Aujourd’hui on plonge dans des mondes poétiques et intrigants pour finir les vacances en beauté grâce à deux albums originaux : Aspergus et moi de Didier Lévy et Pierre Vaquez et le conte musical Alice et merveilles qui met en scène l’histoire de Lewis Carol, Alice au pays des merveilles !
Il était une fois un peintre extrêmement réputé : Franz Aspergus. Un peintre renommé, admiré… mais qui commence sérieusement à déprimer. Aspergus perd petit à petit le gout de peindre… Jusqu’au jour où il croise la route du narrateur, qui n’est autre qu’un des trente assistants du peintre. Un petit rat qui travaille dans l’ombre pour que le grand Aspergus puisse faire des merveilles. À son contact, Aspergus va redécouvrir son art et réussir son plus grand souhait « peindre comme un enfant ».
Aspergus et moi est un formidable album qui nous conte l’amitié entre Aspergus, le peintre-chien et son petit assistant, un jeune rat. Une amitié profonde et belle qui permettra aux deux protagonistes de s’émanciper et de se révéler. L’histoire est à la première personne, nous sommes au cœur de l’atelier du « maître », et au plus près des émotions du petit assistant. L’album est très symbolique : Aspergus qui ne peint qu’en noir va petit à petit se mettre à découvrir la couleur au fur et à mesure qu’il se détache des codes picturaux. Sur les conseils du petit rat il se met à peindre de la main droite, puis les yeux bandés… Jusqu’à recréer un nouvel art (l’art moderne). Les personnages de Didier Lévy sont particulièrement attachants, on plonge dans cette belle histoire d’amitié avec plaisir tandis que les illustrations de Pierre Vaquez – graveur en taille-douce – nous proposent un univers particulièrement riche. L’illustrateur joue avec les différentes nuances de noir dans lesquelles il distille des taches de couleurs éclatantes.
Un très bel album réjouissant sur l’amitié et l’art !
Alice est allongée dans l’herbe. Elle s’ennuie… Sa sœur est plongée dans un livre sans images ni dialogues… Qu’est-ce que c’est barbant ! soupire-t-elle… Heureusement pour elle, la journée s’annonce plus surprenante que prévu avec l’irruption soudaine d’un lapin blanc en retard que notre jeune héroïne décide de suivre. Commence alors un périple extraordinaire pour Alice…
Vous l’aurez compris, Alice et merveilles reprend l’histoire archi-connue de Lewis Carrol : Alice au pays des merveilles. Ce superbe livre-CD nous en propose une adaptation formidable. Stéphane Michaka transforme le conte en pièce de théâtre : 7 scènes qui nous plongent dans l’univers féérique du chat de Cheshire et de la reine de cœur. Cette adaptation se veut résolument moderne : c’est Alice qui est maître de son destin, c’est elle qui s’exprime, qui parle (et qui chante dans la version CD !). Les illustrations de Clémence Pollet accompagnent parfaitement l’album : l’univers dépeint est psychédélique à souhait ! La version CD est absolument géniale. La musique originale de Didier Benetti séduire les grand·e·s comme les petit·e·s : c’est entraînant à souhait ! Le conte musical interprété par 8 comédien·ne·s, l’Orchestre national de France et la maîtrise de Radio France retranscrit à merveille l’ambiance mi-onirique mi-terrifiante du monde dans lequel plonge Alice. Mention spéciale également pour les quatre chansons Mes rivages sucrés, Marvelousse, Les épines absentes et Pour suspendre le temps qui plairont beaucoup aux enfants et qui nous décrivent les émotions d’une petite fille qui refuse de grandir et voudrait faire de sa vie une fête permanente !
Une très belle adaptation moderne et rêveuse !
Aspergus et moi![]() ![]() Texte de Didier Lévy, illustré par Pierre Vaquez. Sarbacane 17,50 €, 286×315 mm, 34 pages, imprimé en France, 2017. |
Alice et merveilles![]() ![]() Texte de Stéphane Michaka, illustré par Clémence Pollet, musique originale de Didier Benetti interprétée par l’Orchestre national de France et la maîtrise de Radio France. Didier Jeunesse 23,80 €, 274×275 mm, 48 pages, imprimé en France, 2017. |

Née au début des années 90s, tour à tour professeure, amoureuse de la vie, de la littérature, de la musique, des paysages (bourguignons de son enfance, mais pas que…), des films d’Agnès Varda, des vers de Cécile Coulon et des bulles de Brétecher. Elle a fait siens ces mots de Victor Hugo “Ceux qui vivent ce sont ceux qui luttent”.


