Aujourd’hui je vous propose de découvrir deux albums très différents. L’un nous conte les vacances d’une petite fille japonaise ; quant à l’autre, c’est une rêverie poétique au fin fond d’une grotte où tout peut arriver. Mais ces deux ouvrages font la part belle au plaisir et à la joie de vivre ! Belle lecture !
Momoko est heureuse : enfin, c’est les vacances ! Elle va pouvoir profiter de sa famille, se reposer, jouer et faire ce qui lui plaît ! Mais c’était sans compter les devoirs scolaires, l’obligation d’aller à la piscine, la maladie de sa petite sœur qui l’empêche de partir en vacances et le séjour un peu forcé chez ses grands-parents… Alors, les vacances seront-elles réussies ?!
Deuxième tome des aventures de Momoko, cet album drôle et touchant, écrit et mis en couleur et en forme par Kotimi, nous conte les vacances d’une petite fille japonaise. D’inspiration autobiographique, l’ouvrage se décompose en quatre parties, quatre histoires qui reviennent sur des moments singuliers : la piscine, le départ en vacances avorté à cause de la maladie de la petite sœur, le séjour chez les grands parents et enfin les derniers jours de vacances. C’est un album sensible qui nous est proposé ici. Avec beaucoup de délicatesse et de pudeur, l’autrice-illustratrice nous plonge dans des tranches de quotidien pas toujours évidentes — en témoigne la maladie de sa petite sœur. C’est aussi une esquisse de la société japonaise, de sa rigueur et de son obsession des études. Pourtant, nul misérabilisme ne se dégage de ce bel ouvrage.
Au contraire, c’est une sublimation des petites joies du quotidien : une glace pilée avec une copine après avoir fait ses devoirs, un petit oiseau offert par les grands-parents, la fierté d’avoir réussi à garder les yeux ouverts dans l’eau. C’est un cadeau que nous fait Kotimi, en nous dévoilant ses souvenirs d’enfance sublimés par de délicieuses illustrations. S’en dégage une impression de bien-être et de nostalgie heureuse.
Ça se passe au cœur d’une grotte. Mais pas n’importe laquelle. Une grotte multicolore, aux formes mouvantes, dans laquelle vivent des personnages étranges et étonnants : des animaux, des présidents, une professeure tyrannique. Dans ce décor singulier évolue Maddi, une petite fille qui n’a pas froid aux yeux et avance malgré les difficultés.
Maddi dans la grotte est un très bel album. Pauline Barzilaï nous offre ici une œuvre singulière. Peu de texte et des illustrations riches en couleurs et en formes, aux inspirations fauvistes. Page après page, on suit donc les tribulations de la petite fille au cœur de cette grotte étrange peuplée d’hommes, de femmes et d’animaux. La grotte est-elle réelle ? Ou bien est-ce un rêve ? Rien n’est dit à ce propos et les lecteurs et lectrices pourront se faire leur propre opinion à la fin de l’ouvrage. L’album oscille en permanence entre réalisme et onirisme et nous plonge dans une rêverie poétique. Le réel n’en demeure pas moins bien présent : ainsi dans cet espace hors du temps, Maddi voit intervenir sa professeure, des camarades de classe, le bus scolaire… Elle avance, telle une Alice au pays des merveilles, dans ce monde auquel elle semble appartenir. Maddi dans
la grotte est une réflexion intéressante sur le désir et la liberté. Maddi papillonne d’un espace à l’autre, s’assoit à la table de présidents avant de préférer aller se servir un cornet de frites ; elle refuse de jouer avec des tricheurs, préférant évoluer au milieu d’un groupe de danseurs. Maddi est libre, furieusement et tendrement, pour notre plus grand bonheur. Et qui sait, peut-être avons-nous tous et toutes au fond de nous une grotte où tout peut arriver ?
Les vacances de Momoko![]() ![]() de Kotimi Rue du Monde 14,90 €, 180×230 mm, 112 pages, imprimé en France, 2022. Achetez ce livre* via LesLibraires.fr, LaLibrairie.com ou Place des libraires. |
Maddi dans la grotte![]() ![]() de Pauline Barzilaï MeMo 16 €, 230×310 mm, 52 pages, imprimé en France, 2022. Achetez ce livre* via LesLibraires.fr, LaLibrairie.com ou Place des libraires. |

Née au début des années 90s, tour à tour professeure, amoureuse de la vie, de la littérature, de la musique, des paysages (bourguignons de son enfance, mais pas que…), des films d’Agnès Varda, des vers de Cécile Coulon et des bulles de Brétecher. Elle a fait siens ces mots de Victor Hugo “Ceux qui vivent ce sont ceux qui luttent”.


