Aujourd’hui, je vous propose deux livres un peu particuliers, le premier nous rappelle que les êtres humains sont multiples, le second nous propose de rencontrer des femmes et des hommes qui ont des secrets à nous confier.
Il y a sept milliards d’êtres humains sur Terre. Tous ne parlent pas le même langage, n’ont pas les mêmes traditions, les mêmes croyances, la même façon de vivre. Quand certain·es mangent avec des baguettes, d’autres mangent avec les mains. Certain·es croient en un dieu, d’autres en plusieurs, d’autres encore en aucun. Certain·es pensent qu’il n’y a rien après la mort, d’autres croient qu’au contraire quelque chose commence. On a beau vivre tous et toutes sur la même planète, nous sommes divers, et aucune croyance, aucune tradition, aucune langue ne vaut plus qu’une autre. Nous ne sommes pas au centre du monde !
Sorti à La ville brûle, On n’est pas au centre du monde de Claire Cantais et Jean-Loïc Le Quellec est un super album pour rappeler la diversité des êtres humains et surtout pour rappeler qu’il ne faut pas penser que nous valons mieux que d’autres. Pour combattre l’ethnocentrisme, Claire Cantais multiplie les exemples concrets qui parleront aux enfants. Les thèmes abordés sont divers (façon de manger, apparence physique, croyances…) et chaque fois on va apprendre comment d’autres pensent ou agissent. C’est très malin, parfait pour des débats en classe, mais tout aussi intéressant à lire en famille. L’album est sorti dans la collection Jamais trop tôt dans laquelle on trouve aussi, entre autres, un très bon album pour lutter contre les stéréotypes sexistes (Ni poupées ni superhéros), un autre pour lutter contre les clichés sur les personnes handicapées (On n’est pas si différents) ou un autre sur le fait de penser par soi-même (On n’est pas des moutons), bref une très bonne collection.
Madelyn, Canadienne de 6 ans, n’a jamais dit à personne que c’est elle qui a bouché la serrure de l’école avec des allumettes. Agostina, Argentine de 74 ans, elle n’a jamais dit à ses parents et à ses enfants qu’elle les aimait. Quant à David, un Français de 36 ans, il n’a jamais dit à personne qu’il avait un rêve : emmener sa famille pour un tour du monde en bateau.
Dans Je n’ai jamais dit, on va croiser vingt personnages qui vont chacun nous raconter une chose qu’ils n’ont jamais dite. On pourrait s’imaginer que cette suite de phrases est rébarbative et sans intérêt, mais grâce au talent des auteur·rices (Didier Jean & Zad) et au magnifique travail d’illustration de Régis Lejonc, l’album est vraiment réussi. On sourit parfois comme lorsqu’un policier ultra armé nous dit avoir peur des araignées ou lorsqu’une vieille dame raconte avoir laissé sa sœur se faire punir à sa place. On est ému aussi, comme lorsque cette femme soldat confesse avoir sauvé la vie d’un soldat ennemi ou qu’un homme, honteux, se souvient de cette femme qui s’est fait agresser devant ses yeux dans un train et qu’il n’est pas intervenu. Cette suite de témoignages est très forte, et avec une simple phrase, on a l’impression de connaître une part de l’intime de ces personnages. De nombreux sujets sont abordés, avec intelligence. Bref, voilà un très bel album.
On n’est pas au centre du monde![]() ![]() Texte de Claire Cantais, illustré par Jean-Loïc Le Quellec La ville brûle, dans la collection Jamais trop tôt 14 €, 170×230 mm, 40 pages, lieu d’impression non indiqué, 2018. Achetez ce livre* via LesLibraires.fr, LaLibrairie.com ou Place des libraires. |
Je n’ai jamais dit![]() ![]() Textes de Didier Jean & Zad, illustrés par Régis Lejonc Utopique, dans la collection Bisous de famille 17 €, 220×320 mm, 48 pages, imprimé en France chez un imprimeur éco-responsable, 2020. Achetez ce livre* via LesLibraires.fr, LaLibrairie.com ou Place des libraires. |

Aimait la littérature jeunesse bien avant d’avoir des enfants mais a attendu d’en avoir pour créer La mare aux mots. Goût particulier pour les livres pas gnangnan à l’humour qui pique !



