Aujourd’hui je vous propose de plonger dans l’univers merveilleux de deux albums, bien différents, mais qui mettent à l’honneur de drôles de petits personnages : L’amie en bois d’érable et La fée sous mon lit… Bonne lecture !
La vie de Tomoko est douce et tranquille. La petite fille vit à l’ombre d’un grand pin et n’aime rien de plus que goûter les plaisirs de la vie : le riz aux aubergines, rêvasser le long d’un ruisseau, observer la nature… Un jour, sa tante lui offre un cadeau qui — elle ne le sait pas encore — va changer sa vie : une petite poupée Kokeshi en bois d’érable… Une petite poupée qui va l’accompagner tout au long de sa vie et la faire grandir.
Avec L’amie en bois d’érable, Delphine Roux nous propose un bel album qui nous conte le parcours initiatique d’une jeune fille : Tomoko. C’est à la fois sensuel et poétique, exotique et universel. Au travers de cette relation entre la petite et la poupée, ce que nous montre l’autrice c’est l’émancipation d’une jeune femme et sa découverte du monde. En effet, Tomoko va malheureusement perdre sa très chère amie en bois lors d’un séjour en ville. Triste et écœurée, l’héroïne va néanmoins trouver du réconfort dans la poterie et devenir une formidable artisane… avant de retrouver sa Kokeshi de manière improbable. C’est aussi un cri d’amour au monde, à la nature
et à la matière que nous offre Delphine Roux. En effet, Tomoko est une jeune fille fascinée par les insectes, les fleurs, mais aussi par le bois, l’argile (jusqu’à en faire son métier). Cette ode à la beauté du quotidien est mise en couleur par Pascale Moteki qui nous plonge dans un univers lumineux et chaleureux. De page en page, on sent les fleurs que hume Tomoko, on pétrit avec elle l’argile… On grandit avec elle tout simplement ! En refermant l’ouvrage, on se met à rêvasser en regardant les objets autour de nous qui nous ont vus/fait…
Un soir alors qu’une petite fille s’apprête à s’endormir profondément, une fée qui vit cachée sous son lit lui demande de la remplacer dans son travail car elle est malade. La petite fille accepte. Sa mission ? Aider tout un tas de personnages loufoques et farfelus qui peuplent la maison et les alentours : un roi de la forêt un peu frileux, une licorne qui souhaite faire entrer l’automne dans la maison, un dragon baryton qui monopolise la salle de bain…
La fée sous mon lit est un album drôle et singulier qui met à l’honneur le pouvoir de l’imagination ! Car la mission (de la plus haute importance attention !) que confie cette fée enrhumée à la petite fille est un prétexte qui permet de montrer qu’il est tout à fait possible de s’amuser sans sortir de chez soi. Pages après pages, les créatures fantastiques se succèdent, chacune habitant une pièce de la maison : la salle de bain, la cuisine, le salon, la chambre, le bureau des parents. Et chaque personnage a une demande bien singulière : le fantôme de la bouilloire a quelque chose dans le gosier qui le gratouille, le monstre qui grignote des miettes sous la table est affamé… Vite ! Notre petite héroïne va être obligée d’y répondre ! L’album est bien construit, inventif et fantastique. Chaque page est construite sur le même principe : on découvre une pièce de la maison ainsi qu’un nouveau personnage. Les flaps permettent de créer la surprise et de dévoiler les solutions (très personnelles et originales il faut bien l’avouer…) de la petite fille, très soucieuse de répondre à la demande de ses invité·es ! Il ne nous reste plus qu’à aller voir sous notre lit pour s’assurer que ne s’y trouve pas une petite fée enrhumée !
L’amie en bois d’érable![]() ![]() Texte de Delphine Roux, illustré par Pascale Moteki HongFei 15,50 €, 284×250 mm, 40 pages, imprimé en République tchèque, 2020. Achetez ce livre* via LesLibraires.fr, LaLibrairie.com ou Place des libraires. |
La fée sous mon lit![]() ![]() de Rosalinde Bonnet Didier Jeunesse 13,90 €, 235×200 mm, 48 pages, imprimé en Italie, 2020. Achetez ce livre* via LesLibraires.fr, LaLibrairie.com ou Place des libraires. |

Née au début des années 90s, tour à tour professeure, amoureuse de la vie, de la littérature, de la musique, des paysages (bourguignons de son enfance, mais pas que…), des films d’Agnès Varda, des vers de Cécile Coulon et des bulles de Brétecher. Elle a fait siens ces mots de Victor Hugo “Ceux qui vivent ce sont ceux qui luttent”.



