Aujourd’hui, j’ai choisi pour vous deux lectures urbaines à vivre comme une balade plus dépaysante qu’il n’y paraît. Deux titres qui réveillent les pupilles entre science-fiction et escapade poétique.
Imagine une ville. Mais pas n’importe quelle ville. Celle qui serait la destination d’un long voyage en train. Là-bas, d’interminables rues aussi longues que les gratte-ciels seraient hauts. Là-bas, des milliers de silhouettes et de visages qui ne ressembleraient pas toujours aux nôtres. Des minois d’hommes et de femmes mêlés aux faciès d’animaux anthropomorphes. Une ville pleine de lieux insolites et de recoins-trésors.
Cet album est l’histoire de ce lieu fabuleux où le végétal se mêle à l’architecture, où la poésie s’immisce dans le quotidien en suggérant, dans le presque silence des pages, que l’oisiveté et la sérénité sont les mots d’ordre du vivre ensemble. Un petit trésor de poésie que ce titre coup de foudre en noir et blanc et au trait griffé qui ravira les amoureux·ses du grand Miyazaki ou du merveilleux Pullman. N’attendez pas plus longtemps pour vous offrir ces incroyables pages-là.
Cette ville un gris vert un peu triste pourrait être la nôtre. Des immeubles et des parcs, quoi de plus commun en somme? Mais à y regarder d’un peu plus près, voilà que de grands câbles électriques serpentent sur les toits : la connexion sacrée. Dans les rues, derrière les fenêtres, chaque passant·e oublie l’autre, les yeux rivés sur le poignet. Pouce-éclaire, petite révolution technologique, permet cela : nous lier sans nous regarder, nous aimer sans nous voir, nous parler sans nous écouter véritablement. Jusqu’au jour où surgissent un étranger et son chien. Une boîte de craies grasses au fond du sac, mille idées sous le chapeau et autant d’occasions de changer les vies routinières de celles et ceux qui s’oublient un peu.
Obnubilés par les écrans, les personnages de cette histoire ont quelque chose d’étrangement proche de nous. Dans un monde ultra connecté où les réseaux sociaux ont parfois généré un vrai repli sur soi, cette fable urbaine très colorée nous renvoie à nos usages, parfois déviants, des nouvelles technologies. Elle dit combien, à l’heure à laquelle tout existe pour rester en contact, l’éloignement nous guette, insidieusement. Au fil de pages aux illustrations des plus singulières, nous sommes invité·es à lever les yeux et regarder un peu plus devant soi, à considérer l’autre avec un réel intérêt et une profonde curiosité. Quitter le prisme des écrans lumineux pour changer d’horizon. Un titre qui pousse à ouvrir des fenêtres autres que celles qui hypnotisent et isolent.
Imagine une ville![]() d‘Elise Hurst (traduit de l’anglais par Christiane Duchesne) Éditions d’Eux 16 €, 241×305 mm, 32 pages, imprimé en Chine, 2018. Achetez ce livre* via LesLibraires.fr, LaLibrairie.com ou Place des libraires. |
Pouce-éclaire d’Henrik Drescher (traduit du danois par Jean-Baptiste Coursaud) Édition Format 19,90 €, 200×260 mm, 48 pages, lieu d’impression non mentionné, 2021. Achetez ce livre* via LesLibraires.fr, LaLibrairie.com ou Place des libraires. |

J’aime les gens qui doutent, aller voir ailleurs si j’y suis, oublier le temps dans une librairie, boire du vin et du thé, entretenir mon goût démesuré pour les petites listes… Amoureuse du cinéma de Miyazaki, des chansons de Pierre Lapointe, des pinceaux de Mélanie Rutten, des BD de Renaud Dillies, de la poésie de Vinau, des livres illustrés et des romans qui bousculent avec de jolis mots.




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