Aujourd’hui, il est question de fantômes et de géants, deux romans qui font un peu peur… mais pas tant que ça. L’un est un classique, l’autre va le devenir.
Hugo vivait avec ses parents au domaine de Monliard, maison nichée au cœur d’un terrain de mille hectares où l’on trouvait des ruisseaux, des marais et même un vieux cimetière. Dans ce dernier, où personne n’avait été enterré depuis 1897, il se passait des choses étranges. Une plante rare y avait poussé et, surtout, du pétrole y avait fait son apparition… Qu’est-ce qui pouvait bien être à l’origine de ces événements curieux ? Hugo allait bientôt (malheureusement) le découvrir…
On peut lire, dans certaines critiques, une comparaison entre Hugo de la nuit et l’œuvre de Tim Burton. Grave erreur ! Car si le réalisateur américain propose des films avec un macabre bien calibré, qui ne choquera personne, Bertrand Santini, lui, ne se soucie pas de ne pas déranger et ne tente pas de ratisser le plus large possible, son roman va parfois là où l’on ne l’attend pas, c’est parfois effrayant… et tant mieux ! Si l’on devait comparer (ah cette manie de comparer) Bertrand Santini, c’est plutôt du côté de la Hammer… voir de Roald Dahl qu’il faudrait aller (quel plaisir, du coup, d’associer les deux auteurs dans une même chronique). En tout cas, une chose est sûre, difficile de comparer Bertrand Santini à des auteurs français ! Après L’étrange réveillon où un enfant passait sa nuit de Noël avec les morts ou Le yark dans lequel un monstre mangeait des enfants, voilà qu’il nous propose une histoire avec des zombies, des fantômes et des meurtres sanglants ! Mais rassurez-vous, cette histoire-là est bien pour les enfants (à partir de 12 ans d’après l’éditeur), sa lecture nous fait plus rire qu’elle ne nous fait peur !
Un de nos meilleurs auteurs français signe un petit bijou qui fait autant rire que frissonner.
Alors que Sophie ne trouve pas le sommeil, elle aperçoit pas la fenêtre du dortoir de son orphelinat un géant qui souffle dans une très longue trompette qu’il glisse par les fenêtres des immeubles… Qui est ce personnage terrifiant et qu’est-il en train de faire ? Sophie va vite le découvrir car il l’a vu, et il a décidé d’emmener la petite fille avec lui au pays des géants…
Tout comme Bertrand Santini, Roald Dahl propose une histoire qui pourrait être terrifiante pour les enfants (ici, des humains sont croqués par des géants appelés le Croqueur d’os ou encore l’Avaleur de chair fraiche), et pourtant ici aussi on sourit plus qu’on est effrayé. Le BGG est un conte magnifique, une grande histoire captivante (je l’ai lue chapitre par chapitre à ma fille de 8 ans qui attendait chaque soir la suite… et je partageais son enthousiasme). Le grand format de cette nouvelle édition permet de mieux admirer les belles illustrations de Quentin Blake (ici mises en couleurs).
Un grand classique de la littérature jeunesse qui n’a pas fini de plaire aux enfants… et à leurs parents !
À noter que Gallimard a sorti également dans la même collection Moi, Boy et plus encore, une édition richement enrichie de documents de la géniale autobiographie de Roald Dahl (voir chronique
de samedi) et un album documentaire (réalisé par la rédaction de Lire), Roald Dahl, le géant de la littérature jeunesse, dans lequel on trouve des témoignages de lecteurs.trices prestigieux.ieuses (Philippe Delerm, Timothée de Fombelle, Susie Morgenstern…), des analyses de ses œuvres et des articles de fond, passionnant !
Hugo de la nuit![]() de Bertrand Santini Grasset Jeunesse 13 €, 140×205 mm, 213 pages, imprimé en Espagne, 2016. |
Le BGG – Le Bon Gros Géant![]() Texte de Roald Dahl (traduit par Jean-François Ménard), illustré par Quentin Blake Gallimard Jeunesse 14,90 €, 195×250 mm, 224 pages, imprimé en France, 2016. |
Moi, boy et plus encore![]() Texte de Roald Dahl (traduit par Janine Hérisson et Jean-François Ménard), illustré par Quentin Blake Gallimard Jeunesse 14,90 €, 195×250 mm, 224 pages, imprimé en France, 2016. |
Roald Dahl, le géant de la littérature jeunesse![]() Collectif Gallimard Jeunesse/Lire 16,50 €, 221×228 mm, 112 pages, imprimé en France, 2016. |

Aimait la littérature jeunesse bien avant d’avoir des enfants mais a attendu d’en avoir pour créer La mare aux mots. Goût particulier pour les livres pas gnangnan à l’humour qui pique !

