Aujourd’hui, je vous propose l’histoire d’un mouton qui sauve une école et l’histoire d’une jeune fille qui se prend pour une guerrière Cherokee.
Le ministre a décidé, maintenant c’est 30 élèves par classe, sinon pas de classe ! Il faut faire des économies et les petites écoles, ça coûte trop cher à la République. Sauf que sur l’île aux moutons, les élèves de toute l’école sont réuni·e·s dans une seule et unique classe… et ils et elles sont 29 ! Pour le ministre pas d’exception possible, 30 c’est 30 et tant pis s’il faut fermer l’école, les enfants iront en pension sur le continent ! Mais voilà qu’on inscrit un trentième élève, il s’appelle Vincent… et c’est un mouton !
Décidément, on trouve des merveilles dans les romans de La joie de Lire. L’incroyable histoire du mouton qui sauva une école est tiré d’une histoire vraie (l’histoire s’est passée à Saint Nazaire, des parents d’élèves ont inscrit un mouton à l’école pour sauver une classe et l’ont appelé Vincent P., en hommage au ministre de l’Éducation de l’époque), mais ici on est dans la caricature, l’humour, l’absurde. Avec une très belle écriture Thomas Gerbeaux dénonce la bêtise de l’administration tout en faisant rire ses lecteurs et ses lectrices. Le roman est de plus très joliment illustré par Pauline Kerleroux, avec des illustrations en deux tons directs (pantone fluo et bleu roi). Bref, c’est aussi beau que bon !
Un très bon roman qui sous ses aspects comiques, dénonce la bêtise des décisions de ministres qui ne connaissent rien au terrain.
Depuis qu’elle s’est rendu compte qu’on lui mentait dans Le manuel du castor Junior (le code morse qui y est donné est totalement faux), Lally, 10 ans, a décidé de tester elle-même tout ce qui est dit dans les livres. Mais tester de faire du feu avec des allumettes mouillées et des herbes sèches près de la cantine lui attire des ennuis… Lally est changée de classe et se retrouve avec l’horrible Madame Lichel… Heureusement, Lally rencontre Aldo, un jeune garçon mystérieux qui campe dans la forêt près de chez elle.
Lally est souvent à côté de ce qu’on attend d’elle, elle déçoit ses parents… mais aucun adulte ne l’écoute vraiment, aucun n’essaye de la comprendre… d’ailleurs personne ne sait qu’elle est une guerrière Cherokee. Heureusement, il va y avoir une rencontre, de celles qui changent une vie. Aldo, tout comme Lally, n’est pas dans la norme. Lui la comprend. Trop de chefs, pas assez d’Indiens c’est un formidable roman sur les rencontres, sur ces moments où l’on se sent seul·e·s, sur l’imagination et l’envie d’ailleurs. Un bel hommage à ceux et celles qui marchent parfois à côté des chemins qu’on aimerait qu’ils et elles prennent. Un roman qui rappelle que les adultes sont souvent durs avec les enfants, et passent plus de temps à les récriminer qu’à tenter de les comprendre.
Un très bon roman avec une héroïne drôlement attachante.
L’incroyable histoire du mouton qui sauva une école![]() ![]() Texte de Thomas Gerbeaux, illustré par Pauline Kerleroux La joie de Lire dans la collection Hibouk 9,90 €, 130×185 mm, 94 pages, imprimé en Pologne, 2018. |
Trop de chefs, pas assez d’indiens![]() de Marion Achard Actes Sud Junior 13 €, 135×215 mm, 112 pages, imprimé en France, 2018. |

Aimait la littérature jeunesse bien avant d’avoir des enfants mais a attendu d’en avoir pour créer La mare aux mots. Goût particulier pour les livres pas gnangnan à l’humour qui pique !



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