On a déjà toutes et tous entendu parler des monstres qui se planquent sous les lits, des fantômes qui hantent les vieilles maisons et des vampires aux ailes de chauve-souris. Ce qu’on a tendance à oublier, c’est à quel point tout ce petit monde peut être sympathique et n’attend que de jouer avec nous (enfin… pour la plupart !). Je vous invite donc à frissonner et à vous amuser en compagnie du bestiaire de L’incroyable catalogue des monstres, aux côtés des habitant·es du 109 rue des soupirs et enfin de Vlad, le pire vampire du monde.
Vlad est un petit vampire qui vit auprès de ses parents et de son grand-père dans un vieux manoir lugubre. Mais il ne correspond pas à ce que l’on attend d’un Nosferatu junior : il a peur du noir, a beaucoup de mal à se transformer en chauve-souris et vole comme un pied (ce qui met sa mère très en colère) ! Il est donc décidé que son cousin Lupus va venir pour l’aider parfaire son apprentissage. Venu tout droit de Transylvanie, ce dernier est plein d’assurance en plus d’être super fortiche en loopings aériens et transformation express !
Mais plus que la débrouillardise un peu agaçante de son cousin, Vlad redoute qu’il ne découvre son terrible secret… Car le jeune vampire maladroit fréquente l’école des humain·es le jour et s’y ai même fait une meilleure amie (le tout sans que sa famille ne soit au courant de rien ni que ses camarades ne se doutent de sa nature vampirique). Mais voilà que Lupus débarque à l’école primaire de Vlad !
Un cousin formidiable est le troisième volume de la série Vlad, le pire vampire du monde, dans laquelle on suit les péripéties du jeune héros aux crocs pointus. Un brin timide et plutôt angoissé, il a du mal à trouver sa place au sein de sa famille et de ses traditions désuètes. Ce sentiment de différence s’atténue totalement à l’école, seul endroit où il peut rencontrer des enfants de son âge et s’épanouir, n’hésitant pas à jouer dans une pièce de théâtre par exemple. Sa meilleure amie Minxie l’épaule beaucoup et l’accepte tel qu’il est.
Mais l’arrivée de son cousin rend encore plus difficile sa double vie ! La nuit, la famille de Vlad est sous le charme des prouesses de Lupus et le jour ses camarades d’école sont impressionné·es par ses exploits en trottinette et son bagout. Décidément, il est plus grand, plus fort, plus doué, plus courageux… Plus tout ! Mais, il semblerait qu’il ait aussi ses propres soucis, et que son aplomb cache quelque chose.
Ce court roman traite du sentiment de différence et du handicap que peut représenter l’anxiété, tout en rappelant l’importance de l’amitié et de l’entraide. En effet, Lupus est bienveillant envers Vlad, ne se moque jamais de lui, ne le rabaisse pas et se montre au contraire très encourageant. Par contre, il n’hésite pas à relever les incongruités de sa famille conservatrice et très ancrée dans des traditions archaïques comme boire du sang, dormir dans des cercueils ou ne surtout pas se mêler aux humain·es. En les bousculant de la sorte, il prouve à Vlad qu’il est en droit de se faire ses propres opinions et l’encourage à s’affirmer.
Un cousin formidiable est une lecture assez simple et bien ficelée, qui fait aussi bien rire que frissonner !
Au 109 rue des Soupirs, dans le tranquille village de Belle-en-joie, se dresse une bicoque inquiétante que personne n’ose approcher. Pourtant, c’est là que la famille Biglow emménage, pas du tout au courant des rumeurs qui circulent sur leur nouvelle demeure. Le jeune Elliot a à peine le temps de poser ses valises que ses parents lui annoncent qu’ils doivent déjà repartir travailler. Comme ils sont toujours en déplacement ou branchés à leur téléphone pour régler des affaires, il a l’habitude de se débrouiller sans eux. Mais il semblerait qu’il ne soit pas si seul que ça cette fois… Des grincements inquiétants et des murmures bizarres résonnent à chaque étage du manoir poussiéreux… Sans parler des formes étranges qui semblent le peupler. Et si les ragots des villageois·es étaient vrais, et que ce lieu était bel et bien hanté par une armée de fantômes ?!
J’ai adoré découvrir les personnages de cette série (scénarisée par Mr Tan, l’auteur de Mortelle Adèle et dessinée par Yomgui), et ensuite les retrouver tome après tome dans des aventures pleines de rebondissements ! Car les fantômes du 109 rue des Soupirs sont attachant·es, chacun·e à leur manière.
Il y a Amédée, l’adolescente gothique à l’humour noir, Angus, l’écrivain maudit un poil mélancolique, Éva, la douce cantatrice et enfin Walter, le cow-boy brut de décoffrage. Et puis bien sûr, Eliott, qui trouve à travers tout ce petit monde une famille de substitution bien plus attentionnée que ses parents.
Mais si Belle-en-joie est réputée pour son calme, il semblerait qu’il en soit autrement pour ses fantômes, car la terrible chasseuse d’ectoplasmes Ulrika Von Paprika est décidée à les pulvériser coûte que coûte !
Au fil des volumes de nouveaux personnages viennent enrichir l’histoire, des mystères planant sur la vieille maison et ses revenant·es sont levés tandis que d’autres apparaissent. Si les deux premiers volets se passent en huis clos, le troisième se déroule dans les rues du village et l’on découvre petit à petit (et avec plaisir) l’univers imaginé par les deux auteurs. En plus, la mise en page est elle-même très dynamique, l’illustrateur jouant avec les cases et les espaces pour créer des scènes labyrinthiques, explosives, mystérieuses… Tout cela crée un rythme soutenu et on ne s’ennuie jamais !
Le travail de colorimétrie varie également au fil des livres (chacun ayant son propre camaïeu de vert, bleu ou violet) dans des teintes volontairement glauques qui collent parfaitement avec l’ambiance irréelle du texte. Mais même si l’on parle ici de fantastique, d’esprits et autres poltergeists, c’est aussi l’importance de l’amour familial, de l’amitié à toute épreuve et de l’entraide qui est mise en avant.
Mêlant avec brio plaisanterie, macabre et bon sentiment, 109 rue des Soupirs est une série coup de cœur !
Tout part d’une correspondance entre une enfant qui aime les monstres et un professeur qui les étudie et les répertorie. Suite à une lettre de la petite fille décrivant ce qui vit sous son lit, le spécialiste en bizarrerie envoie son catalogue personnel agrémenté d’anecdotes et de recommandations, où pas moins de vingt-cinq créatures incroyables sont recensées. Il y a par exemple les innombrables Poupouilles farceuses, l’ordre des Tartanouilles, mais aussi le très rare et presque légendaire Sarawakawipitounichkk. L’incroyable catalogue des monstres pourrait s’avérer bien pratique pour savoir qui (ou plutôt quelle bestiole) nous a encore piqué les clés de voiture ou a provoqué un éboulement.
Pour commencer, l’album en lui-même est déjà magnifique : son très grand format lui donne une allure majestueuse et rend hommage aux fabuleuses peintures l’illustrant. On plonge directement dans son univers fantasmagorique et l’on découvre avec délice les comportements et habitudes des monstres qui y sont listés.
Et préparez-vous à mourir de rire, car ici pas question de s’ennuyer avec des explications tortueuses et soporifiques. L’imagination débordante de l’auteur, les détails des illustrations et les bouilles des personnages forment un cocktail explosif ! J’ai adoré me balader au fil des pages, piocher des informations de ci de là, m’arrêter pour contempler en détail les images et
essayer de trouver quel pourrait bien être mon monstre favori. Chose compliquée, car ils sont aussi fascinants et ébouriffants les uns que les autres… En plus, leurs couleurs pastels et leurs aspects duveteux donnent envie de plonger les mains dans leurs fourrures (bon, sauf peut-être pour l’Héliophobe volant, qui risque de nous croquer si l’on fait mine de le caresser). Après tout, qui a dit que les monstres sont forcément tous méchants ou repoussants ?
L’incroyable catalogue des monstres est un coup de cœur, aussi bien pour son aspect insolite et son humour absurde à tomber par terre, que pour les illustrations scotchantes de Mateo Dineen !
Vlad, le pire vampire du monde t.3, Un cousin formidiable![]() Texte d’Anna Wilson (traduit de l’anglais par Claire-Lucie Polès), illustré par Kathryn DurstTalents Hauts dans la collection Zazou 9,90 €, 146×210 mm, 156 pages, imprimé en Bulgarie, 2020. Achetez ce livre* via LesLibraires.fr, LaLibrairie.com ou Place des libraires. |
109 rue des soupirs![]() ![]() Scénario de Mr Tan, dessins de Yoùgui Dumont Casterman 10,90 €, 162×235 mm, imprimé en Espagne, 2020. Achetez ce livre* via LesLibraires.fr, LaLibrairie.com ou Place des libraires. |
L’incroyable catalogue des monstres![]() Texte de Grégoire Kocjan, illustré par Mateo DineenMargot éditions 19,90 €, 262×380 mm, 58 pages, imprimé en Italie, 2020. Achetez ce livre* via LesLibraires.fr, LaLibrairie.com ou Place des libraires. |

Approche de la trentaine, et en a profité pour perfectionner ces petites choses si importantes qui font un tout. Vivre les livres, dessiner et créer des trucs, pour relier le dehors au dedans. Aime la nature, les histoires qui donnent espoir, celles aux allures de vieux grimoires, les BD hypersensibles et les images colorées.
Se retrouve dans le travail de Tarmasz, de Tayou Matsumoto, de Bretch Evens.


Texte d’Anna Wilson (traduit de l’anglais par Claire-Lucie Polès), illustré par Kathryn Durst