Aujourd’hui, je vous présente une sélection de petits romans.
Koïchi traversait le pays en s’arrêtant un peu partout pour proposer ses services. Comme il le disait lui-même, étant jeune et fort il pouvait être utile. On l’employait pour semer le riz au printemps puis pour le récolter en automne. Et Koïchi partait, toujours. Il n’aimait pas rester au même endroit. Mais un jour, une rencontre allait changer sa vie. Quand il vit la fille de son nouvel employeur il en tomba fou amoureux, comme il n’était pas indifférent à la jeune fille celle-ci le mit en garde, s’il voulait sa main il allait devoir remporter une épreuve qu’allait lui soumettre son père… Il devrait voyager pour vendre tout un chargement de riz, tout en gardant 36 grains dans une main, sans jamais ouvrir le poing…
Un vieux monsieur qui séjournait dans une maison de retraite avait raconté une histoire à une femme qui venait voir son grand-père, un autre résident de l’endroit. Il avait raconté son passé de berger, et surtout il avait raconté comment il passait du temps à trier des glands afin de choisir les bons, ceux qu’il pourrait planter… Il aurait ainsi planté plus de cent mille chênes ! Puis ce fut les hêtres et les bouleaux… D’après cet homme, il avait planté des milliers d’arbres… Le vieux berger était-il fou ou racontait-il la vérité ?
Parce qu’il était en filature, un détective privé avait demandé à son ami Eddy de tenir le bureau à sa place. Il attendait un coup de fil important, il lui suffisait de répondre… mais les choses ne s’étaient pas passées comme prévu et une femme qui voulait engager le détective privé avait engagé Eddy… qui n’avait pas osé dire qu’il y avait méprise. La mission était particulière, il fallait retrouver non pas une personne, mais quelqu’un qui se souvenait de cette personne. C’est ainsi qu’il s’était lancé à la recherche de celles et ceux qui avaient croisé la route de la chanteuse Lola Pearl.
36 grains de riz (Mapi et Bruno Pilorget), La forêt d’Elzéard (Géraldine Elschner et Fréderik Mansot) et La chanson perdue de Lola Pearl (Davide Cali et Ronan Badel) sont tous les trois sortis dans la très très belle collection Pont des arts, les carnets éditée par L’élan vert. Le principe de la collection est assez simple, ce sont des romans dans lesquels on trouve des œuvres de grands artistes (Hokusai pour le premier, Van Gogh pour le second et Hopper pour le dernier) et l’histoire est bâtie autour de ces œuvres. On lit donc un court roman illustré notamment (car d’autres illustrations sont ajoutées) par des tableaux ou des estampes, comme si c’étaient vraiment les illustrations du texte.
Les objets en eux-mêmes sont magnifiques (petits romans sous forme de carnet avec un élastique). Je dois dire que j’ai particulièrement été porté par 36 grains de riz (notamment grâce au très beau travail de Bruno Pilorget), mais surtout par La chanson perdue de Lola Pearl tant l’histoire de Davide Cali est absolument passionnante, originale et pleine de suspense. Le dénouement est totalement surprenant et son histoire est digne d’un très bon scénario de film américain des années 50… Ajoutons que dans chaque carnet on trouve après le roman une partie documentaire, absolument pas rébarbative et tout aussi joliment illustrée. Bref, voilà une très belle collection à suivre de près.
Parce que son professeur avait été chassé de chez lui par les autorités égyptiennes (qui se méfiaient des artistes, notamment), les cours de trompette avaient dorénavant lieu dans une salle de boxe (l’appartement où était accueilli le professeur étant trop petit). Malik s’entraînait donc maintenant à côté des rings. Très vite, il avait repéré un jeune boxeur de son âge qui s’entraînait, tout comme lui… Et il comprit bientôt que le boxeur était une boxeuse.
C’est une bien jolie histoire que propose Hélène Gloria avec Doubles-croches et crochet du droit, une histoire où il est question de bien des sujets : le sexisme, l’oppression, l’amitié, l’émancipation, l’art, le sport, le vivre ensemble, le secret… mais toutes ces thématiques (fortes) sont traitées sans gros sabots, sans que ce soit un roman « sur… ». C’est juste un bon roman première lecture, qui traite toutes ces thématiques, et bien d’autres. Il est joliment illustré par Julie Bouvot.
Nino est accusé pourtant il n’a rien fait. Seb, Max et Boli lui avaient demandé de crever les pneus du vélo de Guillaume s’il voulait faire partie de la bande, mais il n’a pas pu… seulement voilà, les autres l’ont fait et c’est lui qui a été accusé… Personne ne comprend pourquoi Nino a fait une telle bêtise lui qui est généralement si sage. Il aimerait dire la vérité, mais il a peur des représailles… Comment peut-il se sortir de cet enfer ?
Le harcèlement scolaire est un sujet souvent traité en littérature jeunesse, mais il n’y a jamais trop de livres sur ce sujet surtout quand ils sont aussi bien écrits que C’est pas moi ! d’Arnaud Tiercelin et Maurèen Poignonec. Ici, on décrit avec justesse les engrenages dans lesquels on peut être pris (pour faire comme les autres, pour faire partie d’une bande ou tout simplement par peur des représailles). C’est un roman court, parfait pour les jeunes lecteur·rices, afin de parler avec elles et eux de ce sujet important.
Jeanne vit sur l’île aux moutons (on s’y est déjà rendus il y a quelque temps) avec son père, le vétérimaire de la ville (vétérinaire la moitié du temps, maire le reste). Alors qu’elle déjeune au restaurant du port (et qu’elle s’ennuie) un homard passe sous ses pieds… il revient de loin, il a réussi à s’enfuir d’une casserole du restaurant ! Jeanne décide de l’aider…
Après L’incroyable histoire du mouton qui sauva une école, voici donc L’incroyable histoire du homard qui sauva sa carapace ! Thomas Gerbeaux et Pauline Kerleroux nous proposent donc une seconde histoire sur la fameuse île aux moutons et cette fois il est question de sauvetage de homards ! C’est extrêmement bien écrit (lisez-le à voix haute, c’est un régal !), drôle, plein de suspense et magnifiquement illustré. Alors certes il faut aimer les histoires où les homards parlent, se plaignent, sauvent leurs congénères… ou les histoires avec des petites filles à l’imaginaire bien développé ! Enfin non, puisque c’est une histoire vraie, l’auteur le dit lui-même.
À noter que le roman vient de recevoir le prix Libbylit
36 grains de riz, le grand voyage de Koïchi![]() ![]() Texte de Mapi, illustré par Bruno Pilorget L’élan vert, dans la collection Pont des arts, les carnets 14 €, 150×190 mm, 104 pages, imprimé en Chine, 2019. Achetez ce livre* via LesLibraires.fr, LaLibrairie.com ou Place des libraires. |
La forêt d’Elzéard![]() ![]() Texte de Géraldine Elschner d’après une nouvelle de Jean Giono, illustré par Frédérick Mansot L’élan vert, dans la collection Pont des arts, les carnets 14 €, 150×190 mm, 81 pages, imprimé en Chine, 2020. Achetez ce livre* via LesLibraires.fr, LaLibrairie.com ou Place des libraires. |
La chanson perdue de Lola Pearl![]() ![]() Texte de Davide Cali, illustré par Ronan Badel L’élan vert, dans la collection Pont des arts, les carnets 14 €, 150×190 mm, 75 pages, imprimé en Chine, 2019. Achetez ce livre* via LesLibraires.fr, LaLibrairie.com ou Place des libraires. |
Doubles-croches et crochet du droit![]() ![]() Texte d’Hélène Gloria, illustré par Julie Bouvot Utopique, dans la collection Alter égaux 10 €, 145×185 mm, 48 pages, imprimé en France chez un imprimeur éco-responsable, 2020. Achetez ce livre* via LesLibraires.fr, LaLibrairie.com ou Place des libraires. |
C’est pas moi !![]() ![]() Texte d’Arnaud Tiercelin, illustré par Maurèen Poignonec Kilowatt, dans la collection Les kapoches 7,30 €, 140×180 mm, 48 pages, imprimé en U.E., 2020. Achetez ce livre* via LesLibraires.fr, LaLibrairie.com ou Place des libraires. |
L’incroyable histoire du homard qui sauva sa carapace![]() ![]() Texte de Thomas Gerbeaux, illustré par Pauline Kerleroux La joie de Lire, dans la collection Hibouk 10,50 €, 130×185 mm, 132 pages, imprimé en Pologne, 2020. Achetez ce livre* via LesLibraires.fr, LaLibrairie.com ou Place des libraires. |

Aimait la littérature jeunesse bien avant d’avoir des enfants mais a attendu d’en avoir pour créer La mare aux mots. Goût particulier pour les livres pas gnangnan à l’humour qui pique !




