Aujourd’hui j’ai envie de vous parler de deux textes aux sujets forts qui, sous le prisme de l’apparence, abordent chacun la question de la différence et de l’acceptation.
Emma souffre d’alopécie, une maladie qui lui fait perdre ses cheveux. Après avoir été harcelée dans son ancien lycée, elle commence une nouvelle vie à plusieurs centaines de kilomètres de là, prête à tout pour ne pas revivre les expériences traumatisantes du passé. Quitte à renoncer à sa passion pour la natation et à se cacher sous une perruque. Bientôt, elle se lie d’amitié avec Anis, une camarade de classe qui cache elle aussi quelques secrets. Mais est-ce vraiment une solution de vivre dans le mensonge ?
Qui n’a jamais pris le prétexte d’un début d’année pour un nouveau départ ? Pour Emma, c’est même une nouvelle vie qui s’offre à elle, accompagnée de son frère protecteur et de sa Précieuse, sa perruque, qui l’aide à aller de l’avant tout en vivant dans la crainte qu’un accident la lui arrache du crâne. Si la jeune fille est irrésistible avec son autodérision, ses failles et son côté féministe, c’est aussi grâce aux rencontres qu’elle fait cette année que sa vision d’elle-même et de sa maladie évolue. Ce roman est un concentré de thèmes lourds, forts, mais terriblement importants, puisqu’en nous confiant son histoire Emma nous interpelle sur l’alopécie – maladie encore bien peu connue – le poids du regard des autres et le long chemin de l’acceptation, la féminité, mais aussi le harcèlement – scolaire ou en ligne –, les relations toxiques. Pour autant, l’autrice use d’un ton léger rempli d’humour, auréolant son roman d’un filtre solaire. Profondément féministe dans ses réflexions, À un cheveu est un roman drôle et touchant sur la maladie et surtout l’acceptation.
David est un petit garçon doux, il aime jouer et parler, comme tous les enfants de sa classe. Toutefois, lui, il est différent puisqu’il a des fleurs en guise de cheveux. Pourtant un matin, sous son bonnet, on ne voit plus rien que des branches nues et piquantes. Au début, personne ne veut plus l’approcher. Heureusement son meilleur ami sort ses pinceaux, ses couleurs et sa colle et, finalement aidé par ses camarades, il va s’appliquer à redonner ses couleurs au petit garçon. Jusqu’au jour où de nouvelles fleurs éclosent toutes seules.
Tout en poésie et métaphores florales, cet album nous parle de tolérance, d’empathie et de créativité. Aucune étiquette n’est posée et chaque enfant pourra interpréter le changement de David à sa manière : maladie, dépression, toute autre différence. Ce qui en revanche est souligné avec délicatesse, c’est la force et l’importance de l’amitié qui soulage les peines et aide à traverser les épreuves, déployant des trésors de patience et de créativité. Les douces et poétiques illustrations de Jarvis retranscrivent à merveille les différentes émotions que nous procure le texte. Le garçon en fleurs est un petit bijou de tendresse qui invite à la discussion (parent-enfant), à l’ouverture et à la tolérance.
À un cheveu![]() de Maëlle Desard Slalom 14,95 €, 146×226 mm, 317 pages, imprimé en France, 2022. Achetez ce livre* via LesLibraires.fr, LaLibrairie.com ou Place des libraires. |
Le garçon en fleurs![]() ![]() de Jarvis (traduit de l’anglais par Rosalind Elland-Goldsmith) Kaléidoscope 13 €, 238×278 mm, 38 pages, imprimé en Chine, 2022. Achetez ce livre* via LesLibraires.fr, LaLibrairie.com ou Place des libraires. |

Née un livre à la main, elle aime les mots et leur résonance, s’évader et découvrir de nouveaux univers. Elle fait partie de ces gens qui croient fermement qu’un livre peut changer une vie.





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