Aujourd’hui, on découvre deux très bons albums qui mettent en scène des méchants un peu désœuvrés face à des victimes pas bien effrayées !
Comme tous les soirs, Papa lit une histoire à Petit Louis, et ce jour-là, le petit garçon a choisi une histoire de monstres, en assurant que ces derniers ne lui faisaient pas peur. Mais une fois la lumière éteinte et son Papa parti, Petit Louis ne trouve pas le sommeil. Papa apporte un verre d’eau, allume la veilleuse, mais rien n’y fait, et l’enfant reste dans son lit les yeux grands ouverts, à regarder la nuit. C’est alors que se succèdent toute une ribambelle de monstres au chevet du petit garçon, bien décidés à l’effrayer : un ogre, une sorcière, un troll et un loup arrivent tout à tour. Mais il en faut bien plus pour intimider Petit Louis ! Alors que les créatures, un peu décontenancées, se disent que les enfants d’aujourd’hui sont décidément bien difficiles à terrifier, Petit Louis va leur proposer un marché : et s’ils lui faisaient plutôt une petite danse ?
On retrouve dans cet album de nombreuses références à Max et les Maximonstres de Maurice Sendak, auquel Magdalena et Christine Davenier rendent explicitement hommage : le costume du petit garçon, les ombres des monstres projetées sur le mur, la danse à la tombée de la nuit… Les monstres de la nuit reprend le thème bien connu de la peur du noir avec humour et beaucoup de douceur : ici ce sont plutôt les monstres qui s’inquiètent : si les enfants n’ont plus peur d’eux, que va devenir leur réputation ? L’album joue ainsi sur le décalage, mais n’oublie tout de même pas de conclure par un bisou de bonne nuit et un lit rempli de monstres gentils, pour terminer bien rassuré !
Un joli album plein de tendresse à lire avant d’aller dormir.
« Je fais de la purée de petits cochons… pour un, pour deux, pour trois, pour… moi ! ». Le loup est bien content : il a cueilli dans la forêt trois petits porcelets, et avec une carotte et deux navets, il y a de quoi se régaler ! Mais les petits cochons rigolent et se moquent : ce n’est pas du tout la bonne recette ! Le loup tourne et retourne son livre de cuisine et… Zut ! Il ne sait pas lire ! Et voilà une bonne occasion pour les petits cochons de le mener en bateau… Pour éviter de passer à la casserole, ils réclament ingrédient après ingrédient, et comme le loup ne sait pas lire les écriteaux qui le préviennent du danger, les mésaventures se succèdent ! Mais ce dernier est extrêmement têtu, et il en faudra plus pour le faire échouer…
Et encore un brillant album de Stéphane Servant ! On retrouve dans Purée de cochons les personnages irrésistibles de La culotte du loup. Cet album-là est un peu moins évident, un peu plus exigeant, et pour être honnête, j’ai eu une petite déception à la première lecture… jusqu’à ce que je le lise à haute voix ! Car il y a dans l’écriture de Stéphane Servant quelque chose de magique, qui fait que l’on trouve immédiatement le bon ton, le bon rythme du texte (et la mise en page très « vivante » des éditions Didier Jeunesse n’y est également pas pour rien !). Tout est parfaitement construit et s’enchaîne comme une musique. C’est drôle, vraiment malin, et cruel juste comme il faut. Les illustrations de Lætitia Le Saux, très colorées et pleines de détails amusants, sont tout aussi réussies, et l’on referme le livre avec l’envie irrépressible de le rouvrir !
Un très bon album, plein d’humour et d’intelligence, à lire, relire et partager !
Les monstres ![]() ![]() Texte de Magdalena, illustré par Christine Davenier Père Castor-Flammarion 13,50 €, 248×308 mm, 32 pages, imprimé en France chez un imprimeur éco-responsable, 2016. |
Purée de cochons![]() ![]() Texte de Stéphane Servant, illustré par Lætitia Le Saux Didier Jeunesse 12,50 €, 240×260 mm, 32 pages, imprimé en France chez un imprimeur éco-responsable, 2016. |
Aime les crêpes et les animaux rigolos.


