Aujourd’hui, nous partons en vacances ! À pied, en vélo, en bateau et en train pour découvrir le monde tout en prenant son temps, puis nous partons en voyage grâce aux mots de Béatrice Libert qui nous propose de petits poèmes drôles et savoureux.
Aujourd’hui, la totalité de la surface terrestre est connue et il n’est pas difficile d’aller découvrir les merveilles qui existent aux quatre coins du monde : un simple clic sur internet et le billet d’avion est réservé. Cependant, à l’heure où la rapidité est à la mode, d’autres alternatives au tourisme de masse existent. Voyager, c’est d’abord se déplacer. Et quoi de mieux que d’appréhender un paysage et un territoire avec lenteur ? Alors, au lieu de prendre une carte d’embarquement, prenez une paire de chaussures, enfourchez votre vélo, prélassez-vous sur un bateau ou bien lovez-vous à l’intérieur d’un train !
Formidable album documentaire, La beauté du monde est un plaidoyer vibrant contre la suractivité et la surconsommation des voyages. Carl Honoré, Kevin et Kristen Howdeshell nous proposent quarante destinations à découvrir à pied, à vélo, en bateau ou en train (l’ouvrage se décompose donc en quatre parties). Les paysages et la nature sont mis à l’honneur : on randonne sur tous les continents : en Chine sur la Grande Muraille ou dans le désert de Jordanie, on pédale en Europe, sur le mythique col de l’Alpe d’Huez également sur les chemins sinueux d’Asie, on côtoie les nuages sur la ligne de chemin de fer en Argentine et on se prélasse à bord des bateaux qui remontent le Nil ou le Mississippi. Ainsi, nous dit l’auteur, plus que la destination, c’est le voyage qui compte. C’est lui qui crée des souvenirs et nous permet de nous imprégner des territoires. L’album est bien conçu, didactique et très documenté. Chaque double page présente une destination accompagnée de multiples anecdotes historiques, mais aussi sur la faune et la flore que l’on pourrait bien croiser. Les illustrations — qui ne sont pas des photographies mais des dessins — sont délicates et très soignées. Chaque paysage a sa dominante de couleur et dépeint une ambiance singulière. La lenteur est synonyme d’émerveillement et de contemplation : deux mots qui nous viennent à l’esprit une fois l’ouvrage refermé.
Embarquez, embarquez ! Il est l’heure de partir en voyage : que vous soyez un être humain avec deux pieds, un oiseau migrateur, une ou bien une fenêtre ouverte sur le monde, vous êtes tous et toutes convié·es à un grand voyage.
En voilà un drôle de petit album ! Ce recueil de poèmes intitulé Voyages à perdre haleine vous fera perdre votre latin. Béatrice Libert joue avec les mots, les tord, les rend élastiques, les fait swinguer, jongle avec eux pour notre plus grand plaisir. Le thème, vous l’aurez compris, c’est le voyage. Mais le voyage pour tous et toutes, nous dit l’autrice. Car ici, il n’y a pas que les êtres humains qui se déplacent, les animaux et les objets aussi… et même les virgules (grandes voyageuses de la langue française capable de modifier le cours d’une phrase) ! C’est terriblement vivant et drôle, on se perd parfois dans les méandres et les jeux de mots de l’autrice, mais elle sait rebondir et nous séduire. Amusantes, les illustrations de Kotimi le sont tout autant, saisissant d’un trait vif l’idée du poème et ses facéties. En plus de son humour, l’album est aussi poétique, en témoigne ce joli poème sur les aliments que nous mangeons et qui nous font voyager comme celui sur les portes d’entrée qui rêvent de pouvoir enfin voir le monde et ne plus le cacher.
La beauté du monde : voyager sans se presser ![]() ![]() Texte de Carl Honoré, illustré par Kevin et Kristen Howdeshell (traduit de l’anglais par Bérengère Viennot) Gallimard Jeunesse 19,90 €, 240×297 mm, 95 pages, imprimé en France, 2023. Achetez ce livre* via LesLibraires.fr, LaLibrairie.com ou Place des libraires. |
Voyager à perdre haleine ![]() ![]() Texte de Béatrice Libert, illustré par Kotimi Motus Éditions 13 €, 150×210 mm, 64 pages, imprimé en France, 2023. Achetez ce livre* via LesLibraires.fr, LaLibrairie.com ou Place des libraires. |

Née au début des années 90s, tour à tour professeure, amoureuse de la vie, de la littérature, de la musique, des paysages (bourguignons de son enfance, mais pas que…), des films d’Agnès Varda, des vers de Cécile Coulon et des bulles de Brétecher. Elle a fait siens ces mots de Victor Hugo “Ceux qui vivent ce sont ceux qui luttent”.




