Il semblerait que les héroïnes et héros des albums que je vous présente aujourd’hui aient comme nous besoin de s’échapper un peu, de changer d’air. Bonnes lectures et bonnes vacances à tous et à toutes !
Petit chimpanzé et son père prennent la route à bord de leur side-car en forme de banane. Mais quelques mètres suffisent pour qu’ils se retrouvent dans un énorme embouteillage. Ni une ni deux, le petit singe s’échappe de la moto familiale, partant à la découverte des véhicules immobilisés. Il rencontre alors, tour à tour, un pirate dans son bateau à roues, un camion de jus de fruits/limonade aux pailles géantes conduit par un volatile, une ambulance pour grand malade pris en charge par de minuscules souris, ou bien encore divers food trucks livrant directement sur place… Petit chimpanzé finit par retrouver son père ; et une surprise, à la main, il rejoint finalement celle qu’il aime le plus au monde.
En voiture ! Vos enfants vont adorer suivre les aventures de ce singe malicieux qui fait d’un moment pénible (être coincé dans les embouteillages) un moment de joie et de jeux. Les véhicules représentés sont nombreux, des plus classiques, tels camion, tracteur, ou taxi, en passant par les plus originaux, tels side-car ou triporteur, jusqu’aux plus improbables, tels camion-niches ou camion-laverie. Il faudra prendre le temps d’observer chaque illustration et ses détails, car c’est là que se raconte l’histoire davantage que dans le texte court, simple, et jouant sur les sonorités de la langue. Les personnages, aux grands yeux, très cartoon, ont un air malicieux. Ils apportent une dose de pep’s supplémentaire à cet univers coloré, joyeux, et un brin rétro. Bien sûr, on a qu’une envie : tourner les pages, pour voir où tout cela va mener. L’échappée du chimpanzé est un livre à glisser dans les valises pour rendre le départ en vacances bien plus rigolo.
Une maison s’épanouissait follement au cœur de son quartier : avec ses amies maisons, d’abord ; mais aussi et surtout, avec ses habitant·es, dont elle aimait prendre soin. Elles et ils le lui rendaient bien, en la choyant, et en l’enveloppant chaque jour de rires et de chants. Mais, cela ne dura pas, car les habitant·es commencèrent à faire du quotidien du logis un enfer. Elles et ils ne s’écoutaient plus, se disputaient, ne prêtaient plus attention à rien ni à personne. La maison n’en put vite plus, et décida de s’en aller prendre l’air, emmenant tout le monde avec elle ! Les choses seraient-elles différentes ailleurs ?
Lorsqu’on a un livre à la main, ce qui attire l’œil en premier, ce sont le titre et l’illustration de première de couverture ; l’histoire, par son résumé, n’arrive que dans un deuxième temps, au moment où l’on retourne le livre. Cet album n’a pas dérogé à la règle. J’ai d’abord été happée par son titre « Changer d’air » : exactement, ce dont on rêve tous et toutes, en ce moment. Puis, j’ai été attirée par cette illustration très 60-70’s. Cet univers pop, à l’esprit psychédélique, se retrouve dans tout le livre. Le décor est coloré, foisonnant d’éléments végétaux. Les maisons ont de grands yeux, qui me font penser à certaines illustrations présentes dans les publications de ces années un peu folles. La mise en page est extrêmement travaillée, jouant sur toutes les possibilités qu’offre un album (pleines pages, encadrés, découpes…). Le tout au service de ce que l’on pourrait appeler une fable écologique, thématique qui commença à se développer dans les années 60-70’s, et d’une actualité criante, dorénavant. Le livre questionne sur le rapport à la nature, le rapport à notre maison à tous et à toutes, notre Terre mère. Cette maison, objet inanimé qui prend vie, devenant l’héroïne de l’histoire, est maternante avec ses habitant·es, mais elle sait également faire entendre sa colère quand rien ne va plus, inondant de ces larmes l’espace qui l’entoure. Changer d’air suffira-t-il ? Ou finalement un changement profond est-il nécessaire ? Pour vivre mieux, pour vivre bien, il faut aussi apprendre à vivre ensemble. Ce livre questionne donc également sur le rapport à l’autre, sur le besoin de tendresse, d’amour et d’amitié, pour (re)construire un monde meilleur. Vous l’aurez compris, sous couvert d’une histoire jouant à fond la carte de l’imaginaire, c’est bien de notre réalité dont il s’agit.

L’échappée du chimpanzé![]() ![]() de Léo Timmers (traduit du néerlandais par Laurent Bayer) Cambourakis 14 €, 287×228 mm, 28 pages, imprimé en Lettonie, 2020. Achetez ce livre* via LesLibraires.fr, LaLibrairie.com ou Place des libraires. |
Changer d’air![]() de Jeanne Macaigne Les Fourmis rouges 18 €, 221x283mm, 82 pages, imprimé en Italie, 2021. Achetez ce livre* via LesLibraires.fr, LaLibrairie.com ou Place des libraires. |

Fille des années 80, amoureuse des livres depuis toujours. La légende raconte que ses parents chérirent le jour où elle sut lire, arrêtant ainsi de les réveiller à l’aube. Sa passion des livres, et plus particulièrement des livres jeunesse, est dévorante, et son envie de partage, débordante. Elle est sensible aux mots comme aux images, et adore barboter dans les librairies et les bibliothèques. Elle aime : les albums au petit goût vintage et les romans saisissants, les talentueux Rebecca Dautremer et Quentin Gréban, les jeunes pousses Fleur Oury et Florian Pigé, l’humour d’Edouard Manceau et de Mathieu Maudet, les mots de Malika Ferdjoukh et de Marie Desplechin.





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