Aujourd’hui, je vous propose deux albums bourrés d’humour sur des enfants sages comme des images, serviables, polis, des enfants parfaits en quelque sorte !
Par une belle journée ensoleillée, monsieur et madame Dupré décident de se rendre au supermarché pour s’acheter… un enfant. Et à L’enfant roi, on trouve tous les modèles, et dans toutes les tailles s’il vous plaît ! Enfant musicien, enfant surdoué, enfant trapéziste, etc. Il y a même une promo sur les jumeaux. Mais eux, ce qu’ils veulent, c’est un « enfant parfait ». Pas de problème, il en reste justement un en stock, mais c’est le dernier (c’est le modèle le plus demandé). Il s’appelle Baptiste. Vendu ! Monsieur et madame repartent avec leur bambin. Et c’est vrai que cet enfant-là, il est parfait : il n’aime pas les sucreries, il est propre et calme, dort bien, est attentif en classe, et j’en passe. Mais ses parents n’ont pas les mêmes qualités… Ils regardent la télévision en mangeant des cochonneries, oublient d’aller chercher Baptiste à l’école ou même de faire les courses. Eux sont loin d’être parfaits ! Et Baptiste finit par en avoir par-dessus la tête…
Voilà un album étonnant, et très drôle, qui s’adresse aussi bien aux enfants qu’aux parents. Il interroge avec beaucoup de pertinence le désir des parents d’avoir des enfants « parfaits », calmes, doués et obéissants. Mais peut-être faut-il avant tout s’interroger sur sa propre perfection ! Et la perfection n’est-elle pas illusoire ? En tant que parents, nous y sommes renvoyés à nos propres carences, et nous sommes loin d’être irréprochables… Avec des illustrations dans la ligne claire, cet album nous livre une critique malicieuse de la société de consommation.
Un album incisif qui, à travers un retournement de situation pertinent, décale le thème de l’enfant parfait.
Pavor Nocturnus est très obéissant. Il suit à la lettre tous les conseils de sa maman : ne pas manger de fruits avec pépins (imaginez ce qu’il pourrait arriver s’il avalait un pépin !), ne pas sortir seul, ne pas parler à des étrangers, et surtout ne pas se salir et bien se protéger pour éviter les microbes qui traînent partout ! Parce que le monde est rempli de danger qui le guette en permanence. Alors Pavor s’assied seul en classe pour ne pas se faire contaminer, il mange bien et sainement, fait du sport, ne rechigne pas pour aller se faire vacciner. Mais une fois la nuit tombée, lorsque Pavor s’endort, de terribles créatures viennent le visiter dans son sommeil et il passe des nuits épouvantables, entrecoupées de cauchemars et de hurlements ! Au réveil, il n’en a plus aucun souvenir. Inquiète, sa maman l’emmène chez un médecin. Celui-ci n’a jamais vu ça. Il a beau chercher dans tous ses dictionnaires médicaux, cette maladie n’existe pas. Alors il lui donne un nom, « le mal de Pavor ». Le remède ? Jouer, rencontrer des gens, rêver. Pavor a un nouveau programme devant lui !
Pavor Nocturnus. L’histoire d’un petit garçon un peu trop parfait nous offre une jolie leçon de vie : pour grandir, il faut savoir s’ouvrir au monde. La maman de Pavor, angoissée par tous les dangers qui pourraient survenir à son fils, le surprotège. Pavor quant à lui a intériorisé cette angoisse et devient le petit garçon parfait, obéissant en tout à sa mère. Les illustrations de Letizia Iannaccone sont vraiment magnifiques, elles reflètent avec une grande justesse l’angoisse qui étreint le cœur de Pavor puis l’insouciance qui le gagne lorsqu’il s’autorise enfin à aller vers les autres.
Un très joli album pour apprendre l’importance du rêve et de la légèreté. Et de l’imperfection…
Un enfant parfait![]() ![]() Texte de Michaël Escoffier, illustré par Matthieu Maudet l’école des loisirs 12,20 €, 190 x 260 mm, 36 pages, imprimé en France, 2016. |
Pavor Nocturnus. L’histoire d’un enfant un peu trop parfait![]() ![]() Texte de Marilina Cavaliere, illustré par Letizia Iannaccone Seuil jeunesse 12,90 €, 195 x 260 mm, 40 pages, imprimé en Lettonie, 2016. |

Aimait la littérature jeunesse bien avant d’avoir des enfants mais a attendu d’en avoir pour créer La mare aux mots. Goût particulier pour les livres pas gnangnan à l’humour qui pique !


