Les deux livres dont je vous parle aujourd’hui sont deux aventures loufoques qui dépaysent et qui décoiffent… Alors, prêt·e·s pour le départ ?
Partons avec Presto et Zesto, deux bons amis, au Limboland. Contrariés de ne pas avoir trouvé un bon gâteau pour leur dessert, ils décident de tailler la route. Et se retrouvent en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire au Limboland, une contrée étrangère et très bizarre où l’effervescence règne ce jour-là. En effet, c’est le jour de la noce des betteraves ! Tout le monde est sur le pied de guerre : il faut répéter la musique, trouver un cadeau, et préparer le gâteau… Voilà qui intéresse bien nos deux gourmands compagnons. Mais avant de pouvoir savourer le dessert, ils devront eux aussi se mettre en quête d’un cadeau pour les marié·e·s, et affronter les habitant·e·s étranges et légèrement effrayant·e·s du Limboland.
Dans la postface de l’album, Arthur Yorinks explique, quinze ans plus tard, la genèse de l’histoire : née de son amitié avec Maurice Sendak, elle a failli ne pas voir le jour, car l’ensemble avait été égaré et oublié. Ce n’est que très récemment que les feuillets sont ressortis des tiroirs. Retravaillée par Arthur Yorinks à partir des dessins de Sendak, l’histoire met en scène les deux amis, car Presto et Zesto ne sont autres que Maurice et Arthur eux-mêmes. On retrouve toute la fantaisie et l’humour absurde qui traversent leurs œuvres. Les dessins de Maurice Sendak sont à la fois impertinents, absurdes et effrayants. Terriblement décalé, cet album est une ode à l’amitié et à la fantaisie.
Un album signé du duo Arthur Yorinks et Maurice Sendak, où règne l’absurde ; une ode à l’amitié et à la fantaisie si chère aux deux artistes.
Comme à tous les repas de famille, le père et le grand-père du petit narrateur de cette histoire se mettent à débattre de sujets divers sur lesquels ils ne sont jamais d’accord. Dernière question débattue : peut-on rallier la Chine avec un seul bidon d’essence ? Pour le père très cartésien, impossible. Pour le grand-père, qui est un doux rêveur, c’est oui ! Et il compte bien mettre la semaine qui suit à profit pour le prouver… Il se lance alors dans la réparation de son vieux Solex, modèle 1968, et entasse dans le side-car matériel et denrées, ainsi que l’essentiel : un bidon d’essence. Et le voilà parti pour la plus grande expédition de sa vie ! Mais il ignore que son petit-fils a profité de son inattention pour se glisser dans le side-car… Il découvrira bientôt son compagnon de route, et tous deux vivront une aventure de quelques heures entre road-trip enneigé et complicité intergénérationnelle.
Ce petit roman est une lecture agréable à partager en famille. Une aventure tendre, au rythme enlevé, à laquelle on aimerait bien nous aussi prendre part. Le personnage de Grand-Père Toufou (qui porte bien son nom) est particulièrement attachant en doux rêveur, et le petit garçon oscille entre la peur de l’inconnu (et celle de se faire disputer par son père et sa grand-mère), et l’envie grisante de profiter de cette petite escapade. Et si, finalement, on s’en fichait un peu de savoir s’il est possible ou non de rejoindre la Chine avec un seul bidon d’essence ? Ce qui compte dans cette histoire, c’est le lien qui unit secrètement le jeune garçon et son grand-père depuis leur formidable aventure…
Un roman comme un mini road-trip, que l’on peut voir à la fois comme une aventure et comme une histoire de complicité entre un jeune garçon et son grand-père : c’est tendre et rafraîchissant.
| Presto et Zesto au Limboland Texte d’Arthur Yorinks (traduit de l’américain par Françoise Morvan), illustré par Maurice Sendak ![]() ![]() L’école des loisirs 13,70 €, 280×200 mm, 36 pages, imprimé en France, 2019. |
Opération Solex![]() Texte d’Henri Blum, illustré par Thélio Vidal La Palissade 8 €, 190×120 mm, 88 pages, imprimé en France, 2019. |

« Un instant, un seul, lui fait déserter son corps : le temps des livres. Le corps de l’enfant qui lit n’est plus qu’un tas de vêtements qu’il a jetés n’importe où. Le livre est ouvert sur la moquette. Les vêtements glissent du lit ou font les pieds au mur. Il est en train de lire. […] Il n’y a plus personne dans la chambre. L’enfant est très loin de là, dans un corps plus ample, au milieu des vagues, loin de nous. » Timothée de Fombelle, Neverland.


