Aujourd’hui, je vous propose plusieurs romans courts (ils peuvent se lire d’une traite) et forts. Des romans qu’on lit vite, mais qui nous marquent longtemps. Des romans parfaits pour celles et ceux qui n’ont pas envie de se lancer dans de gros pavés… mais ont envie de lire de bons livres.
Pour Charlie, c’est Lola.
Lola L.O.L.A.
Lola qui fait battre son cœur depuis qu’elle est entrée dans sa classe et qu’elle s’est présentée.
« Lola L.O.L.A. »
C’était l’option manquante de Charlie (qui se compare à une voiture, car c’est sa passion).
Tout le monde aime Lola d’ailleurs, pas seulement les garçons, les filles aussi.
Mais peut-être que Lola n’est pas indifférente à Charlie…
Mais quel roman magnifique ! Énorme coup de cœur pour ce court roman qu’il m’a été impossible de lâcher avant de le finir. Je connaissais Claire Garralon en tant qu’autrice-illustratrice d’albums (souvent avec peu de texte), je découvre ici sa plume sur un texte plus long… et quelle plume ! Difficile de raconter L.O.L.A. sans vous divulgâcher, sachez qu’on y parle d’amour… surtout de ça d’ailleurs (et qu’est-ce que ça fait du bien de lire de belles histoires d’amour !). Ce n’est jamais mièvre, on est surpris·es, ému·es, on sourit… C’est un texte très très fort, qu’on a envie de relire tout de suite après avoir refermé le livre…
OK, elle a sans doute bouleversé la vie de Suzy Petterson, OK, ce qu’elle a fait est terrible, OK, elle a sans doute même foutu sa vie en l’air, mais bon… ça s’est passé si vite… Et puis elle était si jeune à l’époque, 15 ans… c’est rien 15 ans ! On ne se rend pas compte de ce qu’on fait à cet âge-là ! À quoi ça sert d’ailleurs d’y repenser, 17 ans plus tard franchement…
Préparez-vous à une énorme claque… je dirai même un coup de poing (il est d’ailleurs bien indiqué au dos du livre que « certains passages peuvent heurter la sensibilité de certains jeunes lecteurs »… mais j’aurai quand même tendance à conseiller la lecture de ce roman à bien des ados…). Quand les trains passent…, c’est l’histoire d’un drame, d’une chose horrible qui hante la personne qui nous le raconte et qui essaye de se trouver des excuses. Bien entendu, je ne vous dirai pas ce qu’il s’est passé, on ne le découvre qu’à la fin, mais je peux vous dire que vous n’êtes pas près d’oublier ce roman-là. Dire que c’est un roman « fort » c’est peu dire… Décidément, D’une seule voix est une collection magnifique… Des romans qui se lisent d’une traite, et celui-là de toute façon vous ne pourrez pas le poser avant de l’avoir fini… et vous n’en sortirez pas indemne.
Un jeune homme marche dans la neige, il s’appelle Ethan. Il a une carabine à la main et une phrase revient sans cesse à son esprit : Je vais le tuer. Il sanglote, il frissonne, mais il est déterminé, il sait que bientôt le sang viendra tacher la neige. Il avance, encore et toujours, avec cette phrase qui revient sans cesse : Je vais le tuer.
Florence Hinckel signe un roman très fort, dès les premières lignes elle nous scotche et difficile de lâcher le livre. Qui Ethan veut-il tuer et pourquoi ? Il est difficile de parler de ce roman (et donc de vous donner envie de le lire) sans trop en raconter, sans divulgâcher l’intrigue… Disons qu’il est question de secret de famille… mais j’en ai déjà trop dit… Alors, disons juste que l’écriture de Florence Hinckel est comme toujours parfaite, qu’elle nous tient en haleine jusqu’à la fin et que son roman nous marque. Ça vous suffit, non ? Pas besoin de savoir de quoi ça parle, vous ne croyez pas ?
La mère de Johanne a commencé à perdre la mémoire, la vérité s’éloigne petit à petit dans l’esprit de cette ancienne star de cinéma. Mais la jeune fille décide de partir avec elle, de prendre le train, direction l’Angleterre. Où vont-elles ? Pourquoi là ? Ce voyage dans le passé est fait dans un but précis… offrir quelques moments de bonheur à sa mère pendant qu’il en est encore temps.
Coup de cœur pour ce roman extrêmement fort de Fabrice Colin (dont, je le confesse, je découvre l’écriture avec ce court roman). Son histoire d’ado qui tente d’offrir à sa mère des moments heureux, qui l’aide à vivre dans sa réalité, nous prend vraiment aux tripes jusqu’à la fin (je n’ai pas pu le poser avant de le terminer et la fin m’a totalement remué). C’est extrêmement bien écrit, original, fort… Et c’est clairement un roman multigénérationnel (vous risquez d’aimer autant que vos ados… voire davantage).
Dans le tramway, Rosalie voit une jeune fille se faire agresser par un homme. Elle décide de tenter une technique dont elle a entendu parler, faire comme si elle la connaissait et se lancer dans une conversation. Le plan est un succès, l’homme abandonne sa cible. Rosalie se sent fière, en plus la jeune fille lui dit qu’elle est son héroïne, alors… elle a de quoi être fière !
Voilà un autre roman qu’il est impossible de lâcher avant de l’avoir terminé tant Séverine Vidal instaure une tension dès le départ. Dès le second chapitre, on sent que quelque chose d’anormal se passe, on a le sentiment qu’on ne nous dit pas tout, que les choses vont dévier et que ça ne sera pas aussi joyeux que l’a été la première rencontre entre les deux femmes. Un peu comme des sables mouvants où l’on ne se rend pas compte qu’on s’enfonce et bientôt on ne pourra plus bouger. Tout comme dans le Fabrice Colin, ce roman-là peut très bien captiver les adultes autant que les ados (moi j’ai été totalement scotché), c’est le genre de roman qui montre (s’il en était besoin) que la littérature jeunesse n’est pas une sous littérature et que les thèmes abordés sont les mêmes qu’en littérature adulte. C’est un roman très bien écrit, dur et qui marque.
La nuit à l’internat, en cachette des surveillants, Anton fréquente un forum, il y est inscrit sous le nom de Silent Boy, surnom qui lui va bien, car il lit surtout ce que disent les autres, sans trop oser intervenir. Le jour, il est un lycéen dans une classe difficile où une bande de garçons, dont il fait partie, tente de faire craquer les profs.
Dans Silent Boy Gaël Aymon parle de l’injonction à la « virilité », du fait que les garçons doivent bien souvent être dans le camp des « durs » s’ils ne veulent pas être dans celui des « victimes » de ces derniers. Sujet délicat que l’auteur aborde avec énormément de finesse. Il y parle aussi d’homophobie (dont sont même victimes les garçons non LGBTQI+ juste parce qu’ils ne jouent pas aux plus forts), de la dépression, des personnages qu’on se crée (dans la vraie vie ou sur le net) et bien d’autres choses encore. C’est un roman que j’ai trouvé extrêmement réaliste, parfois dur, sans complaisance. Un roman original d’un auteur qu’on aime décidément beaucoup.
Cet été Nathan part en vacances sans parents, juste avec son meilleur ami, Ihmed. Après un voyage en BlaBlaCar avec une conductrice bien trop bavarde, les voilà devant leur camping « Plaisirs de la mer » qui porte bien mal son nom puisqu’il est à deux kilomètres des plages (Nathan n’avait pas pensé à vérifier, pour lui avec un nom pareil, il était forcément sur la côte). Au programme de ces vacances : voisins bruyants au camping, plages bondées (et loin), pâtes et brioche à tous les repas… mais aussi souvenirs inoubliables.
Les potos d’abord est bien moins noir que les autres romans chroniqués ci-dessus, mais il aborde tout de même un sujet fort : le racisme. Sans trop vous divulgâcher l’intrigue, il sera ici question des différences de traitement quand on a le physique d’un arabe. Mais le roman parle aussi des premières vacances sans les parents (avec tout ce que ça comporte : repas improbables, coups de soleil, drague…) et de l’amitié. C’est un très joli roman, joliment écrit et bourré d’humour.
Ces cinq romans sont sortis dans une toute nouvelle collection, Court Toujours, chez Nathan, qui propose en plus du livre (et toujours pour le même prix, 8 € !) une version numérique et une version audio ! Si je n’ai pas été forcément convaincu par certaines versions audios et si je trouve l’appli pour les écouter absolument pas pratique (impossible de mettre l’appli en arrière-plan, elle ne garde pas en mémoire le moment où l’on s’était arrêté lors de la dernière écoute), je dois dire que je trouve le principe de cette collection extrêmement intéressant. Pouvoir, par exemple, commencer le livre « papier » chez soi puis continuer de le lire sur son téléphone ou sa liseuse dans les transports (d’autant que là on télécharge un PDF donc l’appli n’est pas nécessaire). Si la collection s’adresse aux 15-25 ans j’ai personnellement trouvé que pour certains on était plus dans des thématiques « adultes », mais c’est un point de vue tout à faire personnel. En tout cas moi j’ai pris beaucoup de plaisir à les lire à 43 ans (et je ne suis pas certain que j’aurai pris le même à 15 !). C’est une collection qui démarre sur les chapeaux de roues, à suivre de près… d’autant que les prochains arrivent bientôt et qu’on y retrouvera… Cathy Ytak, autrice du roman suivant.
« Tu ne comprends rien ! » voilà ce que Brune a hurlé en sortant de l’appartement avant de dévaler les escaliers. Que s’est-il passé pour qu’elle s’en aille comme ça, va-t-elle revenir ? Yannick s’inquiète, Yannick veut qu’elle revienne, Yannick aime Brune. Elle aime entendre sa voix à la radio, elle aime son odeur. Et si on la voit comme « une fille qui aime les filles », elle sait qu’elle n’aime pas « les filles », tout comme elle n’aime pas « les garçons », elle aime Brune et c’est tout.
Cathy Ytak livre un texte fort, à lire d’une traite (un texte qui pourrait d’ailleurs être dans la collection D’une seule voix comme les deux premiers romans de cette chronique !). Comme toujours avec cette autrice, c’est extrêmement bien écrit, ça nous prend aux tripes. Elle évoque dans ce roman bien des sujets (qu’il m’est impossible d’évoquer ici sans vous divulgâcher certaines choses — même si j’avoue les avoir captées avant la révélation), et l’on aurait tort de le résumer à un roman sur deux femmes qui s’aiment (Cathy Ytak n’est pas du genre à écrire des histoires SUR un sujet, elle écrit des histoires avant tout). Il est très difficile de lâcher ce roman avant de l’avoir terminé et il nous trotte dans la tête encore après l’avoir terminé. Un roman d’amour, magnifiquement écrit, mais qui parle de tellement d’autres choses…
L.O.L.A.![]() de Claire Garralon Actes Sud Junior, dans la collection D’une seule voix 9,80 €, 115×216 mm, 80 pages, imprimé en France, 2020. Achetez ce livre* via LesLibraires.fr, LaLibrairie.com ou Place des libraires. |
Quand les trains passent…![]() de Malin Lindroth (traduit du suédois par Jacques Robnard) Actes Sud Junior, dans la collection D’une seule voix 9,80 €, 115×216 mm, 50 pages, imprimé en France, 2020. Achetez ce livre* via LesLibraires.fr, LaLibrairie.com ou Place des libraires. |
Comme un homme![]() de Florence Hinckel Nathan, dans la collection Court toujours 8 €, 141×211 mm, 55 pages, imprimé en France chez un imprimeur éco-responsable, 2020. Achetez ce livre* via LesLibraires.fr, LaLibrairie.com ou Place des libraires. |
Aux ordres du cœur![]() de Fabrice Colin Nathan, dans la collection Court toujours 8 €, 141×211 mm, 64 pages, imprimé en France chez un imprimeur éco-responsable, 2020. Achetez ce livre* via LesLibraires.fr, LaLibrairie.com ou Place des libraires. |
Son héroïne![]() de Séverine Vidal Nathan, dans la collection Court toujours 8 €, 141×211 mm, 64 pages, imprimé en France chez un imprimeur éco-responsable, 2020. Achetez ce livre* via LesLibraires.fr, LaLibrairie.com ou Place des libraires. |
Silent Boy![]() de Gaël Aymon Nathan, dans la collection Court toujours 8 €, 141×211 mm, 62 pages, imprimé en France chez un imprimeur éco-responsable, 2020. Achetez ce livre* via LesLibraires.fr, LaLibrairie.com ou Place des libraires. |
Les potos d’abord![]() de Rachel Corenblit Nathan, dans la collection Court toujours 8 €, 141×211 mm, 60 pages, imprimé en France chez un imprimeur éco-responsable, 2020. Achetez ce livre* via LesLibraires.fr, LaLibrairie.com ou Place des libraires. |
Sans armure![]() de Cathy Ytak Talents Hauts dans la collection Ego 7 €, 126×191 mm, 64 pages, imprimé en République tchèque, 2020. Achetez ce livre* via LesLibraires.fr, LaLibrairie.com ou Place des libraires. |

Aimait la littérature jeunesse bien avant d’avoir des enfants mais a attendu d’en avoir pour créer La mare aux mots. Goût particulier pour les livres pas gnangnan à l’humour qui pique !

