premier roman qui réunit d’excellents ingrédients ! L’Ogre et sa princesse aux petits oignons joue d’un bout à l’autre sur les codes des contes. On y retrouve des personnages très attachants et en décalage complet avec ceux que l’on a l’habitude de croiser : ici c’est l’ogre qui est un grand sensible, tandis que la princesse ne s’en laisse pas conter ! Pleine d’humour et de fantaisie, l’écriture de Sabrina Inghilterra nous embarque du début à la fin. Enfin, cuisine ogresque oblige, certaines scènes sont délicieusement cruelles, et viennent pimenter cette histoire originale qui évolue aussi de page en page en une très jolie histoire d’amour.
Un petit roman drôle et tendre à dévorer d’urgence !
Paris, juillet 1870. Le règne de Napoléon III touche à sa fin et la France s’apprête à déclarer la guerre à la Prusse. En ces temps tourmentés, la ville s’inquiète et s’enflamme. Mais là-haut, au-dessus des bâtiments, vit un gamin bien éloigné de ces questions brûlantes. Avec sa cape et sa tignasse rousse, celui qu’on appelle L’Écureuil vole de toit en toit et dérobe les plus riches pour offrir son butin aux plus pauvres. Et si en bas la menace gronde, la vie en haut n’est pas non plus de tout repos. Car L’Écureuil y rencontre tout un petit monde : un sympathique ramoneur, un dangereux groupe de voleurs lancés à ses trousses, et même un certain Victor Hugo, qui détient de troublants secrets sur son passé…
Basé sur une intrigue foisonnante (mais suffisamment bien construite pour que l’on ne s’y perde pas !) qui mêle des références historiques et littéraires à des évènements fictifs, L’Écureuil nous entraîne dans une histoire pleine de rebondissements. On s’attache immédiatement à ce petit héros espiègle et insaisissable, entre Gavroche et Robin des Bois. Les illustrations, influencées par Joan Sfar (on y retrouve notamment les yeux en amande caractéristiques de ce dernier), offrent un magnifique décor à l’intrigue. Les personnages sont vifs et expressifs, et évoluent dans un cadre très riche qui donne à l’intrigue toute l’ampleur qu’elle mérite. On passe de surprise en surprise, et l’on referme ce premier tome en attendant la suite avec impatience !
Une très belle bande dessinée qui mêle avec talent petite et grande Histoire.
L’Ogre et sa princesse aux petits oignons![]() de Sabrina Inghilterra Didier Jeunesse 12 €, 147×215 mm, 102 pages, imprimé en France chez un imprimeur éco-responsable, 2016. |
L’Écureuil, Un démon sur les toitsScénario de Fabien Grolleau, dessins de Lou Bonelli et Benjamin Mialet Sarbacane 14,50 €, 238×318 mm, 60 pages, imprimé en France, 2016. |
Aime les crêpes et les animaux rigolos.

