Aujourd’hui on fait la connaissance de personnages hauts en couleur et intrigants… Une certaine Madame Mouette qu’une petite fille imagine depuis sa fenêtre dans le très bel album d’Angélique Villeneuve et Audrey Calleja et un chat aigri et solitaire : Francisco de Perceval Barrier ! Bonne lecture !
Nine habite juste en face de la tour, un grand immeuble gris de treize étages. Pourtant, tous les jours à cinq heures précises il se passe quelque chose de magique… Quelque chose que Nine attend avec impatience. Au dernier étage, quelqu’un ouvre la fenêtre en grand et jette des écrevisses et des poissons pour le plus grand plaisir des mouettes qui se pressent ! La petite fille s’imagine alors un lieu fantastique, peuplé de créatures merveilleuses… Elle décide alors d’aller frapper à la porte de celle qu’elle a surnommée « Madame Mouette » !
Madame Mouette est un formidable album, poétique et émouvant. Angélique Villeneuve nous conte l’histoire d’une petite fille rêveuse qui tous les jours assiste au même spectacle qui la ravit : l’arrivée des mouettes autour de la fenêtre du treizième étage. Grâce à cet événement, Nine imagine alors l’intérieur de l’appartement de cette drôle de « Madame Mouette ». L’album est construit autour de la rêverie de l’enfant : on découvre page après page le salon, la salle de bain et la fameuse locataire imaginée par Nine. Les illustrations d’Audrey Calleja sont superbes, très graphiques et colorées, elles nous plongent dans un univers magique où « Madame Mouette » vit en maillot de bain rouge vif, entourée d’un perroquet,
d’hippocampes et d’algues. L’album se veut une ode à l’imagination. En effet, Nine décide de prendre son courage à deux mains et d’aller frapper à la porte de l’appartement. Mais au dernier moment elle renonce : et si elle s’était trompée, si l’univers de Madame Mouette ressemblait plutôt à une banquise ou à une jungle sauvage ? Ni une ni deux, notre petite héroïne décide de dévaler les escaliers pour se raconter de nouvelles histoires ! Angélique Villeneuve et Audrey Calleja nous prouvent que l’aventure peut se trouver au coin d’une rue, derrière la fenêtre d’un grand immeuble… et que seuls le rêve et la fantaisie permettent de la faire vivre !
Un bel album sur la puissance de l’imaginaire ! Un coup de cœur !
C’est l’histoire de Francisco. Francisco est un chat sauvage, et comme tout chat sauvage qui se respecte, Francisco n’aime pas trop faire la conversation. À la compagnie des autres, il préfère la solitude. Problème : Francisco tient une station-service en pleine campagne… Et forcément, il arrive que des individus s’arrêtent. Heureusement jamais très longtemps ! Jusqu’au jour où une charmante famille de lapin se voit contrainte de passer la nuit chez Francisco…
Avec Francisco Perceval Barrier nous propose de rencontrer un personnage singulier, drôle et attachant. En effet, ce chat ronchon et grincheux qui se déride au fur et à mesure de l’album séduira les plus jeunes sans hésiter ! Si Francisco ne supporte que sa solitude au début de l’histoire, sa rencontre avec la famille Lapin sera pour lui déterminante. Au travers de cette jolie histoire l’auteur nous parle d’entraide, de solidarité et surtout d’amitié ! Le texte est humoristique, bien construit, les rebondissements s’enchaînent avec simplicité jusqu’à la chute finale. Quant aux illustrations, elles nous dépeignent des personnages hauts en couleur, les expressions faciales de ce chat « lonesome cowboy » ainsi que les dialogues sont très réussis et amuseront à coup sûr les enfants !
Un joli album sur l’importance de s’ouvrir au monde et aux autres !
Madame Mouette![]() ![]() Texte d’Angélique Villeneuve, illustré par Audrey Calleja Sarbacane 14,90€, 208×289 mm, 36 pages, imprimé en France, 2019. |
Francisco![]() ![]() de Perceval Barrier L’école des loisirs 12,20€, 246×248 mm, 36 pages, imprimé en France, 2019. |

Née au début des années 90s, tour à tour professeure, amoureuse de la vie, de la littérature, de la musique, des paysages (bourguignons de son enfance, mais pas que…), des films d’Agnès Varda, des vers de Cécile Coulon et des bulles de Brétecher. Elle a fait siens ces mots de Victor Hugo “Ceux qui vivent ce sont ceux qui luttent”.


