Aujourd’hui, je vous propose trois livres en lien avec les mots. Les mots difficiles à prononcer, les mots du monde entier et une boucle de mots.
Dès le réveil, il entend le bruit que font les mots, mais il n’arrive pas à les dire. Les mots restent coincés dans sa gorge, alors il ne parle pas. Mais à l’école, même s’il fait tout pour que le maître l’oublie et ne l’interroge pas, il arrive parfois que ce soit à lui de parler. Chaque fois, c’est la même chose, les visages se tournent vers celui qui a du mal à parler comme les autres… Mais aujourd’hui, il n’y arrive plus, il n’a plus envie, alors son père décide de l’emmener dans un endroit tranquille. Son père lui propose une balade dans la nature pour lui expliquer que sa façon de parler est la même que celle de la rivière.
Je parle comme une rivière évoque le bégaiement avec énormément de délicatesse et de poésie. Ici, on rencontre une enfant complexé, n’osant plus s’exprimer, qui assumera sa différence grâce aux paroles rassurantes de son père. Le très beau texte de Jordan Scott est traduit par l’autrice Shaïne Cassim, les illustrations de Sydney Smith nous émerveillent à chaque double page (et, cerise sur le gâteau, l’une d’elles s’ouvre en quatre volets pour nous saisir davantage). L’ouvrage a été considéré comme le meilleur livre de l’année par le New York Times, le Wall Street Journal, le Washington Post et le Guardian… C’est dire !
Un soir, une petite poule rossa débarqua dans la cour de la farma. Elle avait fait un long viaggio et demandait l’ospitalità. Elle fut très vite acceptée par les animali et fit bientôt partie de la bande. Un giorno, alors qu’elle venait de trouver quelques grains d’alikama dans la cour, elle demanda aux animali de l’aider à les semer. Mais tout le monde était bien trop occupé…
Après Chaprouchka (chroniqué ici), Elsa Valentin et Florie Saint-Val revisitent une nouvelle fois un conte avec des mots venus du monde entier. Cette version très personnelle de La petite poule rousse (ici, la morale est tout autre) peut être écoutée gratuitement en ligne, ce qui permet d’apprécier encore plus les jeux de langue du texte. Mais même sans connaître tous ces mots, on pourra aisément lire l’histoire et la comprendre ! En bonus, la version audio propose une jolie petite chanson. Voilà une belle façon de découvrir des mots venus du Cap-Vert, d’Indonésie ou encore de Croatie.
Tout d’abord, il y a Boule, puis Poule, viennent ensuite Pull et Pelle. Ensuite viendront Belle, Bête et Bottes… Chaque fois, un phonème change, et les mots s’enchaînent, dans une longue suite.
Sorti chez Six Citrons Acides, nouvelle maison d’édition qui propose des livres jouant avec la langue française, Bil Bal Bul est un album bien singulier et très intéressant. Sur chaque page sont réunis un mot, un dessin et le même mot (écrit sur des cubes) sous sa forme orale (boul, poul, pul, pèl, bèl…) — Les enfants peuvent s’amuser à repérer le cube différent de celui de la page précédente, qui a entrainé le changement de mot. Grâce à ce livre très intelligent et bourré d’humour, les enfants vont ainsi se familiariser avec les phonèmes. Ajoutons que l’objet-livre est particulièrement soigné avec sa couverture épaisse et son beau papier (écoresponsable).
Je parle comme une rivière![]() ![]() Texte de Jordan Scott (traduit de l’américain par Shaïne Cassim), illustré par Sydney Smith Didier Jeunesse 14,90 €, 240×270 mm, 40 pages, imprimé en France chez un imprimeur éco-responsable, 2021. Achetez ce livre* via LesLibraires.fr, LaLibrairie.com ou Place des libraires. |
Gallinella petite poule rossa![]() ![]() Texte d’Elsa Valentin, illustré par Florie Saint Val Syros 15,95 €, 230×300 mm, 30 pages, imprimé en France chez un imprimeur éco-responsable, 2021. Achetez ce livre* via LesLibraires.fr, LaLibrairie.com ou Place des libraires. |
Bil Bal Bul![]() de Sophie Hamon, Marie Rébulard et Aude Marie Six Citrons Acides 19,50 €, 231×232 mm, 80 pages, lieu d’impression non indiqué, 2021. Achetez ce livre* via LesLibraires.fr, LaLibrairie.com ou Place des libraires. |

Aimait la littérature jeunesse bien avant d’avoir des enfants mais a attendu d’en avoir pour créer La mare aux mots. Goût particulier pour les livres pas gnangnan à l’humour qui pique !





