Aujourd’hui on se replonge dans les contes de notre enfance avec le superbe album Réclamez des contes de Delphine Jacquot et on fait la connaissance d’un drôle de lion « Chichi poilu » qui a un peu de mal à assumer son surnom…
Et si Boucle d’Or avait pu utiliser les « Frigofringals » pour réchauffer les bons petits plats de la famille Ours ? Et si le vilain petit canard avait pu se muscler grâce aux haltères « Poiplum » ? Et si le grand méchant loup avait pu se rassasier du pâté gourmand façon mère grand saveur petit chapon et courges ? Et si, et si, et si…
Réclamez des contes est un album original et savoureux qui reprend les contes les plus connus – de la chèvre de Monsieur Seguin à Cendrillon en passant par Alice aux pays des merveilles et le Petit Poucet – et les détourne de manière humoristique en les transformant en publicité. Chaque double page est consacrée à un conte ou une histoire– à gauche la fameuse « annonce publicitaire » et à droite l’illustration. Delphine Jacquot joue avec les codes de la publicité en inventant des slogans abracadabrantesques qui n’en demeurent pas moins amusants. Ce procédé a pour effet de créer des situations burlesques et hilarantes. Ainsi, grâce au « kit serein » qui se compose de « 7 panoramas différents déclinés par saison, 1 tapis roulant à angle d’inclinaison variable et 1 système éolien de rotation » la chèvre de Monsieur Seguin n’aurait eu aucun mal à se sauver ! Jeux de mots, rimes, références plus ou moins explicites, l’ouvrage de Delphine Jacquot se veut didactique et permet aux plus jeunes de découvrir ou redécouvrir des contes. Les magnifiques planches dessinées de l’auteure porte à merveille ces annonces. Oniriques et singulières elles nous dépeignent un monde intriguant et séduisant.
Un très bel album pour se replonger dans les contes ! Réclamez-en !
Au cœur de la savane sauvage, Achille le lion vit sa vie de lionceau puis de roi des animaux paisiblement. Seul bémol, sa maman qui s’entête à le surnommer « Chichi poilu ». Si ce surnom ridicule et idiot passait encore quand Achille était un petit lion, il convient un peu moins pour un grand roi… Difficile de lier des relations avec les autres animaux et difficile de faire succomber la belle princesse de Germanie dont Achille est amoureux…
Qu’il est attachant ce « Chichi poilu » et qu’il est amusant cet album ! Bien ficelé, il nous parle des petites gênes et petites hontes du quotidien – entre nous qu’il se dénonce celui qui n’a jamais eu de mal à assumer le surnom attribué par ses parents ! – . Lenia Major nous raconte une jolie histoire, l’angle est original (imaginer ce grand lion qui a des problèmes de diplomaties internationales à régler s’étrangler de rage en entendant sa maman l’appeler Chichi Poilu en permanence est plutôt hilarant… !).
Chichi poilu nous parle complicité, relation parents/enfants et confiance en soi. Caroline Ayrault illustre à merveille cette drôle d’histoire. Vivantes et énergiques elles suivent le mouvement du texte et transcrivent bien les situations dans lesquelles se trouve embarqué Achille. Les expressions des animaux sont particulièrement bien réussies (notamment les planches où Chichi Poilu décide de « faire grève » et boude près de son arbre). L’album est universel, puisqu’Achille se rendra vite compte qu’il n’est pas le seul à devoir supporter un surnom ridicule…
Un joli album étonnant et drôle pour les plus petits !
Réclamez des contes![]() ![]() De Delphine Jacquot Les fourmis rouges 18,50 €, 254×348 mm, 40 pages, imprimé en France, 2016. |
Chichi Poilu![]() ![]() Texte de Lenia Major, illustré par Caroline Ayrault Maison Eliza 14,50 €, 246×276 mm, 36 pages, imprimé en France, 2016. |

Née au début des années 90s, tour à tour professeure, amoureuse de la vie, de la littérature, de la musique, des paysages (bourguignons de son enfance, mais pas que…), des films d’Agnès Varda, des vers de Cécile Coulon et des bulles de Brétecher. Elle a fait siens ces mots de Victor Hugo “Ceux qui vivent ce sont ceux qui luttent”.


