Aujourd’hui je vous propose deux albums poétiques et oniriques qui vous permettront de vous échapper dans cette période de confinement : La Madeleine de Proust, d’après La Recherche du Temps Perdu illustré par Betty Bone et L’Anniversaire, une ode à l’amitié et à l’enfance par Pierre Mornet. Bonne lecture !
C’est un jour d’hiver glacial. Un petit garçon rentre chez lui frigorifié. Pour le réchauffer sa mère lui propose de boire un thé accompagné de madeleines. Alors qu’il les porte à sa bouche, l’enfant se laisse transporter par une vague de plaisir immense… Le gout de ces petits gâteaux lui rappelle ses premières années à Combray… À partir de ce gout si particulier, il va se souvenir…
Faire découvrir Proust aux enfants, pas facile… Et pourtant Betty Bone y arrive admirablement bien ! La Madeleine de Proust se décompose en trois parties. Trois extraits « phares » de l’œuvre la plus connue du XXe siècle La Recherche du Temps Perdu. Premier extrait : le gouter ou le narrateur mange ses fameuses « madeleines », un deuxième extrait racontant le « drame du coucher » de Proust enfant et enfin sa rencontre avec son amie Gilberte. Le texte — original et coupé — est parfaitement compréhensible pour un jeune public. Au travers de ces différents moments, on saisit l’essence même de ce qui fait la richesse et la grandeur de l’œuvre de Proust : l’obsession des sens (c’est par le gout des madeleines que le narrateur se remémore son enfant) mais également la nostalgie de l’enfance. Le texte est porté par les très belles illustrations de Betty Bone très colorées et résolument moderne qui font de cette œuvre vieille de près d’un siècle une histoire très contemporaine ! On plonge avec autant de plaisir et de gourmandises dans les grandes planches qui s’offrent à nous que dans ce texte si savoureux !
Une nuit, une jeune femme s’assoupit… et retombe en enfance. Elle se souvient d’une fête d’anniversaire particulière, une fête où elle a rencontré l’amie dont elle rêvait au milieu d’un bois. Mais cette rencontre est-elle un mirage ? Pourra-t-elle durer ? Car seule une personne peut décider du sort de ces deux jeunes femmes, un personnage bien mystérieux : la Reine de la Nuit…
Quelle bonne idée que cette réédition de L’Anniversaire (chroniqué ici), c’est un album étrange et poétique qui nous plonge dans un univers à la frontière du rêve et du réel. On suit avec plaisir les pérégrinations mentales de cette jeune femme qui se remémore une journée d’anniversaire particulière. Cette journée a-t-elle eu lieu ? Cette rencontre avec cette meilleure amie est-elle un rêve ? Pierre Mornet joue sur cette ambiguïté perpétuelle en créant une ambiance tout à fait singulière, tant dans le texte que dans les illustrations réalisées à la peinture à huile et à l’acrylique. Ces dernières dépeignent des jeunes filles en fleur sages, au regard pénétrant et intrigant qui évoluent dans un univers singulier digne des contes de Perrault. Au-delà de l’atmosphère, l’auteur-illustrateur nous propose une véritable ode à l’amitié, à son importance et même, à sa nécessité.
La madeleine de Proust![]() ![]() de Betty Bone, d’après l’œuvre de Marcel Proust Éditions courtes et longues 19,50 €, 236×330 mm, 40 pages, imprimé en Italie, 2011. |
L’anniversaire ![]() ![]() de Pierre Mornet L’étagère du bas 16,50 €, 240×285 mm, 64 pages, imprimé en Europe, 2020. |

Née au début des années 90s, tour à tour professeure, amoureuse de la vie, de la littérature, de la musique, des paysages (bourguignons de son enfance, mais pas que…), des films d’Agnès Varda, des vers de Cécile Coulon et des bulles de Brétecher. Elle a fait siens ces mots de Victor Hugo “Ceux qui vivent ce sont ceux qui luttent”.



