Avec les livres du jour, on va rire et verser quelques larmes.
Quand elle était petite, sa mémé elle allait garder les vaches avec Mimile, le garçon de la ferme d’à côté (qui n’allait pas à l’école donc il ne savait pas compter jusqu’à 100, mais vu qu’il n’avait que 10 vaches c’était pas bien grave !). Mémé elle rigolait bien avec Mimile, surtout quand il était question des grosses fesses des vaches ! Mais un jour… un taureau débarque. Sauf que ça, ça fait pas peur à Mémé !
Mais quel bonheur que cette nouvelle série (on nous annonce déjà un second, Le jour où mémé a tapé un clown) de Vincent Cuvelier ! C’est extrêmement drôle et piquant (comme il peut l’être dans la super série Émile illustrée par Ronan Badel). Le ton (très enfantin) sonne vraiment juste, c’est vraiment un régal !
Un album extrêmement drôle mettant en scène une Mémé… quand elle était jeune !
Petit à petit, son grand-père s’efface. Aujourd’hui, alors qu’il lui rend visite il le trouve particulièrement heureux, pas étonnant il le prend pour son frère qu’il n’a pas revu depuis des années, alors il ne lui dit pas qu’il est son petit-fils, pas son frère, puisqu’il est heureux son grand-père. Un autre jour, voilà le grand-père qui n’est pas content, que fait-il en pyjama et où est sa tenue de cow-boy ? Puis le voilà qui galope dans le couloir. Ce n’est pas facile à suivre, un grand-père qui s’efface…
Gilles Baum signe un texte extrêmement fort, dans lequel il joue sur les mots avec beaucoup de poésie, texte magnifiquement mis en image par Barroux. On parle donc ici de la sénilité, mais avec beaucoup de tendresse. En fin d’ouvrage, alors que son grand-père est certainement parti, l’enfant lui déclarera qu’un grand-père comme ça, ça ne s’oublie pas.
Un album fort sur la sénilité et le deuil, magnifiquement illustré.
Sa première lettre il l’a envoyée chez lui, juste après sa mort… mais elle est revenue « n’habite plus à l’adresse indiquée », alors les suivantes il les a directement posées sur sa tombe. Dans ses lettres, il reproche à son grand-père d’être parti trois jours avant Noël (quel culot !) ou de ne pas avoir ouvert sa lettre précédente.
Ce petit fils en colère ne comprend pas. Il ne comprend pas que son grand-père soit mort (surtout à un moment aussi joyeux), qu’il n’ait pas prévenu, qu’il n’ouvre pas son courrier… Puis la colère passe, le grand-père commence à lui manquer… puis la vie continue… C’est un album très touchant que signent Frédéric Kessler et Alain Pilon, un album qui parle du deuil et de la difficulté des enfants à le comprendre. C’est à la fois très tendre, drôle et bourré d’émotion. Il n’y a ici que des lettres d’enfants, mais qui en disent long sur les étapes par lesquelles on passe après la mort d’une personne qui nous était chère.
Un album épistolaire très réussi sur le deuil.
La fois où mémé a vaincu un taureau![]() ![]() Texte de Vincent Cuvellier, illustré par Marion Piffaretti Nathan 6,95 €, 165×210 mm, 28 pages, imprimé en France chez un imprimeur éco-responsable, 2019. |
Mon grand-père s’efface![]() ![]() Texte de Gilles Baum, illustré par Barroux Albin Michel Jeunesse 13,50 €, 210×270 mm, 44 pages, imprimé en France, 2019. |
Lettres à mon cher grand-père qui n’est plus de ce monde![]() ![]() Texte de Frédéric Kessler, illustré par Alain Pilon Grasset Jeunesse 13,90 €, 205×175 mm, 24 pages, imprimé en Espagne, 2017. |

Aimait la littérature jeunesse bien avant d’avoir des enfants mais a attendu d’en avoir pour créer La mare aux mots. Goût particulier pour les livres pas gnangnan à l’humour qui pique !




2 thoughts on “Une grand-mère bien présente et deux grands-pères plus absents”