Aujourd’hui, on prend une grande bouffée d’automne à travers deux titres qui sentent les feuilles mortes et nous font vivre au rythme des saisons !
C’est une graine de trois fois rien. Toute petite, discrète. Elle passerait presque inaperçue. Mais en elle, une promesse. Une jeune pousse qui prend la place que la terre lui offre, quelques feuilles légères qui se déploient… Il faudra lui laisser du temps, il faudra qu’elle trouve son rythme pour offrir ce qu’elle porte de merveilleux. La nature est ainsi : surprenante, vivace, vivante. Autour du grand chêne, ça s’agite, ça grandit, se nourrit et nourrit. L’écureuil curieux passe par là le temps d’une danse avec le fruit tant convoité, il le poursuit, le croque. Et l’arbre autrefois graine deviendra majestueux, fier de son feuillage verdoyant, flamboyant sous son fébrile manteau d’automne, ensommeillé et nu sous les flocons.
Après son Herbier et ses Plantes vagabondes, Émilie Vast illustre un nouvel album intensément végétal comme elle sait si bien les offrir à ses lecteurs et lectrices.
Deux vies s’animent sous nos yeux d’enfants : celle du monde végétal et celle du monde animal. Chacun cohabite joyeusement avec l’autre : l’un est refuge, abri protecteur, l’autre est objet d’amusement et de curiosité. C’est doux comme l’été indien et rafraîchissant à souhait !
Un album qui se lit pour apprivoiser les secrets des saisons !
Avalanche de couleurs et de feuilles mortes ! Serait-ce le signal pour sortir et prendre du bon temps ? Et autant dire que pour notre héros, le vent qui souffle et emporte tout est idéal pour faire prendre l’air au cerf-volant qui sommeille dans les cartons de son grand-père. Commence alors une expédition dans toute la maison pour retrouver le précieux objet qui promet de belles heures de rires et de jeux. De pièce en pièce, de commode en placard, chaque objet extirpé des boites et des tiroirs reporte l’expédition dans le parc et ravive un tendre souvenir partagé. La nostalgie opère avec une émotion légère et palpable…
Dernier volet d’une série évoquant les quatre saisons, ce Papy, ça souffle porte follement bien son nom et rend grâce avec humour à cet automne qui fait frissonner sous les écharpes et les bérets. Ces quelques pages sont l’occasion d’assister à des instants d’une belle et forte complicité entre un grand-père et son petit-fils. Dans une ambiance anglaise qui se marie parfaitement au climat venteux de l’album, il en faut peu pour se sentir emporter par ce tourbillon de feuilles et de pluie qui favorise l’amusement et entretient ce petit grain de folie qui se transmet de génération en génération. On n’échappera pas à l’envie urgente de chausser ses bottes en caoutchouc pour s’inviter dans cette très belle valse automnale d’une tendresse étourdissante.
Un beau titre pour se réjouir des caprices du temps.
Quelque chose de merveilleux![]() ![]() Texte de Shin Sun-Jae (traducteur·trice non crédité·e), illustré par Emilie Vast Éditions MeMo 16€, 220 x 270 mm, 32 pages, imprimé en Europe chez un imprimeur éco-responsable, 2019. |
Papy ça souffle !![]() ![]() Sam Usher (traduit par Véronique Mercier-Galla) Édition Little Urban 13,50€, 220 x 300 mm, 32 pages, imprimé en Malaisie, 2019. |

J’aime les gens qui doutent, aller voir ailleurs si j’y suis, oublier le temps dans une librairie, boire du vin et du thé, entretenir mon goût démesuré pour les petites listes… Amoureuse du cinéma de Miyazaki, des chansons de Pierre Lapointe, des pinceaux de Mélanie Rutten, des BD de Renaud Dillies, de la poésie de Vinau, des livres illustrés et des romans qui bousculent avec de jolis mots.



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