Ouvrez vos mirettes : aujourd’hui, deux albums animés qui nous en mettent plein la vue.
Le décor est planté : une forêt. Profonde et peuplée d’animaux de toutes sortes : insectes, oiseaux, lapins, cerfs, hérissons, ours ou encore poissons puisqu’il y a un cours d’eau dans cette forêt. Les saisons défilent, le beau temps et la pluie, les nuits et les jours alternent. En apparence, tout est calme et silencieux. Mais, dans l’eau, dans les hautes herbes, dans les branchages ou sous la terre, il se passe toujours quelque chose : une maman oiseau apporte à manger à son oisillon, des abeilles butinent, un ourson se prépare à naître… Muni.e de trois loupes de couleurs différentes, une bleue, une verte, une rouge, le.la lecteur.lectrice découvre ce petit monde secret. Et c’est toute la vie de la forêt qui se dévoile sous ses yeux éblouis.
Le principe des filtres colorés qui révèlent une image, s’il n’est pas nouveau, prend ici toute son ampleur. À l’œil nu, impossible de distinguer quoi que ce soit dans ces illustrations pointillistes rouge, vert, jaune et bleu. Ce n’est qu’à travers les loupes que l’on peut voir apparaître les délicates illustrations d’Aina Bestard. Il n’y a pas vraiment d’histoire ici, et l’on peut le regretter, la lecture s’en serait trouvée enrichie. Il s’agit plutôt d’instants saisis au vol, de grands tableaux à scruter en détail. Sur chaque double-page, figurent ainsi trois phrases (au début de chacune se trouve le symbole de la loupe à utiliser) qui indiquent ce que le.la lecteur.lectrice va découvrir, ou en tout cas chercher à voir, dans l’illustration.
Un album magique et enchanteur plein de poésie pour découvrir une nature vivante et en perpétuel renouvellement.
Ulff, un gros monstre vert, adore une chose : se délecter de petits écureuils rayés, et rôtis. C’est sa nourriture préférée. Pour les attraper, il est bien équipé : une grosse valise noire dans laquelle il range son lasso. Un jour, il rencontre Winifred, un écureuil rayé. Ni une ni deux, il décide d’en faire son quatre-heures. Mais, zut, il a oublié sa valise ! La seule solution : demander à sa maman où elle peut bien se trouver. « Quelque part » lui répond celle-ci. Kelkepart ? Où est-ce que ça se trouve, ça ? Ulff part alors à la recherche de cet endroit mystérieux. Il demande à Winifred, mais celui-ci lui répond de s’adresser à son oncle Benno. Il travaille dans un aéroport et doit bien savoir comment se rendre à Kelkepart. Chou blanc. Peut-être que le cousin Boris, qui travaille sur une grue, aurait une petite idée ? Mais Boris le renvoie à oncle Sven, capitaine au long cours sur un cargo. Ulff visite ainsi toute sa famille. Mais où peut donc bien se cacher sa précieuse valise ?
Cet album au grand format à l’italienne fait tout pour capter l’attention de ses lecteurs.lectrices. Non seulement, ils peuvent chercher la valise noire d’Ulff qui se cache dans chacune des pages, mais ils.elles peuvent se servir d’un outil magique, un filtre rayé, qu’il suffit de faire glisser doucement sur les images pour que celles-ci s’animent et prennent vie. L’histoire de ce gros monstre naïf et un peu bêta peut paraître un brin répétitive mais elle ne manque pas d’humour (la chute est particulièrement réussie).
Un album joyeux et coloré en forme de course-poursuite animée.
![]() La forêt enchantéed’Aina Bestard Seuil jeunesse 16 €, 280×263 mm, 32 pages, imprimé en Espagne, 2015. |
Ulff, ou la folle chasse aux écureuils rayésTexte de Katja Alves, illustré par Trixi Schneefuß De la Martinière jeunesse 14,90 €, 250×350 mm, 32 pages, imprimé en Italie, 2016. |

Aimait la littérature jeunesse bien avant d’avoir des enfants mais a attendu d’en avoir pour créer La mare aux mots. Goût particulier pour les livres pas gnangnan à l’humour qui pique !


La forêt enchantée