Aujourd’hui, on retrouve deux héroïnes intrépides et courageuses ayant en commun l’amour des mots : la petite porteuse d’eau Pernelle qui nous fait découvrir son Moyen-Âge et Angélique jeune fille noble qui vit à Versailles.
1684. Alors que les fastes de Versailles sont déjà loin, Angélique de Barjac fait son entrée à la cour du Roi Soleil. Grâce à sa marraine, elle devient rapidement fille d’honneur de Madame, la Princesse Palatine, belle-sœur du roi. Un avenir radieux semble se dessiner pour la jeune fille… Un avenir radieux que seul un terrible secret de famille pourrait venir remettre en question et qu’Angélique est prête à découvrir.
Des récits qui mettent en scène de jeunes novices à Versailles, il n’en manque pas ! Mais celui-ci intrigue parce qu’il s’intéresse à une période et une situation bien précises : celle de la révocation de l’Édit de Nantes et du traitement des protestants sous le règne de Louis XIV. Grâce à la technique narrative utilisée par Dominique Joly – le journal intime – on découvre les dessous de la vie à la cour moins dorés et reluisants qu’il n’y paraît : intrigues entre courtisans, espionnage perpétuel, étiquette pesante, querelles d’ego, hygiène plus que douteuse et médecine qui laisse à désirer, le choc sera rude pour notre jeune héroïne ! Petit plus pour le glossaire à la fin du roman qui permet de contextualiser l’histoire, et qui donne de très chouettes références cinématographiques ou bibliographiques pour aller plus loin !
Un trépidant roman d’apprentissage que l’on ouvre avec régal !
Nous sommes en 1499, Pernelle a 13 ans, est porteuse d’eau, et comme toutes les jeunes filles de sa condition, l’avenir s’annonce incertain… Mais Pernelle a d’autres rêves en tête, et notamment celui d’apprendre à lire et à écrire ! Alors le jour où elle croise la route d’un jeune étudiant italien qui lui propose des leçons particulières, elle n’hésite pas une seule seconde et saute sur l’occasion. Oui mais voilà, entre une vie difficile, un travail épuisant, un père souffrant et les rumeurs de sorcelleries qui courent sur sa mère, Pernelle va-t-elle réussir à tout affronter ? Quelle bonne surprise que cette « porteuse de mots » ! Avec Pernelle on plonge dans cette fin de Moyen-Âge où l’humanisme pointe le bout de son nez tandis que les procès contre les animaux sont encore monnaie courante ! La petite porteuse de mot nous entraîne dans les rues bruyantes et populaires de Paris, à l’Université et même à Florence dans les ateliers d’imprimerie ! On y croise Érasme, des avocats d’animaux, des femmes indépendantes et des inventeurs du livre de poche ! C’est drôle – les procès contre les animaux sont vraiment à hurler de rire -, bien écrit, et surtout… pas misérabiliste pour deux sous ! Tout comme dans Angélique de Barjac, on trouve dans La porteuse de mot un mini dossier documentaire très intéressant qui présente les différents personnages historiques du roman, les métiers disparus, l’état de la médecine à l’époque ainsi que les débuts de l’imprimerie !
Un formidable roman d’aventures qui met à l’honneur le pouvoir de la connaissance et de l’imprimerie, et nous fait découvrir un Moyen-Âge haut en couleur.
À la cour de Louis XIV : journal d’Angélique de Barjac![]() de Dominique Joly Gallimard Jeunesse, dans la collection Mon histoire. 10,50 €, 140×195 mm, 167 pages, imprimé en France, 2015. |
La porteuse de mots![]() d’Anne Pouget Casterman 6,25 €, 125×179 mm, 197 pages, imprimé en Espagne, 2016. |

Née au début des années 90s, tour à tour professeure, amoureuse de la vie, de la littérature, de la musique, des paysages (bourguignons de son enfance, mais pas que…), des films d’Agnès Varda, des vers de Cécile Coulon et des bulles de Brétecher. Elle a fait siens ces mots de Victor Hugo “Ceux qui vivent ce sont ceux qui luttent”.


la porteuse de mots a été un des romans que j’ai préféré l’année dernière.
J’ai vraiment suivre Pernelle. Un personnage comme je les aime.
J’ai découvert ces procès d’animaux (à mourir de rire). J’ai eu la chance de rencontrer Anne Pouget en janvier dernier et elle est aussi fascinante que son personnage.