Aujourd’hui, on rencontre deux enfants au parcours semé d’embûches, dans deux romans pleins d’espoir et d’émotion.
Pour celles et ceux qui l’entourent, George est un petit garçon comme les autres. Mais au fond d’elle, elle le sait, elle en est sûre, elle est une fille. Le soir, dans l’intimité de sa chambre, elle se plonge dans des magazines féminins qu’elle conserve comme un trésor, rabat ses cheveux vers l’avant, et rêve à ce que serait sa vie si les gens savaient qui elle est réellement. Alors quand la maitresse de sa classe de CM1 annonce qu’une audition va avoir lieu pour le spectacle de l’école, George décide de briguer le rôle initialement réservé aux filles, celui de l’araignée Charlotte. Pour elle, l’enjeu est de taille : apparaître aux yeux de tous, enfin, telle qu’elle est. Mais si les choses sont claires dans la tête de George, ce n’est pas tout à fait le cas pour ceux qui la côtoient…
Il était temps ! Enfin un roman sur le thème de la transidentité plein d’espoir et adapté aux plus jeunes ! Écrit par Alex Gino, une personne transgenre (mais qui au contraire de George ne se définit ni comme homme ni comme femme) dont il est le premier roman, George traite le sujet avec beaucoup de justesse. L’écriture, bien que très simple et non dénuée de faiblesses, représente très bien le tiraillement de sa petite héroïne : raconté à la première personne, le récit emploie le féminin pour désigner George, mais est ponctué de termes au masculin quand l’enfant est désigné par quelqu’un d’autre, si bien que l’on a bien envie, nous aussi, de crier très fort que George est une fille. Si le thème qu’il aborde est particulièrement sensible, George est néanmoins un roman profondément lumineux, qui permet aux plus jeunes (le texte est tout à fait accessible à des enfants d’une dizaine d’années) de comprendre le sujet en douceur, loin des clichés. Et il est, bien sûr, un formidable message d’espoir à tous les enfants transgenres.
Un roman indispensable à lire et à faire lire, pour que tou.te.s les petit.e.s George puissent vivre tel.le.s qu’ils/elles sont.
Dans une gare, par un matin froid, un jeune garçon apparaît et s’installe au piano mis à disposition des voyageurs. Il interprète avec talent un prélude de Bach, puis après un regard vers l’horloge, file vers un train en partance pour le Sud. Ce jeune garçon, c’est Pavel, qui transporte avec lui une partition froissée et un paquet de rêves : avoir un piano, peut-être, et surtout trouver une famille au bout du voyage…
Un piano pour Pavel est un petit roman dont la construction du récit est particulièrement originale. Toute l’histoire nous est racontée du point de vue d’objets que croise le jeune garçon, et qui se relaient au fur et à mesure du texte pour le suivre de lieu en lieu. On y rencontre ainsi un piano, bien sûr, mais aussi une horloge, une poubelle ou encore une canette de jus d’orange, dont les voix nous fournissent chacune à leur tour de petits morceaux de l’histoire. Le texte, tendre et plein de poésie, évoque avec douceur des thèmes très lourds : la perte des parents, la recherche d’une famille d’accueil… et parvient à dire beaucoup en peu de pages. Rares sont les romans accessibles aux lecteur.trice.s débutant.e.s qui réussissent à faire naître l’émotion, et celui-ci en fait définitivement partie.
Un très joli petit roman, original et plein de tendresse.
George![]() d’Alex Gino (traduit par Francis Kerline) l’école des loisirs 14,50 €, 150×218 mm, 174 pages, imprimé en France, 2017. |
Un piano pour Pavel![]() Texte de Mymi Doinet, illustré par Amandine Laprun Nathan dans la collection Premiers Romans 5,90 €, 146×191 mm, 42 pages, imprimé en France chez un imprimeur écoresponsable, 2017. |
Aime les crêpes et les animaux rigolos.


