Aujourd’hui je vous propose deux albums réjouissants, deux odes à nos amis canins, avec Le chien sans nom de Joël Egloff et Gaëtan Dorémus et Je veux un chien de Kitty Crowther… Bonne lecture !
À Mittry-sur-Seille, Monsieur Baratin tient une petite animalerie. Monsieur Baratin est un honnête homme, tranquille et sérieux qui n’a qu’un principe : s’il fait correctement son travail en s’occupant bien de ses animaux, il REFUSE catégoriquement de s’attacher à eux. Oui mais voilà, un jour, il recueille un petit chien, très vite appelé « Le Chien ». Le problème du « Chien » c’est que personne ne veut de lui… Et Monsieur Baratin n’envisage pas une seule seconde de l’adopter… Vraiment ?!
Le chien sans nom est d’abord une très belle histoire sur le sentiment d’attachement (l’amour aussi…) et surtout, sur la pudeur. Car Monsieur Baratin est très pudique et a beaucoup de mal à se détacher d’une certaine conscience professionnelle (en adoptant le chien comme en avouant ses sentiments à une cliente régulière, qui elle, n’attend que ça). C’est émouvant et délicat. La force de l’album réside en la narration. Car l’auteur nous conte cette histoire à « hauteur de chien ». C’est « Le Chien » qui décrypte, analyse et regarde parfois avec effarement ces drôles de créatures humaines se débattre avec leurs démons intérieurs. Drôle et touchant, ce beau récit qui séduira à coup sûr les plus jeunes est porté par les illustrations dynamiques de Gaëtan Dorémus. À la sensibilité de l’écriture de Joël Egloff, l’illustrateur oppose un style graphique plus mordant et vif. Le chien sans nom est un beau récit qui nous conte ce moment si singulier, où les choses ne sont pas encore dites… mais peut être ressenties avec encore plus d’émotion !
Millie en a MARRE. C’est bien simple, toutes ses copines à l’école ont des chiens (et d’ailleurs elles se réunissent dans un club hyper sélect avec leurs animaux de compagnie) sauf elle. Elle arrive néanmoins à faire ployer sa mère qui accepte de l’emmener dans un refuge. Là-bas, elle choisit un drôle de petit chien orange… C’est décidé, ce sera celui-ci ! Elle le nomme Prince. Avec lui, la vie est douce… Jusqu’à ce qu’elle présente Prince à ses copines… Là, c’est le drame, ses dernières se moque de lui et le rejette… Comment va réagir Millie ?
Avec Je veux un chien (et peu importe lequel), Kitty Crowther nous propose une belle histoire sur la tolérance et la différence. Millie va être rejetée, elle et son chien, car Prince est jugé « moche » « affreux » « bâtard » et donc « pas un vrai chien ». Attristée d’être mise à l’écart, Millie va d’abord en vouloir à Prince avant de changer radicalement d’attitude et de le défendre. L’autrice-illustratrice fait réfléchir les plus jeunes, au travers de cette histoire, sur les phénomènes de bandes, de « meutes » — pour continuer l’analogie animalière —. Millie a peur de l’exclusion, du rejet hors de la norme. Pourtant, c’est « en marge » du groupe qu’elle affirme sa singularité et qu’elle s’épanouit pleinement. Ode à la différence, aux rejets des carcans préétablis Je veux un chien n’en demeure pas moins un album très drôle, du fait notamment des merveilleuses illustrations de Kitty Crowther. On retrouve avec plaisir son univers aux couleurs chaudes et vives (parfois fluo). Le « rendez-vous » des maîtresses avec leur chien est particulièrement bien croqué (toujours au crayon de couleur), les chiens ayant l’air tout aussi méprisants et arrogants que les petites filles. Au milieu de ces jeunes filles en fleur bien nées, Millie et Prince font figure d’exceptions… Et c’est tant mieux !
Le chien sans nom![]() ![]() Texte de Joël Egloff, illustré par Gaëtan Dorémus Albin Michel Jeunesse 19,90 €, 199×279 mm, 76 pages, imprimé en France, 2021. Achetez ce livre* via LesLibraires.fr, LaLibrairie.com ou Place des libraires. |
Je veux un chien (et peu importe lequel) ![]() ![]() de Kitty Crowther L’école des loisirs 13,50 €, 219×267 mm, 56 pages, imprimé en France, 2021. Achetez ce livre* via LesLibraires.fr, LaLibrairie.com ou Place des libraires. |

Née au début des années 90s, tour à tour professeure, amoureuse de la vie, de la littérature, de la musique, des paysages (bourguignons de son enfance, mais pas que…), des films d’Agnès Varda, des vers de Cécile Coulon et des bulles de Brétecher. Elle a fait siens ces mots de Victor Hugo “Ceux qui vivent ce sont ceux qui luttent”.






